Der Amokläufer

Der Amokläufer

Amok

Stefan Zweig · 1922

Une histoire psychologique sur l'obsession et le désir incontrôlable.

Lire le début

Le texte original, chaque ligne suivie de sa traduction.

Im März des Jahres 1912 ereignete sich im Hafen von Neapel bei dem Ausladen eines großen Überseedampfers ein merkwürdiger Unfall, über den die Zeitungen umfangreiche, aber sehr phantastisch ausgeschmückte Berichte brachten.

En mars 1912, un étrange accident se produisit dans le port de Naples lors du déchargement d'un grand paquebot, à propos duquel les journaux publièrent des articles détaillés, mais très fantaisistes et embellis.

Obzwar Passagier der „Oceania“, war es mir ebensowenig wie den andern möglich, Zeuge jenes seltsamen Vorfalles zu sein, weil er sich zur Nachtzeit während des Kohlenladens und der Löschung der Fracht abspielte, wir aber, um dem Lärm zu entgehen, alle an Land gegangen waren und dort in Kaffeehäusern oder Theatern die Zeit verbrachten.

Bien que j'aie été passager de l'« Oceania », il n'a été possible ni pour moi, ni pour les autres, d'assister à cet étrange incident, car il s'est produit de nuit, pendant le chargement du charbon et le déchargement de la cargaison ; mais nous étions tous descendus à terre pour échapper au bruit et passions notre temps dans des cafés ou des théâtres.

Immerhin meine ich persönlich, daß manche Vermutungen, die ich damals nicht öffentlich äußerte, die wirkliche Aufklärung jener erregenden Szene in sich tragen, und die Ferne der Jahre erlaubt mir wohl das Vertrauen eines Gespräches zu nutzen, das jener seltsamen Episode unmittelbar vorausging.

Du moins, je crois personnellement que certaines suppositions que je n'ai pas exprimées publiquement à l'époque contiennent la véritable explication de cette scène passionnante, et le recul des années me permet probablement de m'appuyer sur la confiance d'une conversation qui a immédiatement précédé cet étrange épisode.

Als ich in der Schiffsagentur von Kalkutta einen Platz für die Rückreise nach Europa auf der „Oceania“ bestellen wollte, zuckte der Clerk bedauernd die Schultern.

Lorsque j'ai tenté de réserver une place pour le voyage de retour en Europe à bord de l'« Oceania » à l'agence maritime de Calcutta, le vendeur a haussé les épaules avec regret.

Er wisse noch nicht, ob es möglich sei, mir eine Kabine zu sichern, das Schiff wäre jetzt knapp vor dem Einbruch der Regenzeit immer schon von Australien her ausverkauft, er müsse erst das Telegramm von Singapore abwarten.

Il ne savait pas encore s'il serait possible de me trouver une cabine ; le navire affichait toujours complet au départ d'Australie juste avant le début de la saison des pluies, et il devait attendre le télégramme de Singapour.

Am nächsten Tage teilte er mir erfreulicherweise mit, er könne mir noch einen Platz vormerken, freilich sei es nur eine wenig komfortable Kabine unter Deck und in der Mitte des Schiffes.

Le lendemain, il m'a heureusement informé qu'il pouvait me réserver une place, même s'il ne s'agissait que d'une cabine assez inconfortable, située en bas du pont et au milieu du navire.

Ich war schon ungeduldig heimzukehren: so zögerte ich nicht lange und ließ mir den Platz zuschreiben.

J'étais impatient de rentrer chez moi, alors je n'ai pas hésité longtemps et on m'a attribué la place.

Der Clerk hatte mich richtig informiert. Das Schiff war überfüllt und die Kabine schlecht, ein kleiner, gepreßter, rechteckiger Winkel in der Nähe der Dampfmaschine, einzig vom trüben Blick der kreisrunden Glasscheibe erhellt.

Le réceptionniste m'avait bien renseigné. Le navire était surpeuplé et la cabine sordide : un petit coin rectangulaire exigu près de la machine à vapeur, éclairé seulement par la faible lueur de la vitre circulaire.

Die stockende, verdickte Luft roch nach Öl und Moder: nicht für einen Augenblick konnte man dem elektrischen Ventilator entgehen, der wie eine toll gewordene stählerne Fledermaus einem surrend über der Stirne kreiste.

L'air stagnant et épais sentait l'huile et le moisi : impossible d'échapper un seul instant au ventilateur électrique qui bourdonnait autour du front comme une batte d'acier enragée.

Von unten her ratterte und stöhnte wie ein Kohlenträger, der unablässig dieselbe Treppe hinaufkeucht, die Maschine, von oben hörte man unaufhörlich das schlurfende Hin und Her der Schritte vom Promenadendeck.

D'en bas, le moteur grinçait et gémissait comme un camion de charbon haletant sans cesse en haut des mêmes escaliers ; d'en haut, on entendait sans cesse le va-et-vient des pas sur le pont promenade.

So flüchtete ich, kaum daß ich den Koffer in das muffige Grab aus grauen Traversen verstaut hatte, wieder zurück auf Deck, und wie Ambra trank ich, aufsteigend aus der Tiefe, den süßlichen weichen Wind, der vom Lande her über die Wellen wehte.

À peine avais-je rangé la valise dans le tombeau poussiéreux des fermes grises que je me suis enfui sur le pont et, tel l'ambre gris remontant des profondeurs, j'ai bu le doux vent qui soufflait de la terre sur les vagues.

Aber auch das Promenadendeck war voll Enge und Unruhe: es flatterte und flirrte von Menschen, die mit der flackernden Nervosität eingesperrter Untätigkeit unausgesetzt plaudernd auf und nieder gingen.

Mais le pont promenade était aussi empreint d'exiguïté et d'agitation : il bruissait et scintillait de gens qui, avec la nervosité latente de l'inactivité carcérale, bavardaient sans cesse de haut en bas.

Das zwitschernde Geschäker der Frauen, das rastlos kreisende Wandern auf dem Engpaß des Decks, wo vor den Stühlen der Schwarm in schwatzhafter Unruhe vorbeiwogte, um sich unablässig zu begegnen, tat mir irgendwie weh.

Les bavardages incessants des femmes, leurs allers-retours incessants dans l'étroit passage du pont, où la nuée se pressait en bavardant nerveusement devant les chaises, se croisant sans cesse, me blessaient d'une certaine manière.

Ich hatte eine neue Welt gesehen, rasch ineinanderstürzende Bilder in rasender Jagd in mich eingetrunken.

J'avais vu un monde nouveau, des images qui se heurtaient rapidement et qui s'absorbaient en moi dans une course effrénée.

Nun wollte ich mirs übersinnen, zerteilen, ordnen, nachbildend das heiß in den Blick Gedrängte gestalten, aber hier auf dem gedrängten Boulevard gab es nicht eine Minute Ruhe und Rast.

Je voulais maintenant y réfléchir, le décomposer, l'organiser, recréer ce qui m'était si intensément imposé, mais ici, sur ce boulevard bondé, il n'y avait pas une minute de paix et de tranquillité.

Die Zeilen in einem Buch zerrannen vor den flüchtigen Schatten der Vorüberplaudernden. Es war unmöglich, mit sich selbst auf dieser schattenlosen wandernden Schiffsgasse allein zu sein.

Les lignes d'un livre s'estompaient sous les ombres fugaces des passants. Il était impossible de se retrouver seul avec soi-même dans cette ruelle déserte et sans ombre.

Drei Tage lang versuchte ichs, sah resigniert auf die Menschen, auf das Meer, aber das Meer blieb immer dasselbe, blau und leer, nur im Sonnenuntergang plötzlich mit allen Farben jäh übergossen.

Pendant trois jours, j'ai essayé, regardant avec résignation les gens, la mer, mais la mer restait toujours la même, bleue et vide, ne se parant soudainement de toutes les couleurs qu'au coucher du soleil.

Und die Menschen, sie kannte ich auswendig nach dreimal vierundzwanzig Stunden.

Et les gens, je les connaissais par cœur après trois fois vingt-quatre heures.

Jedes Gesicht war mir vertraut bis zum Überdruß, das scharfe Lachen der Frauen reizte, das polternde Streiten zweier nachbarlicher holländischer Offiziere ärgerte nicht mehr.

Chaque visage m'était si familier que j'en étais lassé ; les rires stridents des femmes m'irritaient ; les disputes bruyantes de deux officiers néerlandais voisins ne me dérangeaient plus.

So blieb nur Flucht: aber die Kabine war heiß und dunstig, im Salon produzierten unablässig englische Mädchen ihr schlechtes Klavierspiel bei abgehackten Walzern.

La fuite était donc la seule option : mais la cabine était chaude et humide, et dans le salon, des jeunes filles anglaises jouaient sans cesse de mauvaises valses hachées au piano.

Schließlich drehte ich entschlossen die Zeitordnung um, tauchte in die Kabine schon nachmittags hinab, nachdem ich mich zuvor mit ein paar Gläsern Bier betäubt, um das Souper und den Tanzabend zu überschlafen.

Finalement, j'ai résolument inversé l'ordre des choses, me réfugiant dans la cabine l'après-midi après m'être engourdi avec quelques verres de bière afin de pouvoir dormir pendant le souper et le bal.

Als ich aufwachte, war es ganz dunkel und dumpf in dem kleinen Sarg der Kabine. Den Ventilator hatte ich abgestellt, so schwälte die Luft fettig und feucht an die Schläfen.

À mon réveil, la petite cabine exiguë était plongée dans l'obscurité et l'atmosphère étouffante. J'avais éteint le ventilateur, si bien que l'air était gras et humide au niveau de mes tempes.

Meine Sinne waren irgendwie betäubt: ich brauchte Minuten, um mich an Zeit und Ort zurückzufinden.

Mes sens étaient comme engourdis : il m'a fallu plusieurs minutes pour retrouver mes repères temporels et géographiques.

Mitternacht mußte jedenfalls schon vorbei sein, denn ich hörte weder Musik noch den rastlosen Schlurf der Schritte: nur die Maschine, das atmende Herz des Leviathans, stieß keuchend den knisternden Leib des Schiffes fort ins Unsichtbare.

Minuit devait déjà être passé, car je n'entendais ni musique ni le bruit de pas agités : seul le moteur, le cœur respirant du Léviathan, haletait en propulsant la coque crépitante du vaisseau vers l'invisible.

Ich tastete empor auf Deck. Es war leer. Und wie ich den Blick aufhob über den dünstenden Turm des Schornsteins und die geisterhaft glänzenden Spieren, drang mit einmal magische Helle mir in die Augen. Der Himmel strahlte.

Je me suis frayé un chemin jusqu'au pont. Il était vide. Et lorsque j'ai levé les yeux au-dessus de la cheminée fumante et des espars fantomatiques et luisants, une lumière magique m'a soudain ébloui. Le ciel était radieux.

Er war dunkel gegen die Sterne, die ihn weiß durchwirbelten, aber doch: er strahlte; es war, als verhüllte dort ein samtener Vorhang ungeheures Licht, als wären die sprühenden Sterne nur Luken und Ritzen, durch die jenes unbeschreiblich Helle vorglänzte.

L'obscurité contrastait avec les étoiles blanches qui tourbillonnaient à travers elle, mais pourtant : elle brillait ; c'était comme si un rideau de velours dissimulait une lumière immense, comme si les étoiles scintillantes n'étaient que des ouvertures et des fissures par lesquelles filtrait cette lumière indescriptiblement éclatante.

Nie hatte ich den Himmel gesehen wie in jener Nacht, so strahlend, so stahlblau hart und doch funkelnd, triefend, rauschend, quellend von Licht, das vom Mond verhangen niederschwoll und von den Sternen und das irgendwie aus einem geheimnisvollen Innen zu brennen schien.

Je n'avais jamais vu le ciel comme celui de cette nuit-là, si radieux, d'un bleu acier si dur et pourtant étincelant, ruisselant, jaillissant, débordant de lumière qui descendait de la lune, voilée par les étoiles, et qui semblait brûler d'un intérieur mystérieux.

Weißer Lack, flimmerten im Monde alle Randlinien des Schiffes grell gegen das samtdunkle Meer, die Taue, die Rahen, alles Schmale, alle Konturen waren aufgelöst in diesem flutenden Glanz: gleichsam im Leeren schienen die Lichter auf den Masten und darüber das runde Auge des Ausgucks zu hängen, irdische gelbe Sterne zwischen den strahlenden des Himmels.

La laque blanche, tous les bords du navire scintillaient intensément au clair de lune sur la mer sombre et veloutée ; les cordages, les vergues, tout ce qui était étroit, tous les contours se fondaient dans cette brillance inondable : les feux sur les mâts et au-dessus d'eux, l'œil rond du guetteur, semblaient pendre dans le vide, étoiles jaunes terrestres parmi les étoiles radieuses du ciel.

Gerade aber zu Häupten stand mir das magische Sternbild, das Südkreuz, mit flimmernden diamantenen Nägeln ins Unsichtbare gehämmert, schwebend scheinbar, indes nur das Schiff Bewegung schuf, das leise bebend sich mit atmender Brust nieder und auf, nieder und auf, ein gigantischer Schwimmer, durch die dunklen Wogen stieß.

Mais juste au-dessus de moi se dressait la constellation magique, la Croix du Sud, plantée dans l'invisible avec des clous de diamant scintillants, semblant flotter, tandis que seul le navire créait le mouvement, qui, tremblant doucement, la poitrine haletante, plongeait et remontait, plongeait et remontait, tel un gigantesque nageur, à travers les vagues sombres.

Ich stand und sah empor: mir war wie in einem Bade, wo Wasser warm von oben fällt, nur daß dies Licht war, das mir weiß und auch lau die Hände überspülte, die Schultern, das Haupt mild umgoß und irgendwie nach innen zu dringen schien, denn alles Dumpfe in mir war plötzlich aufgehellt.

Je me suis levée et j'ai levé les yeux : j'avais l'impression d'être dans un bain où de l'eau chaude tombait d'en haut, sauf qu'il s'agissait de lumière qui me léchait les mains, les épaules, la tête, et semblait pénétrer en moi, car tout ce qui était terne à l'intérieur s'est soudainement illuminé.

Ich atmete befreit, rein, und jäh beseligt spürte ich auf den Lippen wie ein klares Getränk die Luft, die weiche, gegorene, leicht trunken machende Luft, in der Atem von Früchten, Duft von fernen Inseln war.

J’ai respiré librement, purement, et soudain, dans une béatitude exquise, j’ai senti sur mes lèvres comme une boisson limpide l’air, cet air doux, fermenté, légèrement enivrant, où se mêlaient le souffle des fruits, le parfum des îles lointaines.

Nun, nun zum ersten Male, seit ich die Planken betreten, überkam mich die heilige Lust des Träumens, und jene andere sinnlichere, meinen Körper weibisch hinzugeben an dieses Weiche, das mich umdrängte.

Eh bien, pour la première fois depuis que j'avais posé le pied sur ces planches, j'étais submergée par le plaisir sacré du rêve, et par cet autre plaisir, plus sensuel, de laisser mon corps s'abandonner avec efféminement à cette douceur qui m'entourait.

Ich wollte mich hinlegen, den Blick hinauf zu den weißen Hieroglyphen. Aber die Ruhesessel, die Deckchairs waren verräumt, nirgends fand sich auf dem leeren Promenadendeck ein Platz zu träumerischer Rast.

J'aurais voulu m'allonger et contempler les hiéroglyphes blancs. Mais les transats et les chaises longues avaient tous disparu ; il n'y avait aucun endroit sur la promenade déserte où trouver un lieu pour un repos rêveur.

So tastete ich weiter, allmählich dem Vorderteil des Schiffes zu, ganz geblendet vom Licht, das immer heftiger aus den Gegenständen auf mich zu dringen schien.

Je continuai donc à tâtonner, progressant peu à peu vers l'avant du vaisseau, complètement aveuglé par la lumière qui semblait me pénétrer avec une intensité toujours plus grande depuis les objets.

Fast tat es schon weh, dies kalkweiße, grell brennende Sternenlicht, ich aber hatte Verlangen, mich irgendwo im Schatten zu vergraben, hingestreckt auf eine Matte, den Glanz nicht an mir zu fühlen, sondern nur über mir, an den Dingen gespiegelt, so wie man eine Landschaft sieht aus verdunkeltem Zimmer.

Cette lumière stellaire d'un blanc crayeux et d'une intensité brûlante était presque douloureuse, mais je rêvais de me réfugier dans l'ombre, allongée sur un tapis, pour ne pas sentir son rayonnement sur moi, mais seulement au-dessus de moi, reflété dans les choses, comme on contemple un paysage depuis une pièce obscure.

Endlich kam ich, über Taue stolpernd und vorbei an den eisernen Gewinden bis an den Kiel und sah hinab, wie der Bug in das Schwarze stieß und geschmolzenes Mondlicht schäumend zu beiden Seiten der Schneide aufsprühte.

Finalement, en trébuchant sur les cordages et en passant devant les fils de fer, j'ai atteint la quille et j'ai regardé en bas tandis que la proue plongeait dans l'obscurité, projetant un clair de lune en fusion qui écumait de part et d'autre du tranchant.

Immer wieder hob, immer wieder senkte sich der Pflug in die schwarzflutende Scholle, und ich fühlte alle Qual des besiegten Elements, fühlte alle Lust der irdischen Kraft in diesem funkelnden Spiel. Und im Schauen verlor ich die Zeit.

Sans cesse, la charrue se soulevait, sans cesse elle s'enfonçait dans la motte noire et inondée, et je ressentais toute l'agonie de l'élément vaincu, toute la jouissance de la puissance terrestre dans ce spectacle étincelant. Et, absorbé par ce spectacle, je perdis la notion du temps.

War es eine Stunde, daß ich so stand, oder waren es nur Minuten: im Auf und Nieder schaukelte mich die ungeheure Wiege des Schiffes über die Zeit hinaus. Ich fühlte nur, daß in mich Müdigkeit kam, die wie eine Wollust war.

Étais-je resté ainsi une heure, ou seulement quelques minutes ? Dans son mouvement de va-et-vient, l’immense berceau du navire me berçait hors du temps. Je ne ressentais en moi qu’une lassitude grandissante, une lassitude qui avait des allures de plaisir.

Ich wollte schlafen, träumen und doch nicht weg aus dieser Magie, nicht hinab in meinen Sarg. Unwillkürlich ertastete ich mit meinem Fuß unter mir ein Bündel Taue.

Je voulais dormir, rêver, sans pour autant quitter cette magie, sans descendre dans mon cercueil. Involontairement, je sentis un faisceau de cordes sous mon pied.

Ich setzte mich hin, die Augen geschlossen und doch nicht Dunkels voll, denn über sie, über mich strömte der silberne Glanz. Unten fühlte ich die Wasser leise rauschen, über mir mit unhörbarem Klang den weißen Strom dieser Welt.

Je m'assis, les yeux clos mais non pas emplis d'obscurité, car au-dessus d'eux, au-dessus de moi, coulait une lueur argentée. En contrebas, je sentais le doux murmure des eaux, au-dessus de moi, dans un murmure inaudible, le flux blanc de ce monde.

Und allmählich schwoll dies Rauschen mir ins Blut: ich fühlte mich selbst nicht mehr, wußte nicht, ob dies Atmen mein eigenes war oder des Schiffes fernpochendes Herz, ich strömte, verströmte in diesem ruhelosen Rauschen der mitternächtigen Welt.

Et peu à peu, ce bruit assourdissant s'est infiltré dans mon sang : je ne me sentais plus moi-même, je ne savais plus si cette respiration était la mienne ou celle du cœur battant lointain du navire, je me suis laissé porter, dissipé dans ce tourbillon incessant du monde nocturne.

Ein leises, trockenes Husten hart neben mir ließ mich auffahren. Ich schrak aus meiner fast schon trunkenen Träumerei.

Une toux sèche et légère juste à côté de moi me fit sursauter. Je sortis brusquement de ma rêverie presque alcoolisée.

Meine Augen, geblendet vom weißen Geleucht über den bislang geschlossenen Lidern, tasteten auf: mir knapp gegenüber im Schatten der Bordwand glänzte etwas wie der Reflex einer Brille, und jetzt glühte ein dicker, runder Funke auf, die Glut einer Pfeife.

Mes yeux, aveuglés par la lumière blanche au-dessus de mes paupières jusque-là closes, tâtonnèrent autour de moi : juste en face de moi, dans l'ombre du flanc du navire, quelque chose scintillait comme le reflet de lunettes, et maintenant une étincelle épaisse et ronde brillait, la braise d'une pipe.

Ich hatte, als ich mich hinsetzte, einzig niederblickend in die schaumige Bugschneide und empor zum Südkreuz, offenbar diesen Nachbarn nicht bemerkt, der regungslos hier die ganze Zeit gesessen haben mußte.

Assis là, les yeux rivés sur la proue écumeuse et levant les yeux vers la croix du Sud, je n'avais apparemment pas remarqué mon voisin, qui devait être resté immobile tout ce temps.

Unwillkürlich, noch dumpf in den Sinnen, sagte ich auf deutsch: „Verzeihung!“ „Oh, bitte ...“ antwortete die Stimme deutsch aus dem Dunkel.

Involontairement, encore engourdie dans mes pensées, j'ai dit en allemand : « Excusez-moi ! » « Oh, s'il vous plaît… » répondit la voix en allemand venue des ténèbres.

Ich kann nicht sagen, wie seltsam und schaurig das war, dies stumme Nebeneinandersitzen im Dunkeln knapp neben einem, den man nicht sah.

Je ne saurais décrire à quel point c'était étrange et inquiétant, cette sensation d'être assis côte à côte en silence dans le noir, si près de quelqu'un qu'on ne pouvait pas voir.

Unwillkürlich hatte ich das Gefühl, als starre dieser Mensch auf mich genau wie ich auf ihn starrte: aber so stark war das Licht über uns, das weißflimmernd flutende, daß keiner von keinem mehr sehen konnte als den Umriß im Schatten.

J’avais involontairement l’impression que cette personne me fixait du regard, tout comme je la fixais ; mais la lumière au-dessus de nous était si forte, ce flot blanc et scintillant, que ni l’un ni l’autre ne pouvions distinguer plus de l’autre que sa silhouette dans l’ombre.

Nur den Atem meinte ich zu hören und das fauchende Saugen an der Pfeife.

Je croyais n'entendre que la respiration et le sifflement de l'aspiration dans le tuyau.

Das Schweigen war unerträglich. Ich wäre am liebsten weggegangen, aber das schien doch zu brüsk, zu plötzlich. Aus Verlegenheit nahm ich mir eine Zigarette heraus. Das Zündholz zischte auf, eine Sekunde lang zuckte Licht über den engen Raum.

Le silence était insupportable. J'aurais voulu partir, mais cela me semblait trop brusque, trop soudain. Gêné, j'ai sorti une cigarette. L'allumette a sifflé et, pendant une seconde, une lueur a vacillé dans l'étroite pièce.

Ich sah hinter Brillengläsern ein fremdes Gesicht, das ich nie an Bord gesehen, bei keiner Mahlzeit, bei keinem Gang, und sei es, daß die plötzliche Flamme den Augen wehtat oder war es eine Halluzination: es schien grauenhaft verzerrt, finster und koboldhaft.

Derrière mes lunettes, j'aperçus un visage étrange que je n'avais jamais vu à bord, à aucun repas, à aucun plat, que la flamme soudaine m'ait blessé les yeux ou qu'il s'agisse d'une hallucination : il semblait horriblement déformé, sombre et semblable à celui d'un gobelin.

Aber ehe ich Einzelheiten deutlich wahrnahm, schluckte das Dunkel wieder die flüchtig erhellten Linien fort, nur den Umriß sah ich einer Gestalt, dunkel ins Dunkel gedrückt und manchmal den kreisrunden roten Feuerring der Pfeife im Leeren.

Mais avant que je puisse distinguer clairement les détails, l'obscurité engloutit à nouveau les lignes fugitivement illuminées ; je ne voyais que le contour d'une silhouette, sombrement imprimée dans l'obscurité, et parfois l'anneau de feu rouge circulaire du tuyau dans le vide.

Keiner sprach, und dies Schweigen war schwül und drückend wie die tropische Luft.

Personne ne parlait, et ce silence était lourd et oppressant comme l'air tropical.

Endlich ertrug ichs nicht mehr. Ich stand auf und sagte höflich „Gute Nacht“.

Finalement, je n'ai pas pu supporter plus longtemps. Je me suis levé et j'ai dit poliment : « Bonne nuit. »

„Gute Nacht,“ antwortete es aus dem Dunkel, eine heisere, harte, eingerostete Stimme.

« Bonne nuit », répondit une voix rauque, dure et rouillée, venue des ténèbres.

Ich stolperte mich mühsam vorwärts durch das Takelwerk an den Pfosten vorbei. Da klang ein Schritt hinter mir her, hastig und unsicher. Es war der Nachbar von vordem. Unwillkürlich blieb ich stehen.

J'avançai péniblement à travers les cordages, dépassant les poteaux. Soudain, un pas précipité et incertain résonna derrière moi. C'était le voisin de tout à l'heure. Instinctivement, je m'arrêtai.

Er kam nicht ganz nah heran, durch das Dunkel fühlte ich ein Irgendetwas von Angst und Bedrücktheit in der Art seines Schrittes.

Il ne s'est pas approché de très près ; à travers l'obscurité, j'ai perçu une certaine peur et une oppression dans sa démarche.

„Verzeihen Sie,“ sagte er dann hastig, „wenn ich eine Bitte an Sie richte. Ich ... ich ...“ — er stotterte und konnte nicht gleich weitersprechen vor Verlegenheit — „ich ... ich habe private ... ganz private Gründe, mich hier zurückzuziehen ...

« Excusez-moi, dit-il précipitamment, si j’ai une requête. Je… je… » — il balbutia et ne put poursuivre, gêné — « J’ai… j’ai des raisons privées… très privées de me retirer d’ici… »

ein Trauerfall ... ich meide die Gesellschaft an Bord ... Ich meine nicht Sie ... nein, nein ... Ich möchte nur bitten ... Sie würden mich sehr verpflichten, wenn Sie zu niemandem an Bord davon sprechen würden, daß Sie mich hier gesehen haben ...

Un deuil… J’évite les personnes à bord… Je ne parle pas de vous… non, non… Je vous demande juste… Vous me rendriez un grand service si vous ne disiez à personne à bord que vous m’avez vu ici…

Es sind ... sozusagen private Gründe, die mich jetzt hindern unter die Leute zu gehen ... ja ... nun ... es wäre mir peinlich, wenn Sie davon Erwähnung täten, daß jemand hier nachts ... daß ich ...“ Das Wort blieb ihm wieder stecken.

« Ce sont… pour ainsi dire, des raisons privées qui m’empêchent de sortir en ce moment… oui… enfin… ce serait embarrassant pour moi si vous mentionniez que quelqu’un ici ce soir… que je… » Le mot resta coincé dans sa gorge à nouveau.

Ich beseitigte rasch seine Verwirrung, indem ich ihm eiligst zusicherte, seinen Wunsch zu erfüllen. Wir reichten einander die Hände.

J'ai rapidement dissipé son malentendu en l'assurant à la hâte que j'exaucerais son souhait. Nous nous sommes serré la main.

Dann ging ich in meine Kabine zurück und schlief einen dumpfen, merkwürdig verwühlten und von Bildern verwirrten Schlaf.

Je suis ensuite retourné à ma cabine et j'ai dormi d'un sommeil morne, étrangement perturbé, confus par des images.

Ich hielt mein Versprechen und erzählte niemandem an Bord von der seltsamen Begegnung, obzwar die Versuchung keine geringe war.

J'ai tenu ma promesse et je n'ai parlé à personne à bord de cette étrange rencontre, même si la tentation était considérable.

Denn auf einer Seereise wird das Kleinste zum Geschehnis, ein Segel am Horizont, ein Delphin, der aufspringt, ein neuentdeckter Flirt, ein flüchtiger Scherz.

Car lors d'un voyage en mer, même la plus petite chose devient un événement : une voile à l'horizon, un dauphin qui bondit hors de l'eau, une idylle naissante, une plaisanterie fugace.

Dabei quälte mich die Neugier, mehr von diesem ungewöhnlichen Passagier zu wissen: ich durchforschte die Schiffsliste nach einem Namen, der ihm zugehören konnte, ich musterte die Leute, ob sie zu ihm in Beziehung stehen könnten: den ganzen Tag bemächtigte sich meiner eine nervöse Ungeduld, und ich wartete eigentlich nur auf den Abend, ob ich ihm wieder begegnen würde.

J'étais tourmenté par la curiosité d'en savoir plus sur cet étrange passager : j'ai épluché la liste des passagers à la recherche d'un nom qui pourrait lui appartenir, j'ai scruté les gens pour voir s'ils pouvaient être apparentés à lui : toute la journée, j'étais saisi d'une impatience nerveuse, et j'attendais simplement le soir pour voir si je le reverrais.

Rätselhafte psychologische Dinge haben über mich eine geradezu beunruhigende Macht, es reizt mich bis ins Blut, Zusammenhänge aufzuspüren, und sonderbare Menschen können mich durch ihre bloße Gegenwart zu einer Leidenschaft des Erkennenwollens entzünden, die nicht viel geringer ist als jene des Besitzenwollens bei einer Frau.

Des phénomènes psychologiques mystérieux exercent sur moi un pouvoir presque inquiétant ; je suis poussé à découvrir des liens, et des personnes inconnues peuvent éveiller en moi, par leur simple présence, une soif de compréhension qui n'est guère moindre que le désir de posséder une femme.

Der Tag wurde mir lang und zerbröckelte leer zwischen den Fingern. Ich legte mich früh ins Bett: ich wußte, ich würde um Mitternacht aufwachen, es würde mich erwecken.

La journée s'éternisait et s'écoulait sans que je puisse rien faire. Je me suis couchée tôt : je savais que je me réveillerais à minuit, et que cela me sortirait de ma torpeur.

Und wirklich: ich erwachte um die gleiche Stunde wie gestern. Auf dem Radiumzifferblatt der Uhr deckten sich die beiden Zeiger in einem leuchtenden Strich. Hastig stieg ich aus der schwülen Kabine in die noch schwülere Nacht.

Et en effet : je me suis réveillé à la même heure qu'hier. Sur le cadran au radium de l'horloge, les deux aiguilles étaient alignées en une ligne lumineuse. Je suis sorti précipitamment de la cabine étouffante pour me retrouver dans la nuit encore plus suffocante.

Die Sterne strahlten wie gestern und schütteten ein diffuses Licht über das zitternde Schiff, hoch oben flammte das Kreuz des Südens.

Les étoiles brillaient autant qu'hier, projetant une lumière diffuse sur le navire tremblant ; très haut dans le ciel, la Croix du Sud flamboyait.

Alles war wie gestern — in den Tropen sind die Tage, die Nächte zwillingshafter als in unseren Sphären — nur in mir war nicht dies weiche, flutende, träumerische Gewiegtsein wie gestern.

Tout était comme hier — sous les tropiques, les jours et les nuits sont presque jumeaux, contrairement à ce qui se passe sous nos yeux — mais à l'intérieur de moi, je ne ressentais plus cette douce sensation de bercement rêveur qu'hier.

Irgend etwas zog mich, verwirrte mich, und ich wußte, wohin es mich zog: hin zu dem schwarzen Gewind am Kiel, ob er wieder dort starr sitze, der Geheimnisvolle. Von oben her schlug die Schiffsglocke. Dies riß mich fort.

Quelque chose m'attirait, me troublait, et je savais où cela me menait : vers le fil noir sur la quille, pour voir s'il était de nouveau assis là, immobile, l'énigmatique. Au-dessus de moi, la cloche du navire sonna. Elle m'emporta.

Schritt für Schritt, widerwillig und doch gezogen, gab ich mir nach. Noch war ich nicht am Steven, da zuckte plötzlich dort etwas auf wie ein rotes Auge: die Pfeife. Er saß also dort.

Pas à pas, à contrecœur, j'ai fini par céder. Je n'avais même pas encore atteint la poupe quand soudain quelque chose a tressailli, comme un œil rouge : le tuyau. Il était donc assis là.

Unwillkürlich schreckte ich zurück und blieb stehen. Im nächsten Augenblick wäre ich gegangen. Da regte es sich drüben im Dunkel, etwas stand auf, tat zwei Schritte, und plötzlich hörte ich knapp vor mir seine Stimme, höflich und gedrückt.

Involontairement, je reculai et m'arrêtai. L'instant d'après, je serais parti. Soudain, un mouvement se fit entendre dans l'obscurité, quelque chose se leva, fit deux pas, et j'entendis sa voix tout près de moi, polie et discrète.

„Verzeihen Sie,“ sagte er, „Sie wollen offenbar wieder an Ihren Platz, und ich habe das Gefühl, Sie flüchteten zurück, als Sie mich sahen. Bitte, setzen Sie sich nur hin, ich gehe schon wieder.“

« Excusez-moi, dit-il, vous semblez vouloir retourner à votre place, et j’ai l’impression que vous avez fait demi-tour en me voyant. Veuillez vous asseoir, je repars. »

Ich eilte, ihm meinerseits zu sagen, daß er nur bleiben solle, ich sei bloß zurückgetreten, um ihn nicht zu stören. „Mich stören Sie nicht,“ sagte er mit einer gewissen Bitterkeit, „im Gegenteil, ich bin froh, einmal nicht allein zu sein.

Je me suis empressé de lui dire à mon tour qu'il devait rester, que je m'étais seulement écarté pour ne pas le déranger. « Vous ne me dérangez pas », dit-il avec une certaine amertume, « au contraire, je suis content de ne pas être seul pour une fois. »

Seit zehn Tagen habe ich kein Wort gesprochen ... eigentlich seit Jahren nicht ... und da geht es so schwer, eben vielleicht weil man schon erstickt daran, alles in sich hineinzuwürgen ... Ich kann nicht mehr in der Kabine sitzen, in diesem ...

Je n'ai pas dit un mot depuis dix jours… en fait, pas depuis des années… et c'est ce qui rend les choses si difficiles, peut-être parce que j'étouffe déjà à force d'essayer d'avaler tout ça… Je ne peux plus rester assise dans cette cabine, dans cet état…

diesem Sarg ... ich kann nicht mehr ... und die Menschen ertrage ich wieder nicht, weil sie den ganzen Tag lachen ... Das kann ich nicht ertragen jetzt ... ich höre es hinein bis in die Kabine und stopfe mir die Ohren zu ...

Ce cercueil… Je n’en peux plus… et je ne supporte plus les gens, ils rient toute la journée… C’est insupportable… Je les entends jusqu’à la cabine, alors je me bouche les oreilles…

freilich, sie wissen ja nicht, daß ... nun sie wissens eben nicht, und dann, was geht das die Fremden an ...“

Bien sûr, ils ne savent pas que… enfin, ils ne savent tout simplement pas, et puis, en quoi cela regarde-t-il les étrangers…

Er stockte wieder. Und sagte dann ganz plötzlich und hastig: „Aber ich will Sie nicht belästigen ... verzeihen Sie meine Geschwätzigkeit.“

Il marqua une nouvelle pause, puis dit soudain et précipitamment : « Mais je ne veux pas vous déranger… excusez mon bavardage. »

Er verbeugte sich und wollte fort. Aber ich widersprach ihm dringlich. „Sie belästigen mich durchaus nicht. Auch ich bin froh, hier ein paar stille Worte zu haben ... Nehmen Sie eine Zigarette?“

Il s'inclina et commença à partir. Mais je m'y opposa fermement. « Vous ne me dérangez pas du tout. Je suis également heureux de pouvoir vous parler quelques instants tranquillement… Voulez-vous une cigarette ? »

Er nahm eine. Ich zündete an. Wieder riß sich das Gesicht flackernd vom schwarzen Bordrand los, aber jetzt voll mir zugewandt: die Augen hinter der Brille forschten in mein Gesicht, gierig und mit einer irren Gewalt. Ein Grauen überlief mich.

Il en prit une. Je l'allumai. De nouveau, le visage vacilla, se détachant du bord noir de la monture, mais se tourna cette fois complètement vers moi : les yeux derrière les lunettes me fixaient avec avidité et une force frénétique. L'horreur m'envahit.

Ich spürte, daß dieser Mensch sprechen wollte, sprechen mußte. Und ich wußte, daß ich schweigen müsse, um ihm zu helfen.

J'ai senti que cette personne voulait parler, avait besoin de parler. Et je savais que je devais garder le silence pour l'aider.

Wir setzten uns wieder. Er hatte einen zweiten Deckchair dort, den er mir anbot. Unsere Zigaretten funkelten, und an der Art, wie der Lichtring der seinen unruhig im Dunkel zitterte, sah ich, daß seine Hand bebte. Aber ich schwieg, und er schwieg.

Nous nous sommes rassis. Il avait un deuxième transat, qu'il m'a proposé. Nos cigarettes crépitaient, et à la lueur vacillante de la sienne dans l'obscurité, je voyais bien que sa main tremblait. Mais je suis resté silencieux, et lui aussi.

Dann fragte plötzlich seine Stimme leise:

Puis soudain sa voix demanda doucement :

„Sind Sie sehr müde?“

« Êtes-vous très fatigué(e) ? »

„Nein, durchaus nicht.“

« Non, pas du tout. »

Die Stimme aus dem Dunkel zögerte wieder. „Ich möchte Sie gerne um etwas fragen ... das heißt, ich möchte Ihnen etwas erzählen. Ich weiß, ich weiß genau, wie absurd das ist, mich an den ersten zu wenden, der mir begegnet, aber ... ich bin ...

La voix venue des ténèbres hésita de nouveau. « J'aimerais vous demander quelque chose… enfin, j'aimerais vous dire quelque chose. Je sais, je sais parfaitement combien il est absurde de s'adresser à la première personne venue, mais… je… »

ich bin in einer furchtbaren psychischen Verfassung ... ich bin an einem Punkt, wo ich unbedingt mit jemandem sprechen muß ... ich gehe sonst zugrunde ... Sie werden das schon verstehen, wenn ich ... ja, wenn ich Ihnen eben erzähle ...

Je suis dans un état mental terrible… J’en suis à un point où j’ai absolument besoin de parler à quelqu’un… sinon je vais m’effondrer… Tu comprendras quand je… oui, quand je te le dirai…

Ich weiß, daß Sie mir nicht werden helfen können ... aber ich bin irgendwie krank von diesem Schweigen ... und ein Kranker ist immer lächerlich für die andern ...“

Je sais que vous ne pourrez pas m'aider… mais ce silence me rend malade… et une personne malade est toujours la cible des moqueries…

Ich unterbrach ihn und bat ihn, sich doch nicht zu quälen. Er möge mir nur erzählen ... ich könne ihm natürlich nichts versprechen, aber man habe doch die Pflicht, seine Bereitwilligkeit anzubieten.

Je l'ai interrompu et l'ai supplié d'arrêter de se faire du mal. Il devait simplement me le dire… Je ne pouvais rien lui promettre, bien sûr, mais on se devait de lui offrir son aide.

Wenn man jemanden in einer Bedrängnis sehe, da ergebe sich doch natürlich die Pflicht zu helfen ...

Si vous voyez quelqu'un en détresse, vous avez bien sûr le devoir de l'aider...

„Die Pflicht ... seine Bereitwilligkeit anzubieten ... die Pflicht, den Versuch zu machen ... Sie meinen also auch, Sie auch, man habe die Pflicht ... die Pflicht, seine Bereitwilligkeit anzubieten.“

« Le devoir… d’offrir sa volonté… le devoir de faire l’effort… Donc vous voulez dire, vous aussi, que chacun a le devoir… le devoir d’offrir sa volonté. »

Dreimal wiederholte er den Satz. Mir graute vor dieser stumpfen, verbissenen Art des Wiederholens. War dieser Mensch wahnsinnig? War er betrunken?

Il répéta la phrase trois fois. J'étais horrifié par cette façon monotone et obstinée dont il la répétait. Cet homme était-il fou ? Était-il ivre ?

Aber als ob ich die Vermutung laut mit den Lippen ausgesprochen hätte, sagte er plötzlich mit einer ganz andern Stimme: „Sie werden mich vielleicht für irr halten oder für betrunken. Nein, das bin ich nicht — noch nicht.

Mais comme si j'avais exprimé ce soupçon à voix haute, il dit soudain d'une voix complètement différente : « Vous pensez peut-être que je suis fou ou ivre. Non, je ne le suis pas… pas encore. »

Nur das Wort, das Sie sagten, hat mich so merkwürdig berührt ... so merkwürdig, weil es gerade das ist, was mich jetzt quält, nämlich ob man die Pflicht hat ... die Pflicht ...“

Seul le mot que vous avez prononcé m'a touché si étrangement… si étrangement, car c'est précisément ce qui me tourmente maintenant : la question de savoir si l'on a un devoir… un devoir…

Er begann wieder zu stottern. Dann brach er kurz ab und begann mit einem neuen Ruck.

Il se remit à bégayer. Puis il marqua une brève pause avant de reprendre d'un coup sec.

„Ich bin nämlich Arzt. Und da gibt es oft solche Fälle, solche verhängnisvolle ... ja, sagen wir Grenzfälle, wo man nicht weiß, ob man die Pflicht hat ...

« Je suis médecin, voyez-vous. Et il y a souvent des cas de ce genre, des cas fatidiques… enfin, disons des cas limites, où l’on ne sait pas si l’on a un devoir… »

nämlich, es gibt ja nicht nur eine Pflicht, die gegen den andern, sondern eine für sich selbst und eine für den Staat und eine für die Wissenschaft ... Man soll helfen, natürlich, dazu ist man doch da ...

En effet, il n'y a pas qu'un seul devoir envers autrui, mais aussi envers soi-même, envers l'État et envers la science… Il faut bien sûr aider ; c'est notre raison d'être…

aber solche Maximen sind immer nur theoretisch ... Wie weit soll man denn helfen? ... Da sind Sie, ein fremder Mensch, und ich bin Ihnen fremd, und ich bitte Sie, zu schweigen darüber, daß Sie mich gesehen haben ...

Mais de telles maximes ne sont jamais que théoriques… Jusqu’où faut-il aller pour aider ?… Vous êtes là, un étranger, et je suis un étranger pour vous, et je vous demande de garder le silence sur le fait que vous m’avez vu…

gut, Sie schweigen, Sie erfüllen diese Pflicht ... Ich bitte Sie, mit mir zu sprechen, weil ich krepiere an meinem Schweigen ... Sie sind bereit, mir zuzuhören ... gut ... Aber das ist ja leicht ...

Très bien, vous restez silencieux, vous faites votre devoir… Je vous en supplie, parlez-moi, car mon silence me tue… Vous êtes prêt à m’écouter… bien… Mais c’est facile…

Wenn ich Sie aber bitten würde, mich zu packen und über Bord zu werfen ... da hört sich doch die Gefälligkeit, die Hilfsbereitschaft auf. Irgendwo endets doch ... dort, wo man anfängt mit seinem eigenen Leben, seiner eigenen Verantwortung ...

Mais si je vous demandais de me saisir et de me jeter par-dessus bord… c’est là que s’arrêtent la gentillesse, la volonté d’aider. Il faut bien que cela s’arrête quelque part… là où commence votre propre vie, votre propre responsabilité…

irgendwo muß es doch enden ... irgendwo muß diese Pflicht doch aufhören ... Oder vielleicht soll sie gerade beim Arzt nicht aufhören dürfen?

Cela doit bien s'arrêter quelque part… cette obligation doit cesser quelque part… Ou peut-être ne devrait-elle pas s'arrêter, surtout chez le médecin ?

Muß der ein Heiland, ein Allerweltshelfer sein, bloß weil er ein Diplom mit lateinischen Worten hat, muß der wirklich sein Leben hinwerfen und sich Wasser ins Blut schütten, wenn irgendeine ...

Faut-il être un sauveur, un bienfaiteur universel, simplement parce qu'on possède un diplôme en latin ? Doit-on vraiment sacrifier sa vie et se souiller le sang, s'il en a un ?

irgendeiner kommt und will, daß er edel sei, hilfreich und gut? Ja, irgendwo hört die Pflicht auf ... dort, wo man nicht mehr kann, gerade dort ...“

Quelqu'un arrive et veut être noble, serviable et bon ? Oui, le devoir a ses limites… précisément là où on ne peut plus l'accomplir…

Er hielt wieder inne und riß sich auf.

Il marqua une nouvelle pause et se déchira le corps.

„Verzeihen Sie ... ich rede gleich so erregt ... aber ich bin nicht betrunken ... noch nicht betrunken ... auch das kommt jetzt oft bei mir vor, ich gestehe es Ihnen ruhig ein, in dieser höllischen Einsamkeit ...

« Excusez-moi… je parle avec tant d’enthousiasme… mais je ne suis pas ivre… pas encore… cela m’arrive assez souvent ces derniers temps, je vous l’avoue volontiers, dans cette solitude infernale… »

Bedenken Sie, ich habe sieben Jahre nur fast zwischen Eingeborenen und Tieren gelebt ... da verlernt man das ruhige Reden. Wenn man sich dann auftut, flutets gleich über ... Aber warten Sie ... ja, ich weiß schon ...

Imaginez un peu : j'ai vécu presque exclusivement parmi les autochtones et les animaux pendant sept ans… On oublie comment parler calmement dans une telle situation. Quand on finit par se confier, tout vous submerge… Mais attendez… oui, je sais…

ich wollte Sie fragen, wollte Ihnen so einen Fall vorlegen, ob man die Pflicht habe zu helfen ... so ganz engelhaft rein zu helfen, ob man ... Übrigens ich fürchte, es wird lang werden. Sind Sie wirklich nicht müde?“

Je voulais vous interroger, vous soumettre un cas de figure, afin de savoir si l'on a le devoir d'aider… d'aider de façon totalement angélique… Au fait, j'ai bien peur que ce soit long. Vous n'êtes pas vraiment fatigué ?

„Nein, durchaus nicht.“

« Non, pas du tout. »

„Ich ... ich danke Ihnen ... Nehmen Sie nicht?“

« Je... vous remercie... Vous ne voulez pas le prendre ? »

Er hatte irgendwo hinter sich ins Dunkel getappt. Etwas klirrte gegeneinander, zwei, drei, jedenfalls mehrere Flaschen, die er neben sich gestellt. Er bot mir ein Glas Whisky, an dem ich flüchtig nippte, während er mit einem Ruck das seine hinabgoß.

Il avait tâtonné pour sortir dans l'obscurité, derrière lui. Un bruit métallique s'était fait entendre entre deux, trois, voire plusieurs bouteilles qu'il avait posées à côté de lui. Il m'offrit un verre de whisky, dont je pris une gorgée rapide, tandis qu'il se servait le sien d'un trait.

Einen Augenblick stand Schweigen zwischen uns. Da schlug die Glocke: halb eins.

Un silence s'installa entre nous. Puis la cloche sonna : midi et demi.

„Also ... ich möchte Ihnen einen Fall erzählen. Nehmen Sie an, ein Arzt in einer ... einer kleineren Stadt ... oder eigentlich am Lande ... ein Arzt, der ... ein Arzt, der ...“

« Alors… j’aimerais vous parler d’une affaire. Imaginez un médecin dans… une petite ville… ou plutôt à la campagne… un médecin qui… un médecin qui… »

Er stockte wieder. Dann riß er sich plötzlich den Sessel heran zu mir.

Il marqua une nouvelle pause. Puis, soudain, il tira la chaise vers moi.

„So geht es nicht. Ich muß Ihnen alles direkt erzählen, von Anfang an, sonst verstehen Sie es nicht ... Das, das läßt sich nicht als Exempel, als Theorie entwickeln ... ich muß Ihnen meinen Fall erzählen. Da gibt es keine Scham, kein Verstecken ...

« Ça ne marche pas comme ça. Je dois tout vous dire directement, dès le début, sinon vous ne comprendrez pas… On ne peut pas développer ça comme un exemple, comme une théorie… Je dois vous raconter mon histoire. Il n’y a pas de honte, pas de choses à cacher… »

vor mir ziehen sich auch die Leute nackt aus und zeigen mir ihren Grind, ihren Harn und ihre Exkremente ... wenn man geholfen haben will, darf man nicht herumreden und nichts verschweigen ...

Les gens se déshabillent aussi devant moi et me montrent leurs croûtes, leur urine et leurs excréments… si vous voulez être aidé, il faut aller droit au but et ne rien cacher…

Also ich werde Ihnen keinen Fall erzählen von einem sagenhaften Arzt ... ich ziehe mich nackt aus und sage: ich ...

Alors je ne vais pas vous parler d'un médecin légendaire… Je vais me déshabiller et dire : je…

das Schämen habe ich verlernt in dieser dreckigen Einsamkeit, in diesem verfluchten Land, das einem die Seele ausfrißt und das Mark aus den Lenden saugt.“

J'ai oublié comment éprouver de la honte dans cette solitude sordide, dans cette terre maudite qui ronge votre âme et vous suce la moelle des reins.

Ich mußte irgendeine Bewegung gemacht haben, denn er unterbrach sich.

J'ai dû faire un mouvement quelconque, car il s'est arrêté.

„Ach, Sie protestieren ... ich verstehe, Sie sind begeistert von Indien, von den Tempeln und den Palmenbäumen, von der ganzen Romantik einer Zweimonatsreise.

« Oh, vous protestez… Je comprends, vous êtes enthousiasmés par l’Inde, les temples et les palmiers, tout le romantisme d’un voyage de deux mois. »

Ja, so sind sie zauberhaft, die Tropen, wenn man sie in der Eisenbahn, im Auto, in der Rikscha durchstreift: ich habe das auch nicht anders gefühlt, als ich zum erstenmal herüber kam vor sieben Jahren.

Oui, les tropiques sont magiques lorsqu'on les traverse en train, en voiture ou en pousse-pousse : j'ai ressenti la même chose lors de ma première venue il y a sept ans.

Was träumte ich da nicht alles, die Sprachen wollte ich lernen und die heiligen Bücher im Urtext lesen, die Krankheiten studieren, wissenschaftlich arbeiten, die Psyche der Eingeborenen ergründen — so sagt man ja im europäischen Jargon — ein Missionar der Menschlichkeit, der Zivilisation werden.

De quoi ne rêvais-je pas alors ? Je voulais apprendre les langues et lire les livres saints dans leur texte original, étudier les maladies, travailler scientifiquement, explorer la psyché des indigènes – comme on dit dans le jargon européen – devenir un missionnaire de l’humanité, de la civilisation.

Alle, die kommen, träumen denselben Traum.

Tous ceux qui viennent font le même rêve.

Aber in diesem unsichtbaren Glashaus dort geht einem die Kraft aus, das Fieber — man kriegts ja doch, mag man noch so viel Chinin in sich fressen — greift einem ans Mark, man wird schlapp und faul, wird weich, eine Qualle.

Mais dans cette maison de verre invisible, les forces s'épuisent, la fièvre — on l'attrape de toute façon, quelle que soit la quantité de quinine ingérée — vous saisit jusqu'à la moelle, vous devenez faible et paresseux, vous devenez mou, comme une méduse.

Irgendwie ist man als Europäer von seinem wahren Wesen abgeschnitten, wenn man aus den großen Städten weg in so eine verfluchte Sumpfstation kommt: auf kurz oder lang hat jeder seinen Knax weg, die einen saufen, die andern rauchen Opium, die dritten prügeln und werden Bestien — irgendeinen Schuß Narrheit kriegt jeder ab.

D'une certaine manière, en tant qu'Européen, on se coupe de sa véritable nature lorsqu'on quitte les grandes villes pour se retrouver dans une gare maudite et marécageuse : tôt ou tard, tout le monde déraille, certains boivent, d'autres fument de l'opium, d'autres encore se battent et deviennent des bêtes – chacun est atteint d'une forme ou d'une autre de folie.

Man sehnt sich nach Europa, träumt davon, wieder einen Tag auf einer Straße zu gehen, in einem hellen steinernen Zimmer unter weißen Menschen zu sitzen, Jahr um Jahr träumt man davon, und kommt dann die Zeit, wo man Urlaub hätte, so ist man schon zu träge, um zu gehen.

On rêve d'Europe, on aspire à marcher à nouveau dans une rue, à s'asseoir dans une pièce en pierre lumineuse parmi des Blancs ; on en rêve année après année, et quand vient le moment de prendre des vacances, on est déjà trop paresseux pour y aller.

Man weiß, drüben ist man vergessen, fremd, eine Muschel in diesem Meer, auf die jeder tritt. So bleibt man und versumpft und verkommt in diesen heißen, nassen Wäldern. Es war ein verfluchter Tag, an dem ich mich in dieses Drecknest verkauft habe ...

Tu sais que là-bas, tu es oublié, un étranger, une coquille vide dans cet océan foulé aux pieds par tous. Alors tu restes, à stagner et à pourrir dans ces bois chauds et humides. Ce fut un jour maudit que celui où je me suis vendu à ce trou immonde…

Übrigens: ganz so freiwillig war das ja auch nicht.

D'ailleurs, ce n'était pas entièrement volontaire.

Ich hatte in Deutschland studiert, war recte Mediziner geworden, ein guter Arzt sogar mit einer Anstellung an der Leipziger Klinik; irgendwo in einem verschollenen Jahrgang der Medizinischen Blätter haben sie damals viel Aufhebens gemacht von einer neuen Injektion, die ich als erster praktiziert hatte.

J'avais étudié en Allemagne, j'étais devenu un vrai médecin, même un bon médecin avec un poste à la clinique de Leipzig ; quelque part dans les limbes des revues médicales, on a fait tout un plat d'une nouvelle injection que j'étais le premier à pratiquer.

Da kam eine Weibergeschichte, eine Person, die ich im Krankenhaus kennen lernte: sie hatte ihren Geliebten so toll gemacht, daß er sie mit dem Revolver anschoß, und bald war ich ebenso toll wie er.

Puis vint l'histoire d'une femme, une personne que j'avais rencontrée à l'hôpital : elle avait tellement excité son amant qu'il lui avait tiré dessus avec un revolver, et bientôt j'étais tout aussi excité que lui.

Sie hatte eine Art, hochmütig und kalt zu sein, die mich rasend machte — mich hatten immer schon Frauen in der Faust, die herrisch und frech waren, aber diese bog mich zusammen, daß mir die Knochen brachen.

Elle avait une façon d'être hautaine et froide qui me rendait folle — j'ai toujours été une femme autoritaire et impertinente, mais celle-ci m'a tellement fait plier que j'en ai eu les os brisés.

Ich tat, was sie wollte, ich — nun, warum soll ichs nicht sagen, es sind acht Jahre her — ich tat für sie einen Griff in die Spitalskasse, und als die Sache aufflog, war der Teufel los.

J'ai fait ce qu'elle voulait, j'ai… enfin, pourquoi ne le dirais-je pas, c'était il y a huit ans… j'ai puisé dans les caisses de l'hôpital pour elle, et quand l'affaire a éclaté, ce fut le chaos.

Ein Onkel deckte noch den Abgang, aber mit der Karriere war es vorbei. Damals hörte ich gerade, die holländische Regierung werbe Ärzte an für die Kolonien und biete ein Handgeld.

Un oncle a couvert son départ, mais sa carrière était terminée. À l'époque, j'ai entendu dire que le gouvernement néerlandais recrutait des médecins pour les colonies et offrait des primes à la signature.

Nun, ich dachte gleich, es müßte ein sauberes Ding sein, für das man Handgeld biete, ich wußte, daß die Grabkreuze auf diesen Fieberplantagen dreimal so schnell wachsen als bei uns, aber wenn man jung ist, glaubt man, das Fieber und der Tod springt immer nur auf die andern.

Eh bien, j'ai tout de suite pensé que ça devait être une affaire louche, une affaire pour laquelle on aurait offert un pot-de-vin ; je savais que les croix tombales sur ces plantations de séropositifs poussent trois fois plus vite qu'ici, mais quand on est jeune, on pense que la fièvre et la mort ne touchent que les autres.

Nun, ich hatte da nicht viel Wahl, ich fuhr nach Rotterdam, verschrieb mich auf zehn Jahre, bekam ein ganz nettes Bündel Banknoten, die Hälfte schickte ich nach Hause an den Onkel, die andere Hälfte jagte mir eine Person dort im Hafenviertel ab, die alles von mir herauskriegte, nur weil sie jener verfluchten Katze so ähnlich war.

Eh bien, je n'avais pas vraiment le choix, alors je suis allé à Rotterdam, je me suis inscrit pour dix ans, j'ai reçu une jolie petite liasse de billets, j'en ai envoyé la moitié à mon oncle et j'ai récupéré l'autre moitié auprès d'une personne du port qui avait tout découvert sur moi, simplement parce qu'elle ressemblait beaucoup à ce fichu chat.

Ohne Geld, ohne Uhr, ohne Illusionen bin ich dann abgesegelt von Europa und war nicht sonderlich traurig, als wir aus dem Hafen steuerten.

Sans argent, sans montre, sans illusions, j'ai alors quitté l'Europe par la mer et je n'étais pas particulièrement triste lorsque nous avons quitté le port.

Und dann saß ich so auf Deck wie Sie, wie alle saßen und sah das Südkreuz und die Palmen, das Herz ging mir auf — ah, Wälder, Einsamkeit, Stille, träumte ich! Nun — an Einsamkeit bekam ich gerade genug.

Et puis je me suis assise sur le pont comme vous, comme tout le monde, et j'ai vu la Croix du Sud et les palmiers, mon cœur s'est ouvert — ah, les forêts, la solitude, le silence, j'ai rêvé ! Eh bien — j'ai eu juste assez de solitude.

Man setzte mich nicht nach Batavia oder Surabaya, in eine Stadt, wo es Menschen gibt und Klubs und Golf und Bücher und Zeitungen, sondern — nun der Name tut ja nichts zur Sache — in irgendeine der Distriktstationen, zwei Tagereisen von der nächsten Stadt.

Ils ne m'ont pas affecté à Batavia ou à Surabaya, une ville avec des gens, des clubs, du golf, des livres et des journaux, mais — enfin, le nom importe peu — dans une des gares de district, à deux jours de voyage de la ville la plus proche.

Ein paar langweilige, verdorrte Beamte, ein paar Halfcast, das war meine ganze Gesellschaft, sonst weit und breit nur Wald, Plantagen, Dickicht und Sumpf.

Quelques fonctionnaires ennuyeux et blasés, quelques métis, voilà toute ma compagnie ; sinon, à perte de vue, il n'y avait que des forêts, des plantations, des fourrés et des marécages.

Lisez le livre entier dans l'application, avec l'audio et la traduction d'un simple toucher.

Plus de livres allemands