Brief einer Unbekannten

Brief einer Unbekannten

Lettre d'une inconnue

Stefan Zweig · 1922

Une histoire poignante d'amour non partagé et de mémoire.

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Le texte original, chaque ligne suivie de sa traduction.

Als der bekannte Romanschriftsteller R. frühmorgens von dreitägigem erfrischendem Ausflug ins Gebirge wieder nach Wien zurückkehrte und am Bahnhof eine Zeitung kaufte, wurde er, kaum daß er das Datum überflog, erinnernd gewahr, daß heute sein Geburtstag sei.

Lorsque le célèbre romancier R. rentra à Vienne tôt le matin après un agréable séjour de trois jours à la montagne et acheta un journal à la gare, il réalisa, presque aussitôt qu'il eut jeté un coup d'œil à la date, que c'était son anniversaire.

Der einundvierzigste, besann er sich rasch, und diese Feststellung tat ihm nicht wohl und nicht weh. Flüchtig überblätterte er die knisternden Seiten der Zeitung und fuhr mit einem Mietautomobil in seine Wohnung.

Il s'en rendit vite compte : quarante et unième. Cette constatation ne le réjouit ni ne le peina. Il feuilleta rapidement les pages craquantes du journal et rentra chez lui en voiture de location.

Der Diener meldete aus der Zeit seiner Abwesenheit zwei Besuche sowie einige Telephonanrufe und überbrachte auf einem Tablett die angesammelte Post.

Le domestique a signalé deux visites et plusieurs appels téléphoniques pendant son absence et a remis le courrier accumulé sur un plateau.

Lässig sah er den Einlauf an, riß ein paar Kuverts auf, die ihn durch ihre Absender interessierten; einen Brief, der fremde Schriftzüge trug und zu umfangreich schien, schob er zunächst beiseite.

Il jeta un coup d'œil distrait au courrier entrant, déchira quelques enveloppes dont les expéditeurs l'intéressaient ; il repoussa d'abord une lettre à l'écriture inconnue et qui lui semblait trop longue.

Inzwischen war der Tee aufgetragen worden, bequem lehnte er sich in den Fauteuil, durchblätterte noch einmal die Zeitung und einige Drucksachen; dann zündete er sich eine Zigarre an und griff nun nach dem zurückgelegten Briefe.

Entre-temps, le thé ayant été servi, il s'installa confortablement dans le fauteuil, feuilleta une fois de plus le journal et quelques imprimés ; puis il alluma un cigare et prit la lettre qu'il avait remise à sa place.

Es waren etwa zwei Dutzend hastig beschriebene Seiten in fremder, unruhiger Frauenschrift, ein Manuskript eher als ein Brief. Unwillkürlich betastete er noch einmal das Kuvert, ob nicht darin ein Begleitschreiben vergessen geblieben wäre.

Il y avait une vingtaine de pages écrites à la hâte d'une main de femme à l'écriture étrange et tremblante, plus un manuscrit qu'une lettre. Involontairement, il tâta de nouveau l'enveloppe pour voir si une lettre d'accompagnement s'y trouvait.

Aber der Umschlag war leer und trug so wenig wie die Blätter selbst eine Absenderadresse oder eine Unterschrift. Seltsam, dachte er, und nahm das Schreiben wieder zur Hand. »Dir, der Du mich nie gekannt«, stand oben als Anruf, als Überschrift.

Mais l'enveloppe était vide et ne portait ni adresse de retour ni signature, tout comme les pages elles-mêmes. Étrange, pensa-t-il, et il reprit la lettre. « À toi, qui ne m'as jamais connu », lisait-on en haut, comme un appel téléphonique, en guise d'en-tête.

Verwundert hielt er inne: galt das ihm, galt das einem erträumten Menschen? Seine Neugier war plötzlich wach. Und er begann zu lesen:

Il s'arrêta, perplexe : cela le concernait-il, une personne dont il avait rêvé ? Sa curiosité fut soudain piquée. Et il commença à lire :

Mein Kind ist gestern gestorben – drei Tage und drei Nächte habe ich mit dem Tode um dies kleine, zarte Leben gerungen, vierzig Stunden bin ich, während die Grippe seinen armen, heißen Leib im Fieber schüttelte, an seinem Bette gesessen.

Mon enfant est mort hier – pendant trois jours et trois nuits, j'ai lutté contre la mort pour cette petite vie fragile, quarante heures passées à son chevet tandis que la grippe secouait son pauvre corps brûlant de fièvre.

Ich habe Kühles um seine glühende Stirn getan, ich habe seine unruhigen, kleinen Hände gehalten Tag und Nacht. Am dritten Abend bin ich zusammengebrochen. Meine Augen konnten nicht mehr, sie fielen zu, ohne daß ich es wußte.

J'ai appliqué quelque chose de frais sur son front brûlant, j'ai tenu ses petites mains agitées jour et nuit. Le troisième soir, je me suis effondrée. Mes yeux n'en pouvaient plus ; ils se sont fermés sans que je m'en rende compte.

Drei Stunden oder vier war ich auf dem harten Sessel eingeschlafen, und indes hat der Tod ihn genommen.

Je m'étais endormi sur le fauteuil dur pendant trois ou quatre heures, et entre-temps la mort l'a emporté.

Nun liegt er dort, der süße, arme Knabe, in seinem schmalen Kinderbett, ganz so wie er starb; nur die Augen hat man ihm geschlossen, seine klugen, dunkeln Augen, die Hände über dem weißen Hemd hat man ihm gefaltet, und vier Kerzen brennen hoch an den vier Enden des Bettes.

Le voilà maintenant étendu là, le pauvre petit garçon, dans son berceau étroit, tel qu'il est mort ; seuls ses yeux sont clos, ses yeux intelligents et sombres, ses mains croisées sur sa chemise blanche, et quatre bougies brûlent haut aux quatre extrémités du lit.

Ich wage nicht hinzusehen, ich wage nicht mich zu rühren, denn wenn sie flackern, die Kerzen, huschen Schatten über sein Gesicht und den verschlossenen Mund, und es ist dann so, als regten sich seine Züge, und ich könnte meinen, er sei nicht tot, er würde wieder erwachen und mit seiner hellen Stimme etwas Kindlich-Zärtliches zu mir sagen.

Je n'ose ni regarder, ni bouger, car lorsque les bougies vacillent, des ombres glissent sur son visage et sa bouche close, et c'est comme si ses traits s'animaient, et je pourrais croire qu'il n'est pas mort, qu'il se réveille et me dit quelque chose d'enfantin et de tendre de sa voix claire.

Aber ich weiß es, er ist tot, ich will nicht hinsehen mehr, um nicht noch einmal zu hoffen, nicht noch einmal enttäuscht zu sein.

Mais je sais qu'il est mort, je ne veux plus le regarder, pour ne plus espérer, pour ne plus être déçue.

Ich weiß es, ich weiß es, mein Kind ist gestern gestorben – jetzt habe ich nur Dich mehr auf der Welt, nur Dich, der Du von mir nichts weißt, der Du indes ahnungslos spielst oder mit Dingen und Menschen tändelst.

Je le sais, je le sais, mon enfant est mort hier – maintenant il ne me reste que toi au monde, toi seule, qui ne sais rien de moi, qui pendant ce temps joue sans le savoir ou badine avec les choses et les gens.

Nur Dich, der Du mich nie gekannt und den ich immer geliebt.

Toi seul, qui ne m'as jamais connu et que j'ai toujours aimé.

Ich habe die fünfte Kerze genommen und hier zu dem Tisch gestellt, auf dem ich an Dich schreibe.

J'ai pris la cinquième bougie et je l'ai placée ici, sur la table où je vous écris.

Denn ich kann nicht allein sein mit meinem toten Kinde, ohne mir die Seele auszuschreien, und zu wem sollte ich sprechen in dieser entsetzlichen Stunde, wenn nicht zu Dir, der Du mir alles warst und alles bist!

Car je ne peux rester seule avec mon enfant mort sans crier mon âme, et à qui pourrais-je parler en cette heure terrible, sinon à Toi, qui étais et es tout pour moi !

Vielleicht kann ich nicht ganz deutlich zu Dir sprechen, vielleicht verstehst Du mich nicht – mein Kopf ist ja ganz dumpf, es zuckt und hämmert mir an den Schläfen, meine Glieder tun so weh.

Peut-être que je ne m’exprime pas très clairement, peut-être que vous ne me comprenez pas – j’ai la tête lourde, mes tempes me font atrocement mal, j’ai très mal aux membres.

Ich glaube, ich habe Fieber, vielleicht auch schon die Grippe, die jetzt von Tür zu Tür schleicht, und das wäre gut, denn dann ginge ich mit meinem Kinde und müßte nichts tun wider mich.

Je crois que j'ai de la fièvre, peut-être même la grippe qui se propage de porte en porte en ce moment, et ce serait bien, car je pourrais alors accompagner mon enfant et je n'aurais rien à faire contre moi-même.

Manchmal wirds mir ganz dunkel vor den Augen, vielleicht kann ich diesen Brief nicht einmal zu Ende schreiben – aber ich will alle Kraft zusammentun, um einmal, nur dieses eine Mal zu Dir zu sprechen, Du mein Geliebter, der Du mich nie erkannt.

Parfois, ma vision s'obscurcit complètement, et je ne pourrai peut-être même pas finir d'écrire cette lettre – mais je veux rassembler toutes mes forces pour te parler une seule fois, juste cette fois-ci, toi, mon amour, qui ne m'as jamais vraiment reconnue.

Zu Dir allein will ich sprechen, Dir zum erstenmal alles sagen; mein ganzes Leben sollst Du wissen, das immer das Deine gewesen und um das Du nie gewußt.

À toi seul je veux parler, tout te dire pour la première fois ; tu connaîtras toute ma vie, qui a toujours été la tienne et dont tu n'as jamais rien su.

Aber Du sollst mein Geheimnis nur kennen, wenn ich tot bin, wenn Du mir nicht mehr Antwort geben mußt, wenn das, was mir die Glieder jetzt so kalt und heiß schüttelt, wirklich das Ende ist.

Mais vous ne connaîtrez mon secret que lorsque je serai mort, lorsque vous n'aurez plus à me répondre, lorsque ce qui me glace et me brûle les membres sera véritablement la fin.

Muß ich weiterleben, so zerreiße ich diesen Brief und werde weiter schweigen, wie ich immer schwieg.

S’il me faut continuer à vivre, je déchirerai cette lettre et je resterai silencieux, comme je l’ai toujours été.

Hältst Du ihn aber in Händen, so weißt Du, daß hier eine Tote Dir ihr Leben erzählt, ihr Leben, das das Deine war von ihrer ersten bis zu ihrer letzten wachen Stunde.

Mais lorsque vous la tenez entre vos mains, vous savez qu'ici, une femme morte vous raconte l'histoire de sa vie, sa vie qui a été la vôtre depuis son premier instant d'éveil jusqu'à son dernier.

Fürchte Dich nicht vor meinen Worten; eine Tote will nichts mehr, sie will nicht Liebe und nicht Mitleid und nicht Tröstung. Nur dies eine will ich von Dir, daß Du mir alles glaubst, was mein zu Dir hinflüchtender Schmerz Dir verrät.

N’ayez pas peur de mes paroles ; une femme morte ne désire plus rien, ni amour, ni pitié, ni consolation. Je ne veux qu’une chose de vous : que vous croyiez tout ce que ma douleur, qui se réfugie auprès de vous, vous révèle.

Glaube mir alles, nur dies eine bitte ich Dich: man lügt nicht in der Sterbestunde eines einzigen Kindes.

Croyez-moi, mais je vous demande une seule chose : on ne ment pas à l'heure mourante d'un enfant.

Mein ganzes Leben will ich Dir verraten, dies Leben, das wahrhaft erst begann mit dem Tage, da ich Dich kannte.

Je veux te raconter toute ma vie, cette vie qui n'a véritablement commencé que le jour où je t'ai connu.

Vorher war bloß etwas Trübes und Verworrenes, in das mein Erinnern nie mehr hinabtauchte, irgendein Keller von verstaubten, spinnverwebten, dumpfen Dingen und Menschen, von denen mein Herz nichts mehr weiß.

Avant, il n'y avait que quelque chose de trouble et de confus dans lequel ma mémoire ne replongeait jamais, une sorte de cave poussiéreuse, pleine de toiles d'araignée, remplie de choses et de gens ternes dont mon cœur ne connaît plus rien.

Als Du kamst, war ich dreizehn Jahre und wohnte im selben Hause, wo Du jetzt wohnst, in demselben Hause, wo Du diesen Brief, meinen letzten Hauch Leben, in Händen hältst, ich wohnte auf demselben Gange, gerade der Tür Deiner Wohnung gegenüber.

Quand vous êtes arrivé, j'avais treize ans et j'habitais dans la même maison où vous habitez maintenant, dans la même maison où vous tenez entre vos mains cette lettre, mon dernier souffle de vie ; j'habitais dans le même couloir, juste en face de la porte de votre appartement.

Du erinnerst Dich gewiß nicht mehr an uns, an die ärmliche Rechnungsratswitwe (sie ging immer in Trauer) und das halbwüchsige, magere Kind – wir waren ja ganz still, gleichsam hinabgetaucht in unsere kleinbürgerliche Dürftigkeit – Du hast vielleicht nie unseren Namen gehört, denn wir hatten kein Schild auf unserer Wohnungstür, und niemand kam, niemand fragte nach uns.

Vous ne vous souvenez certainement plus de nous, la pauvre veuve du conseiller (elle était toujours en deuil) et l'enfant maigre à moitié adulte – nous étions plutôt silencieux, comme plongés dans notre pauvreté petite-bourgeoise – vous n'avez peut-être jamais entendu parler de nous, car nous n'avions pas de pancarte sur la porte de notre appartement, et personne ne venait, personne ne s'enquérait de nous.

Es ist ja auch schon so lange her, fünfzehn, sechzehn Jahre, nein, Du weißt es gewiß nicht mehr, mein Geliebter, ich aber, oh, ich erinnere mich leidenschaftlich an jede Einzelheit, ich weiß noch wie heute den Tag, nein, die Stunde, da ich zum erstenmal von Dir hörte, Dich zum erstenmal sah, und wie sollte ichs auch nicht, denn damals begann ja die Welt für mich.

Cela fait si longtemps, quinze, seize ans, non, tu ne t'en souviens certainement plus, mon amour, mais moi, oh, je me souviens de chaque détail avec passion, je connais le jour, non, l'heure, comme si c'était hier, quand j'ai entendu parler de toi pour la première fois, quand je t'ai vu pour la première fois, et comment aurais-je pu l'oublier, car c'est à ce moment-là que le monde a commencé pour moi.

Dulde, Geliebter, daß ich Dir alles, alles von Anfang erzähle, werde, ich bitte Dich, die eine Viertelstunde von mir zu hören nicht müde, die ich ein Leben lang Dich zu lieben nicht müde geworden bin.

Attends-moi, mon bien-aimé, pendant que je te raconte tout, tout depuis le début ; je t'en prie, ne te lasse pas de m'écouter pendant ce quart d'heure, car je ne me suis jamais lassé de t'aimer de toute ma vie.

Ehe Du in unser Haus einzogst, wohnten hinter Deiner Tür häßliche, böse, streitsüchtige Leute.

Avant votre arrivée dans notre maison, des gens laids, méchants et querelleurs vivaient derrière votre porte.

Arm wie sie waren, haßten sie am meisten die nachbarliche Armut, die unsere, weil sie nichts gemein haben wollte mit ihrer herabgekommenen, proletarischen Roheit.

Malgré leur pauvreté, ils détestaient par-dessus tout celle de leurs voisins, les nôtres, car elle n'avait rien à voir avec leur grossièreté prolétarienne et dégradée.

Der Mann war ein Trunkenbold und schlug seine Frau; oft wachten wir auf in der Nacht vom Getöse fallender Stühle und zerklirrter Teller, einmal lief sie, blutig geschlagen, mit zerfetzten Haaren auf die Treppe, und hinter ihr grölte der Betrunkene, bis die Leute aus den Türen kamen und ihn mit der Polizei bedrohten.

Cet homme était un ivrogne qui battait sa femme ; souvent, nous nous réveillions la nuit au bruit de chaises qui tombaient et d'assiettes qui se brisaient. Une fois, elle a couru, ensanglantée et battue, les cheveux arrachés, dans l'escalier, et derrière elle, l'ivrogne hurlait jusqu'à ce que des gens sortent et le menacent d'appeler la police.

Meine Mutter hatte von Anfang an jeden Verkehr mit ihnen vermieden und verbot mir, zu den Kindern zu sprechen, die sich dafür bei jeder Gelegenheit an mir rächten.

Ma mère avait évité tout contact avec eux dès le début et m'avait interdit de parler aux enfants, qui se vengeaient de moi à la moindre occasion.

Wenn sie mich auf der Straße trafen, riefen sie schmutzige Worte hinter mir her und schlugen mich einmal so mit harten Schneeballen, daß mir das Blut von der Stirne lief.

Quand ils m'ont croisé dans la rue, ils m'ont insulté et une fois, ils m'ont battu si fort avec des boules de neige que du sang coulait de mon front.

Das ganze Haus haßte mit einem gemeinsamen Instinkt diese Menschen, und als plötzlich einmal etwas geschehen war – ich glaube, der Mann wurde wegen eines Diebstahls eingesperrt – und sie mit ihrem Kram ausziehen mußten, atmeten wir alle auf.

Toute la maison détestait ces gens d'un même instinct, et quand quelque chose s'est soudainement produit – je crois que l'homme a été emprisonné pour vol – et qu'ils ont dû déménager avec toutes leurs affaires, nous avons tous poussé un soupir de soulagement.

Ein paar Tage hing der Vermietungszettel am Haustore, dann wurde er heruntergenommen, und durch den Hausmeister verbreitete es sich rasch, ein Schriftsteller, ein einzelner, ruhiger Herr, habe die Wohnung genommen.

L'avis de location est resté accroché à la porte d'entrée pendant quelques jours, puis il a été retiré, et la nouvelle s'est rapidement répandue par le biais du concierge qu'un écrivain, un homme calme et solitaire, avait loué l'appartement.

Damals hörte ich zum erstenmal Deinen Namen.

C'était la première fois que j'entendais votre nom.

Nach ein paar Tagen schon kamen Maler, Anstreicher, Zimmerputzer, Tapezierer, die Wohnung nach ihren schmierigen Vorbesitzern reinzufegen, es wurde gehämmert, geklopft, geputzt und gekratzt, aber die Mutter war nur zufrieden damit, sie sagte, jetzt werde endlich die unsaubere Wirtschaft drüben ein Ende haben.

Quelques jours plus tard, peintres, décorateurs, agents d'entretien et poseurs de papier peint arrivèrent pour nettoyer l'appartement après le passage de ses précédents propriétaires, qui avaient laissé des traces de graisse ; il y eut des coups de marteau, des coups, du nettoyage et du grattage, mais la mère n'en fut que satisfaite ; elle déclara que désormais, les affaires sales d'en face allaient enfin prendre fin.

Dich selbst bekam ich, auch während der Übersiedlung, noch nicht zu Gesicht: alle diese Arbeiten überwachte Dein Diener, dieser kleine, ernste, grauhaarige Herrschaftsdiener, der alles mit einer leisen, sachlichen Art von oben herab dirigierte.

Je ne vous ai jamais vu moi-même, même pendant le déménagement : toutes ces tâches étaient supervisées par votre serviteur, ce petit homme sérieux aux cheveux gris, qui dirigeait tout d’en haut, d’une manière calme et pragmatique.

Er imponierte uns allen sehr, erstens weil in unserem Vorstadthaus ein Herrschaftsdiener etwas ganz Neuartiges war, und dann, weil er zu allen so ungemein höflich war, ohne sich deshalb mit den Dienstboten auf eine Stufe zu stellen und in kameradschaftliche Gespräche einzulassen.

Il nous a tous beaucoup impressionnés, d'abord parce qu'avoir un domestique était quelque chose de complètement nouveau dans notre maison de banlieue, et ensuite parce qu'il était incroyablement poli avec tout le monde, sans pour autant se mettre au même niveau que les domestiques et engager des conversations amicales.

Meine Mutter grüßte er vom ersten Tage an respektvoll als eine Dame, sogar zu mir Fratzen war er immer zutraulich und ernst.

Dès le premier jour, il saluait ma mère respectueusement, comme une dame, et même avec moi, qui étais une petite fille un peu sotte, il était toujours confiant et sérieux.

Wenn er Deinen Namen nannte, so geschah das immer mit einer gewissen Ehrfurcht, mit einem besonderen Respekt – man sah gleich, daß er Dir weit über das Maß des gewohnten Dienens anhing.

Lorsqu'il prononçait votre nom, c'était toujours avec une certaine révérence, un respect particulier – on voyait immédiatement qu'il vous était dévoué bien au-delà d'un service ordinaire.

Und wie habe ich ihn dafür geliebt, den guten, alten Johann, obwohl ich ihn beneidete, daß er immer um Dich sein durfte und Dir dienen.

Et comme je l'aimais pour ça, le bon vieux Johann, même si je l'enviais d'avoir toujours le droit d'être auprès de toi et de te servir.

Ich erzähle Dir all das, Du Geliebter, all diese kleinen, fast lächerlichen Dinge, damit Du verstehst, wie Du von Anfang an schon eine solche Macht gewinnen konntest über das scheue, verschüchterte Kind, das ich war.

Je te raconte tout cela, mon amour, toutes ces petites choses, presque ridicules, pour que tu comprennes comment tu as pu exercer une telle emprise sur l'enfant timide et craintive que j'étais, dès le début.

Noch ehe Du selbst in mein Leben getreten, war schon ein Nimbus um Dich, eine Sphäre von Reichtum, Sonderbarkeit und Geheimnis – wir alle in dem kleinen Vorstadthaus (Menschen, die ein enges Leben haben, sind ja immer neugierig auf alles Neue vor ihren Türen) warteten schon ungeduldig auf Deinen Einzug.

Avant même que tu n'entres dans ma vie, il y avait déjà un certain mystère autour de toi, une aura de richesse, d'étrangeté et de mystère – nous tous, dans cette petite maison de banlieue (les gens qui mènent une vie étriquée sont toujours curieux de tout ce qui est nouveau à l'extérieur de leurs portes), attendions déjà avec impatience ton arrivée.

Und diese Neugier nach Dir, wie steigerte sie sich erst bei mir, als ich eines Nachmittags von der Schule nach Hause kam und der Möbelwagen vor dem Hause stand.

Et ma curiosité à ton égard s'est accrue lorsque, un après-midi, en rentrant de l'école, j'ai trouvé le camion de déménagement garé devant la maison.

Das meiste, die schweren Stücke, hatten die Träger schon hinaufbefördert, nun trug man einzeln kleinere Sachen hinauf; ich blieb an der Tür stehen, um alles bestaunen zu können, denn alle Deine Dinge waren so seltsam anders, wie ich sie nie gesehen; es gab da indische Götzen, italienische Skulpturen, ganz grelle, große Bilder, und dann zum Schluß kamen Bücher, so viele und so schöne, wie ich es nie für möglich gehalten.

Les porteurs avaient déjà monté la plupart des objets lourds à l'étage, et maintenant on montait les plus petits un par un ; je restais près de la porte à tout admirer, car tous vos objets étaient si étrangement différents, différents de tout ce que j'avais jamais vu ; il y avait des idoles indiennes, des sculptures italiennes, des tableaux très criards, et puis enfin des livres, tant et si beaux, que je ne l'aurais jamais cru possible.

An der Tür wurden sie alle aufgeschichtet, dort übernahm sie der Diener und schlug mit Stock und Wedel sorgfältig den Staub aus jedem einzelnen.

Ils étaient tous entassés devant la porte, où le domestique les prit et, avec soin, les dépoussiéra un à un à l'aide d'un bâton et d'un plumeau.

Ich schlich neugierig um den immer wachsenden Stoß herum, der Diener wies mich nicht weg, aber er ermutigte mich auch nicht; so wagte ich keines anzurühren, obwohl ich das weiche Leder von manchen gern befühlt hätte.

Je me suis approchée avec curiosité de l'amas qui ne cessait de grandir ; le serviteur ne m'a pas repoussée, mais il ne m'y a pas encouragée non plus ; aussi je n'ai pas osé en toucher une seule, bien que j'aurais aimé sentir le cuir souple de certaines.

Nur die Titel sah ich scheu von der Seite an: es waren französische, englische darunter und manche in Sprachen, die ich nicht verstand. Ich glaube, ich hätte sie stundenlang alle angesehen: da rief mich die Mutter hinein.

Je n'ai fait que jeter un coup d'œil timide aux titres : il y en avait en français, en anglais, et certains dans des langues que je ne comprenais pas. J'aurais pu les contempler pendant des heures : puis ma mère m'a appelée.

Den ganzen Abend dann mußte ich an Dich denken; noch ehe ich Dich kannte. Ich besaß selbst nur ein Dutzend billige, in zerschlissene Pappe gebundene Bücher, die ich über alles liebte und immer wieder las.

Toute la soirée, je n'ai cessé de penser à toi ; même avant de te connaître. Je ne possédais moi-même qu'une douzaine de livres bon marché, reliés en carton usé, que j'adorais et que je relisais sans cesse.

Und nun bedrängte mich dies, wie der Mensch sein müßte, der all diese vielen herrlichen Bücher besaß und gelesen hatte, der alle diese Sprachen wußte, der so reich war und so gelehrt zugleich.

Et maintenant, cette question me taraudait : à quoi devait ressembler la personne qui possédait et avait lu tous ces livres merveilleux, qui connaissait toutes ces langues, qui était à la fois si riche et si savante ?

Eine Art überirdischer Ehrfurcht verband sich mir mit der Idee dieser vielen Bücher.

J'éprouvais une sorte d'émerveillement presque surnaturel face à l'idée d'une telle quantité de livres.

Ich suchte Dich mir im Bilde vorzustellen: Du warst ein alter Mann mit einer Brille und einem weißen langen Barte, ähnlich wie unser Geographieprofessor, nur viel gütiger, schöner und milder – ich weiß nicht, warum ich damals schon gewiß war, Du müßtest schön sein, wo ich noch an Dich wie einen alten Mann dachte.

J'essayais de me vous représenter : vous étiez un vieil homme avec des lunettes et une longue barbe blanche, semblable à notre professeur de géographie, mais beaucoup plus gentil, plus beau et plus doux – je ne sais pas pourquoi j'étais déjà certaine à l'époque que vous deviez être beau, alors que je vous voyais encore comme un vieil homme.

Damals in jener Nacht und noch ohne Dich zu kennen, habe ich das erstemal von Dir geträumt.

Cette nuit-là, avant même de te connaître, j'ai rêvé de toi pour la première fois.

Am nächsten Tage zogst Du ein, aber trotz allen Spähens konnte ich Dich nicht zu Gesicht bekommen – das steigerte nur meine Neugier.

Tu as emménagé le lendemain, mais malgré tous mes efforts pour t'espionner, je n'ai pas pu te voir – ce qui n'a fait qu'attiser ma curiosité.

Endlich, am dritten Tage, sah ich Dich, und wie erschütternd war die Überraschung für mich, daß Du so anders warst, so ganz ohne Beziehung zu dem kindlichen Gottvaterbilde.

Finalement, le troisième jour, je t'ai vu, et quelle ne fut pas ma surprise de te voir si différent, si totalement déconnecté de l'image enfantine de Dieu le Père.

Einen bebrillten gütigen Greis hatte ich mir geträumt, und da kamst Du – Du, ganz so, wie Du noch heute bist, Du Unwandelbarer, an dem die Jahre lässig abgleiten!

J'avais rêvé d'un vieil homme aimable à lunettes, et puis tu es apparu – toi, tel que tu es aujourd'hui, toi qui restes immuable, sur qui les années glissent sans effort !

Du trugst eine hellbraune, entzückende Sportdreß und liefst in Deiner unvergleichlich leichten knabenhaften Art die Treppe hinauf, immer zwei Stufen auf einmal nehmend.

Tu portais une ravissante tenue de sport marron clair et tu montais les escaliers en courant, avec ta démarche incroyablement légère et juvénile, en prenant toujours deux marches à la fois.

Den Hut trugst Du in der Hand, so sah ich mit einem gar nicht zu schildernden Erstaunen Dein helles, lebendiges Gesicht mit dem jungen Haar: wirklich, ich erschrak vor Erstaunen, wie jung, wie hübsch, wie federnd-schlank und elegant Du warst.

Tu tenais ton chapeau à la main, et j'ai vu avec une indescriptible étonnement ton visage radieux et plein de vie, avec tes jeunes cheveux : vraiment, j'étais stupéfait de voir à quel point tu étais jeune, jolie, souple, mince et élégante.

Und ist es nicht seltsam: in dieser ersten Sekunde empfand ich ganz deutlich das, was ich und alle anderen an Dir als so einzig mit einer Art Überraschung immer wieder empfinden: daß Du irgendein zwiefacher Mensch bist, ein heißer, leichtlebiger, ganz dem Spiel und dem Abenteuer hingegebener Junge, und gleichzeitig in Deiner Kunst ein unerbittlich ernster, pflichtbewußter, unendlich belesener und gebildeter Mann.

Et n'est-ce pas étrange ? Dès cette première seconde, j'ai ressenti très clairement ce que moi et tous les autres trouvons toujours si unique chez vous, avec une sorte de surprise : que vous êtes une sorte de double personnalité, un garçon fougueux et insouciant, entièrement dévoué au jeu et à l'aventure, et en même temps, dans votre art, un homme résolument sérieux, consciencieux, infiniment cultivé et éduqué.

Unbewußt empfand ich, was dann jeder bei Dir spürte, daß Du ein Doppelleben führst, ein Leben mit einer hellen, der Welt offen zugekehrten Fläche, und einer ganz dunkeln, die Du nur allein kennst – diese tiefste Zweiheit, das Geheimnis Deiner Existenz, sie fühlte ich, die Dreizehnjährige, magisch angezogen, mit meinem ersten Blick.

Inconsciemment, j'ai perçu ce que tout le monde percevait alors à ton sujet : que tu menais une double vie, une vie avec un côté lumineux ouvert sur le monde, et un côté complètement sombre que toi seul connaissais – cette dualité profonde, le secret de ton existence, moi, la jeune fille de treize ans, j'ai été irrésistiblement attirée par elle dès le premier regard.

Verstehst Du nun schon, Geliebter, was für ein Wunder, was für eine verlockende Rätselhaftigkeit Du für mich, das Kind, sein mußtest!

Comprends-tu maintenant, ma bien-aimée, quelle merveille, quelle énigme fascinante tu as dû être pour moi, l'enfant !

Einen Menschen, vor dem man Ehrfurcht hatte, weil er Bücher schrieb, weil er berühmt war in jener anderen großen Welt, plötzlich als einen jungen, eleganten, knabenhaft heiteren, fünfundzwanzigjährigen Mann zu entdecken!

Découvrir soudain, sous les traits d'un jeune homme de vingt-cinq ans, élégant, d'une gaieté juvénile, la personne qu'on admirait parce qu'il écrivait des livres, parce qu'il était célèbre dans cet autre grand monde !

Muß ich Dir noch sagen, daß von diesem Tage an in unserem Hause, in meiner ganzen armen Kinderwelt mich nichts interessierte als Du, daß ich mit dem ganzen Starrsinn, der ganzen bohrenden Beharrlichkeit einer Dreizehnjährigen nur mehr um Dein Leben, um Deine Existenz herumging.

Ai-je besoin de vous dire qu'à partir de ce jour, dans notre maison, dans tout mon pauvre univers d'enfance, rien ne m'intéressait que vous, qu'avec toute l'obstination, toute la persévérance curieuse d'une adolescente de treize ans, je ne m'intéressais qu'à votre vie, à votre existence ?

Ich beobachtete Dich, ich beobachtete Deine Gewohnheiten, beobachtete die Menschen, die zu Dir kamen, und all das vermehrte nur, statt sie zu mindern, meine Neugier nach Dir selbst, denn die ganze Zwiefältigkeit Deines Wesens drückte sich in der Verschiedenheit dieser Besuche aus.

Je vous ai observé, j'ai observé vos habitudes, j'ai observé les personnes qui venaient vous voir, et tout cela n'a fait qu'accroître, plutôt que diminuer, ma curiosité à votre égard, car toute la dualité de votre être s'exprimait dans la variété de ces visites.

Da kamen junge Menschen, Kameraden von Dir, mit denen Du lachtest und übermütig warst, abgerissene Studenten, und dann wieder Damen, die in Autos vorfuhren, einmal der Direktor der Oper, der große Dirigent, den ich ehrfürchtig nur am Pulte von fern gesehen, dann wieder kleine Mädel, die noch in die Handelsschule gingen und verlegen in die Tür hineinhuschten, überhaupt viel, sehr viel Frauen.

Des jeunes sont arrivés, vos camarades avec qui vous avez ri et partagé des moments d'exubérance, des étudiants en haillons, puis des dames arrivées en voiture, une fois le directeur de l'opéra, le grand chef d'orchestre que je n'avais aperçu que de loin sur le podium, puis des petites filles qui allaient encore en école de commerce et qui se sont glissées timidement par la porte, en général beaucoup, très beaucoup de femmes.

Ich dachte mir nichts Besonderes dabei, auch nicht, als ich eines Morgens, wie ich zur Schule ging, eine Dame ganz verschleiert von Dir weggehen sah – ich war ja erst dreizehn Jahre alt, und die leidenschaftliche Neugier, mit der ich Dich umspähte und belauerte, wußte im Kinde noch nicht, daß sie schon Liebe war.

Je n'y ai pas prêté attention, même lorsque, un matin, en allant à l'école, j'ai vu une dame s'éloigner de vous, entièrement voilée – je n'avais que treize ans, et la curiosité passionnée avec laquelle j'espionnais et vous observais ne me permettait pas encore, dans mon état enfantin, de savoir que c'était déjà de l'amour.

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