
Senilità
Sénilité
Italo Svevo · 1898
Un roman psychologique sur l'indécision et la paralysie émotionnelle.
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Le texte original, chaque ligne suivie de sa traduction.
Subito, con le prime parole che le rivolse, volle avvisarla che non intendeva compromettersi in una relazione troppo seria. Parlò cioè a un dipresso così: — T’amo molto e per il tuo bene desidero ci si metta d’accordo di andare molto cauti.
Dès ses premiers mots, il a voulu la prévenir qu'il ne souhaitait pas s'engager dans une relation trop sérieuse. Il a dit quelque chose comme : « Je t'aime beaucoup, et pour ton bien, je souhaite que nous soyons d'accord pour procéder avec beaucoup de prudence. »
— La parola era tanto prudente ch’era difficile di crederla detta per amore altrui, e un po’ più franca avrebbe dovuto suonare così: — Mi piaci molto, ma nella mia vita non potrai essere giammai più importante di un giocattolo.
— Le mot était si prudent qu'il était difficile de croire qu'il était prononcé par amour pour quelqu'un d'autre, et, un peu plus franchement, il aurait dû sonner ainsi : — Je t'aime beaucoup, mais dans ma vie, tu ne seras jamais plus important qu'un jouet.
Ho altri doveri io, la mia carriera, la mia famiglia.
J'ai d'autres obligations : ma carrière, ma famille.
La sua famiglia? Una sola sorella non ingombrante nè fisicamente nè moralmente, piccola e pallida, di qualche anno più giovane di lui, ma più vecchia per carattere o forse per destino.
Sa famille ? Une seule sœur, sans prétention physique ni morale, petite et pâle, de quelques années sa cadette, mais plus âgée par le caractère, ou peut-être par le destin.
Dei due, era lui l’egoista, il giovane; ella viveva per lui come una madre dimentica di se stessa, ma ciò non impediva a lui di parlarne come di un altro destino importante legato al suo e che pesava sul suo, e così, sentendosi le spalle gravate di tanta responsabilità, egli traversava la vita cauto, lasciando da parte tutti i pericoli ma anche il godimento, la felicità.
Des deux, c'était lui l'égoïste, le plus jeune ; elle vivait pour lui comme une mère qui s'oublie elle-même, mais cela ne l'empêchait pas de parler d'elle comme d'un autre destin important, lié au sien et pesant sur lui ; et ainsi, se sentant accablé par ce lourd fardeau, il traversait la vie avec prudence, laissant de côté tous les dangers, mais aussi le plaisir et le bonheur.
A trentacinque anni si ritrovava nell’anima la brama insoddisfatta di piaceri e di amore, e già l’amarezza di non averne goduto, e nel cervello una grande paura di se stesso e della debolezza del proprio carattere, invero piuttosto sospettata che saputa per esperienza.
À trente-cinq ans, il découvrit dans son âme un désir insatisfait de plaisir et d'amour, et déjà l'amertume de ne pas les avoir goûtés, et dans son esprit une grande peur de lui-même et de la faiblesse de son propre caractère, qu'il soupçonnait plus qu'il ne la connaissait par l'expérience.
La carriera di Emilio Brentani era più complicata perchè intanto si componeva di due occupazioni e due scopi ben distinti.
La carrière d'Emilio Brentani était plus compliquée car elle se composait de deux professions et de deux objectifs très distincts.
Da un impieguccio di poca importanza presso una società di assicurazioni, egli traeva giusto il denaro di cui la famigliuola abbisognava.
Un petit emploi dans une compagnie d'assurance lui permettait tout juste de faire vivre sa famille.
L’altra carriera era letteraria e, all’infuori di una riputazioncella, — soddisfazione di vanità più che d’ambizione — non gli rendeva nulla, ma lo affaticava ancor meno.
Sa deuxième carrière était littéraire et, hormis une petite réputation – satisfaction de la vanité plutôt que de l'ambition –, elle ne lui apporta rien, mais elle le fatiguait encore moins.
Da molti anni, dopo di aver pubblicato un romanzo lodatissimo dalla stampa cittadina, egli non aveva fatto nulla, per inerzia non per sfiducia.
Pendant de nombreuses années, après avoir publié un roman très apprécié par la presse locale, il n'avait rien fait, par inertie, non par méfiance.
Il romanzo, stampato su carta cattiva, era ingiallito nei magazzini del libraio, ma mentre alla sua pubblicazione Emilio era stato detto soltanto una grande speranza per l’avvenire, ora veniva considerato come una specie di rispettabilità letteraria che contava nel piccolo bilancio artistico della città.
Le roman, imprimé sur du papier de mauvaise qualité, avait jauni dans l'entrepôt du libraire, mais alors qu'à sa parution Emilio n'avait été décrit que comme un grand espoir pour l'avenir, il était désormais considéré comme une sorte de respectabilité littéraire qui comptait dans le petit budget artistique de la ville.
La prima sentenza non era stata riformata, s’era evoluta.
La première phrase n'avait pas été reformulée, elle avait évolué.
Per la chiarissima coscienza ch’egli aveva della nullità della propria opera, egli non si gloriava del passato, però, come nella vita così anche nell’arte, egli credeva di trovarsi ancora sempre nel periodo di preparazione, riguardandosi nel suo più segreto interno come una potente macchina geniale in costruzione, non ancora in attività.
Conscient de la futilité de son propre travail, il ne se vantait pas du passé, mais, comme dans la vie comme dans l'art, il croyait être encore en phase préparatoire, se considérant au plus profond de son être comme une puissante machine de génie en construction, pas encore en marche.
Viveva sempre in un’aspettativa, non paziente, di qualche cosa che doveva venirgli dal cervello, l’arte, di qualche cosa che doveva venirgli dal di fuori, la fortuna, il successo, come se l’età delle belle energie per lui non fosse tramontata.
Il vivait toujours dans l'attente impatiente de quelque chose qui devait venir de son cerveau, l'art, de quelque chose qui devait venir de l'extérieur, la chance, le succès, comme si l'âge des belles énergies n'était pas encore arrivé pour lui.
Angiolina, una bionda dagli occhi azzurri grandi, alta e forte, ma snella e flessuosa, il volto illuminato dalla vita, un color giallo di ambra soffuso di rosa da una bella salute, camminava accanto a lui, la testa china da un lato come piegata dal peso del tanto oro che la fasciava, guardando il suolo ch’ella ad ogni passo toccava con l’elegante ombrellino come se avesse voluto farne scaturire un commento alle parole che udiva.
Angiolina, une blonde aux grands yeux bleus, grande et forte, mais mince et souple, le visage illuminé par la vie, d'une couleur jaune ambré teintée de rose par la bonne santé, marchait à ses côtés, la tête penchée sur le côté comme courbée par le poids de tant d'or qui l'enveloppait, regardant le sol qu'elle touchait à chaque pas sous son élégant parapluie comme si elle voulait qu'il commente les paroles qu'elle entendait.
Quando credette di aver compreso disse: — Strano! — timidamente guardandolo sottecchi. — Nessuno mi ha mai parlato così.
Quand elle crut comprendre, elle dit timidement : « Étrange ! », en le regardant de côté. « Personne ne m'a jamais parlé comme ça. »
— Non aveva compreso e si sentiva lusingata al vederlo assumere un ufficio che a lui non spettava, di allontanare da lei il pericolo. L’affetto ch’egli le offriva ne ebbe l’aspetto di fraternamente dolce.
Elle n'avait pas compris et se sentait flattée de le voir endosser un rôle qui n'était pas le sien, celui de la protéger du danger. L'affection qu'il lui témoignait avait des accents de douceur fraternelle.
Fatte quelle premesse, l’altro si sentì tranquillo e ripigliò un tono più adatto alla circostanza.
Ces prémisses étant posées, l'autre se sentit calme et reprit un ton plus approprié à l'occasion.
Fece piovere sulla bionda testa le dichiarazioni liriche che nei lunghi anni il suo desiderio aveva maturate e affinate, ma, facendole, egli stesso le sentiva rinnovellare e ringiovanire come se fossero nate in quell’istante, al calore dell’occhio azzurro di Angiolina.
Il déversait sur la tête blonde les déclarations lyriques que son désir avait mûri et affiné au fil des longues années, mais, en les prononçant, il les sentait lui-même se renouveler et se rajeunir comme si elles étaient nées à cet instant précis, dans la chaleur des yeux bleus d'Angiolina.
Ebbe il sentimento che da tanti anni non aveva provato, di comporre, di trarre dal proprio intimo idee e parole: un sollievo che dava a quel momento della sua vita non lieta, un aspetto strano, indimenticabile, di pausa, di pace. La donna vi entrava!
Il éprouva une sensation qu'il n'avait pas ressentie depuis tant d'années, celle de composer, de puiser en lui-même des idées et des mots : un soulagement qui conférait à ce moment de sa vie malheureuse une qualité étrange, inoubliable, une pause, une paix. La femme y entra !
Raggiante di gioventù e bellezza ella doveva illuminarla tutta facendogli dimenticare il triste passato di desiderio e di solitudine e promettendogli la gioia per l’avvenire ch’ella, certo, non avrebbe compromesso.
Rayonnante de jeunesse et de beauté, elle devait l'illuminer complètement, lui faire oublier le triste passé de désir et de solitude et lui promettre une joie future qu'elle ne compromettrait certainement pas.
Egli s’era avvicinato a lei con l’idea di trovare un’avventura facile e breve, di quelle che egli aveva sentito descrivere tanto spesso e che a lui non erano toccate mai o mai degne di essere ricordate. Questa s’era annunziata proprio facile e breve.
Il l'avait abordée avec l'idée de trouver une aventure facile et courte, de celles dont on lui avait si souvent parlé et qu'il n'avait jamais vécues, ou du moins jamais d'une manière mémorable. Celle-ci promettait d'être facile et courte, en effet.
L’ombrellino era caduto in tempo per fornirgli un pretesto di avvicinarsi ed anzi — sembrava malizia! — impigliatosi nella vita trinata della fanciulla, non se n’era voluto staccare che dopo spinte visibilissime.
Le parapluie était tombé à temps pour lui fournir un prétexte pour s'approcher et en effet — cela semblait être de la malice ! —, s'étant emmêlé dans la taille triangulaire de la jeune fille, il avait refusé de la lâcher jusqu'à ce qu'il la pousse de manière très visible.
Ma poi, dinanzi a quel profilo sorprendentemente puro, a quella bella salute — ai rétori corruzione e salute sembrano inconciliabili — aveva allentato il suo slancio, timoroso di sbagliare e infine s’incantò ad ammirare una faccia misteriosa dalle linee precise e dolci, già soddisfatto, già felice.
Mais alors, face à ce profil d'une pureté surprenante, à cette bonne santé — pour les rhétoriciens, corruption et santé semblent inconciliables —, il avait ralenti le pas, craignant de commettre une erreur, et finalement il avait été enchanté en admirant un visage mystérieux aux traits précis et doux, déjà satisfait, déjà heureux.
Ella gli aveva raccontato poco di sè e per quella volta, tutto compreso del proprio sentimento, egli non udì neppure quel poco.
Elle lui avait peu parlé d'elle-même et, pendant ce temps-là, complètement absorbé par ses propres sentiments, il n'avait même pas entendu ce peu.
Doveva essere povera, molto povera, ma per il momento — lo aveva dichiarato con una certa quale superbia — non aveva bisogno di lavorare per vivere.
Elle devait être pauvre, très pauvre, mais pour le moment — l’avait-elle déclaré avec une certaine arrogance — elle n’avait pas besoin de travailler pour vivre.
Ciò rendeva l’avventura anche più gradevole, perchè la vicinanza della fame turba là dove ci si vuol divertire.
Cela a rendu l'aventure encore plus agréable, car la proximité de la faim perturbe ce qui nous pousse à nous amuser.
Le indagini di Emilio non furono dunque molto profonde ma egli credette che le sue conclusioni logiche, anche poggiate su tali basi, dovessero bastare a rassicurarlo.
Les investigations d'Emilio n'étaient donc pas très approfondies, mais il pensait que ses conclusions logiques, même fondées sur de tels éléments, suffiraient à le rassurer.
Se la fanciulla, come si sarebbe dovuto credere dal suo occhio limpido, era onesta, certo non sarebbe stato lui che si sarebbe esposto al pericolo di depravarla; se invece il profilo e l’occhio mentivano, tanto meglio.
Si la jeune fille, comme on aurait pu le croire à la vue de ses yeux clairs, était honnête, il ne se serait certainement pas exposé au risque de la corrompre ; mais si son profil et ses yeux mentaient, tant mieux.
C’era da divertirsi in ambedue i casi, da pericolare in nessuno dei due.
On pouvait s'amuser dans les deux cas, mais il n'y avait aucun danger dans aucun des deux.
Angiolina aveva capito poco delle premesse, ma, visibilmente, non le occorrevano commenti per comprendere il resto; anche le parole più difficili avevano un suono di carattere non ambiguo.
Angiolina avait peu compris le principe, mais, de toute évidence, elle n'avait besoin d'aucune explication pour saisir le reste ; même les mots les plus difficiles avaient une sonorité sans ambiguïté.
I colori della vita risaltarono sulla bella faccia e la mano di forma pura, quantunque grande, non si sottrasse a un bacio castissimo d’Emilio.
Les couleurs de la vie se reflétaient sur son beau visage et sa main, aux formes pures malgré sa taille, n'hésita pas à recevoir un baiser des plus chastes d'Emilio.
Si fermarono a lungo sul terrazzo di S. Andrea e guardarono verso il mare calmo e colorito nella notte stellata, chiara ma senza luna.
Ils s'arrêtèrent longuement sur la terrasse de S. Andrea et contemplèrent la mer calme et colorée sous le ciel étoilé, clair mais sans lune.
Nel viale di sotto passò un carro e nel grande silenzio che li circondava, il rumore delle ruote sul terreno ineguale continuò a giungere fino a loro per lunghissimo tempo.
Une charrette passa sur l'avenue en contrebas, et dans le grand silence qui les entourait, le bruit de ses roues sur le sol inégal continua de leur parvenir pendant très longtemps.
Si divertirono a seguirlo sempre più tenue finchè proprio si fuse nel silenzio universale, e furono lieti che per tutt’e due fosse scomparso nello stesso istante. — Le nostre orecchie vanno molto d’accordo, — disse Emilio sorridendo.
Ils prirent plaisir à le suivre de plus en plus faiblement jusqu'à ce qu'il se fonde dans le silence universel, et se réjouirent qu'il ait disparu au même instant pour tous les deux. « Nos oreilles s'accordent à merveille », dit Emilio en souriant.
Egli aveva detto tutto e non sentiva più alcun bisogno di parlare. Interruppe un lungo silenzio per dire: — Chissà se quest’incontro ci porterà fortuna! — Era sincero. Aveva sentito il bisogno di dubitare della propria felicità ad alta voce.
Il avait tout dit et n'éprouvait plus le besoin de parler. Il rompit un long silence et lança : « Qui sait si cette rencontre nous portera chance ! » Il était sincère. Il avait ressenti le besoin de douter à voix haute de son propre bonheur.
— Chissà? — replicò essa con un tentativo di rendere nella propria voce la commozione che aveva sentita nella sua. Emilio sorrise di nuovo ma di un sorriso che credette di dover celare.
« Qui sait ? » répondit-elle, s'efforçant de traduire de sa propre voix l'émotion qu'elle avait perçue dans la sienne. Emilio sourit de nouveau, mais d'un sourire qu'il sentait devoir dissimuler.
Date le premesse da lui fatte, che razza di fortuna poteva risultare ad Angiolina dall’averlo conosciuto?
Compte tenu des prémisses qu'il a avancées, quel genre de chance Angiolina a-t-elle pu retirer de sa rencontre avec lui ?
Poi si lasciarono. Ella non volle ch’egli l’accompagnasse in città ed egli la seguì a qualche distanza non sapendo ancora staccarsene del tutto. Oh, la gentile figura!
Puis ils se séparèrent. Elle ne voulait pas qu'il l'accompagne en ville, et il la suivit à distance, ne sachant pas encore comment se détacher complètement d'elle. Oh, sa douce silhouette !
Ella camminava con la calma del suo forte organismo, sicura sul selciato coperto da una fanghiglia sdrucciolevole; quanta forza e quanta grazia unite in quelle movenze sicure come quelle di un felino.
Elle marchait avec le calme de son corps puissant, assurée sur les pavés couverts de boue glissante ; quelle force et quelle grâce se mêlaient dans ses mouvements, aussi sûrs que ceux d'un félin.
Volle il caso che subito il giorno dopo egli risapesse sul conto dell’Angiolina ben più di quanto ella gli avesse detto.
Le lendemain, il en apprit beaucoup plus sur Angiolina qu'elle ne le lui avait dit.
S’imbattè in lei a mezzodì, nel Corso.
Il l'a croisée à midi, sur le Corso.
La inaspettata fortuna gli fece fare un saluto giocondo, un grande gesto che portò il cappello a piccola distanza da terra; ella rispose con un lieve inchino della testa, ma corretto da un’occhiata brillante, magnifica.
Une chance inespérée le poussa à esquisser un salut joyeux, un geste ample qui souleva son chapeau de quelques centimètres ; elle répondit par une légère inclinaison de la tête, accompagnée d'un regard brillant et magnifique.
Un certo Sorniani, un omino giallo e magro, gran donnaiuolo, a quanto dicevasi, ma certo anche vanesio e linguacciuto a scapito del buon nome altrui e del proprio si appese al braccio d’Emilio e gli chiese come mai conoscesse quella ragazza.
Un certain Sorniani, un homme maigre et jaune, grand coureur de jupons, disait-on, mais aussi vaniteux et grande gueule au détriment de la réputation des autres et de la sienne, s'accrochait au bras d'Emilio et lui demanda comment il avait fait la connaissance de cette fille.
Erano amici fin da ragazzi ma da parecchi anni non s’erano parlati e doveva passare fra di loro una bella donna perchè il Sorniani sentisse il bisogno di avvicinarglisi.
Ils étaient amis depuis l'enfance, mais ils ne s'étaient pas parlé depuis plusieurs années, et il a fallu qu'une belle femme passe près d'eux pour que Sorniani ressente le besoin de se rapprocher.
— L’ho trovata in casa di conoscenti, — rispose Emilio.
« Je l’ai trouvé chez des connaissances », répondit Emilio.
— E che cosa fa adesso? — chiese Sorniani facendo capire di conoscere il passato d’Angiolina e d’essere veramente indignato di non conoscerne il presente.
—Et que fait-il maintenant ?— demanda Sorniani, montrant clairement qu'il connaissait le passé d'Angiolina et qu'il était véritablement indigné de ne pas connaître son présent.
— Non lo so, io — e aggiunse con indifferenza ben simulata: — A me fece l’impressione di una ragazza a modo.
— Je ne sais pas, je… — et il ajouta avec une indifférence bien feinte : — Elle m’a donné l’impression d’une jeune fille bien élevée.
— Adagio!
- Ralentir!
— fece il Sorniani risolutamente come se avesse voluto asserire il contrario, e soltanto dopo una breve pausa si corresse: — Io non ne so nulla e quando la conobbi tutti la credevano onesta quantunque una volta si fosse trovata in una posizione alquanto equivoca.
— Sorniani l’affirma avec résolution, comme s’il voulait dire le contraire, et ce n’est qu’après une courte pause qu’il se corrigea : — Je n’en sais rien et, quand je l’ai rencontrée, tout le monde la croyait honnête, même si elle s’était trouvée un jour dans une situation plutôt ambiguë.
— Senza che Emilio avesse bisogno di stimolarlo più oltre, raccontò che quella poveretta era passata vicino ad una grande fortuna convertitasi poscia, per sua o per colpa altrui, in una sventura non piccola.
— Sans qu'Emilio ait besoin de l'y inciter davantage, il lui dit que la pauvre fille avait frôlé la grande fortune qui s'était ensuite transformée, par sa propre faute ou celle des autres, en un malheur non négligeable.
Nella prima giovinezza aveva innamorato profondamente un certo Merighi, bellissimo uomo, — Sorniani lo riconosceva quantunque a lui non fosse piaciuto — e agiato commerciante.
Dans sa jeunesse, elle était tombée profondément amoureuse d'un certain Merighi, un homme très beau – Sorniani l'avait reconnu même s'il ne l'avait pas apprécié – et un riche marchand.
Costui le si era avvicinato con i propositi più onesti; l’aveva levata dalla famiglia che non gli piaceva troppo e fatta accogliere in casa dalla propria madre. — Dalla propria madre! — esclamava Sorniani.
Il l'avait abordée avec les intentions les plus sincères ; il l'avait arrachée à sa famille, qu'il n'appréciait guère, et l'avait fait recueillir par sa propre mère. « Par sa propre mère ! » s'exclama Sorniani.
— Come se quello sciocco — gli premeva di far apparire sciocco l’uomo e disonesta la donna — non si fosse potuta godere la ragazza anche fuori di casa, non sotto gli occhi della madre.
— Comme si cet imbécile — il tenait à faire passer l'homme pour un imbécile et la femme pour une malhonnête — n'aurait pas pu profiter de la jeune fille même hors de la maison, pas sous les yeux de sa mère.
Poi, dopo qualche mese, Angiolina ritornò nella casa donde non sarebbe mai dovuta uscire e Merighi con la madre abbandonò la città dando a credere di essere impoverito in seguito a speculazioni sbagliate.
Puis, après quelques mois, Angiolina retourna dans la maison qu'elle n'aurait jamais dû quitter et Merighi et sa mère quittèrent la ville, donnant l'impression qu'il s'était appauvri à la suite de spéculations erronées.
Secondo altri la cosa sarebbe proceduta in modo un po’ diverso. La madre del Merighi, scoperta una tresca vergognosa di Angiolina, avrebbe scacciata di casa la ragazza. — Non richiesto fece poi delle altre variazioni sullo stesso tema.
D'après d'autres versions, les choses se sont déroulées un peu différemment. La mère de Merighi, ayant découvert la liaison honteuse d'Angiolina, l'a chassée de la maison. — Spontanément, il a ensuite créé d'autres variations sur le même thème.
Ma era troppo evidente ch’egli si compiaceva di sbizzarrirsi su quell’argomento eccitante e il Brentani non ritenne che le parole cui poteva prestare fede intera, i fatti che dovevano essere notorii.
Mais il était trop évident qu'il prenait plaisir à aborder ce sujet passionnant, et Brentani ne retint que les mots auxquels il pouvait pleinement croire, les faits qui devaient être bien connus.
Egli aveva conosciuto di vista il Merighi e ne ricordava la figura alta d’atleta, il vero maschio per Angiolina.
Il avait reconnu Merighi de vue et se souvenait de sa silhouette grande et athlétique, l'homme idéal pour Angiolina.
Rammentava di averlo sentito descrivere, anzi biasimare, quale un idealista nel commercio: un uomo troppo ardito, convinto di poter conquistare il mondo con la sua attività.
Il se souvenait l'avoir entendu décrire, voire critiquer, comme un idéaliste en affaires : un homme trop audacieux, convaincu qu'il pouvait conquérir le monde par son activité.
Infine, dalle persone con le quali aveva da fare giornalmente nel suo impiego, aveva saputo che quell’arditezza era costata cara al Merighi il quale aveva finito col dover liquidare la sua azienda in condizioni disastrose.
Finalement, des personnes avec lesquelles il traitait quotidiennement dans le cadre de son travail, il apprit que cette audace avait coûté cher à Merighi, qui avait fini par devoir liquider son entreprise dans des conditions désastreuses.
Il Sorniani perciò parlava al vento perchè Emilio ora credeva di poter conoscere con esattezza l’accaduto.
Sorniani parlait donc à tort et à travers, car Emilio croyait désormais pouvoir savoir exactement ce qui s'était passé.
Al Merighi impoverito e sfiduciato era mancato il coraggio di fondare una nuova famiglia e così Angiolina, che doveva diventare la donna borghese ricca e seria, finiva nelle sue mani, un giocattolo. Ne sentì una profonda compassione.
Désemparé et abattu, Merighi n'avait pas le courage de fonder une nouvelle famille, et Angiolina, qui était censée devenir une riche et sérieuse bourgeoise, finit par tomber entre ses mains, comme un jouet. Il éprouvait pour elle une profonde compassion.
Il Sorniani aveva assistito egli stesso a delle manifestazioni d’amore del Merighi.
Sorniani avait lui-même été témoin de certaines démonstrations d'amour de Merighi.
Lo aveva visto, parecchie volte, di domenica, sulla soglia della chiesa di Sant’Antonio Vecchio, attendere lungamente che ella avesse fatte le sue preghiere inginocchiata presso all’altare, tutt’assorto a guardare quella testa bionda, lucente anche nella penombra.
Elle l'avait vu, plusieurs fois, le dimanche, sur le seuil de l'église Sant'Antonio Vecchio, attendant longtemps qu'elle ait fini ses prières, agenouillé près de l'autel, complètement absorbé par la contemplation de cette tête blonde, qui brillait même dans la pénombre.
— Due adorazioni — pensò commosso il Brentani cui era già facile d’intuire la tenerezza dalla quale il Merighi era inchiodato sulla soglia di quella chiesa.
— Deux adorations — pensa Brentani, ému, qui pouvait déjà aisément pressentir la tendresse avec laquelle Merighi était cloué au seuil de cette église.
— Un imbecille — concluse il Sorniani.
« Un imbécile », conclut Sorniani.
L’importanza dell’avventura crebbe agli occhi d’Emilio per le comunicazioni del Sorniani. L’attesa del giovedì in cui doveva rivederla divenne febbrile, e l’impazienza lo rese ciarliero.
L'importance de cette aventure grandissait aux yeux d'Emilio grâce aux messages de Sorniani. L'attente du jeudi où il devait la revoir devint fiévreuse, et l'impatience le rendait bavard.
Il suo più intimo amico, un certo Balli, scultore, seppe dell’incontro subito il giorno dopo ch’era avvenuto. — Perchè non potrei divertirmi un poco anch’io, quando posso farlo tanto a buon mercato? — aveva chiesto Emilio.
Son ami le plus proche, un certain Balli, sculpteur, apprit la nouvelle de cette rencontre dès le lendemain. « Pourquoi ne pas en profiter moi aussi, surtout à si bas prix ? » demanda Emilio.
Il Balli stette a udirlo con l’aspetto più evidente della meraviglia. Era l’amico del Brentani da oltre dieci anni, e per la prima volta lo vedeva accalorarsi per una donna.
Balli écoutait avec un étonnement évident. Il était l'ami de Brentani depuis plus de dix ans, et pour la première fois, il le voyait s'enthousiasmer pour une femme.
Se ne impensierì scorgendo subito il pericolo da cui il Brentani era minacciato.
Il s'inquiéta en constatant immédiatement le danger qui menaçait Brentani.
L’altro protestò: — Io in pericolo, alla mia età e con la mia esperienza? — Il Brentani parlava spesso della sua esperienza.
L'autre protesta : « Moi, en danger, à mon âge et avec mon expérience ? » Brentani parlait souvent de son expérience.
Ciò ch’egli credeva di poter chiamare così era qualche cosa ch’egli aveva succhiato dai libri, una grande diffidenza e un grande disprezzo dei propri simili.
Ce qu'il pensait pouvoir appeler cela, il l'avait appris dans les livres : une grande méfiance et un profond mépris envers ses semblables.
Il Balli invece aveva impiegati meglio i suoi quarant’anni sonati, e la sua esperienza lo rendeva competente a giudicare di quella dell’amico.
Balli, pour sa part, avait mieux utilisé ses quarante années, et son expérience le rendait compétent pour juger celle de son ami.
Era men colto, ma aveva sempre avuto su lui una specie d’autorità paterna, consentita, voluta da Emilio, il quale, ad onta del suo destino poco lieto ma per nulla minaccioso, e della sua vita in cui non v’era niente di imprevisto, abbisognava di puntelli per sentirsi sicuro.
Il était moins cultivé, mais il avait toujours exercé sur lui une sorte d'autorité paternelle, consentie et désirée par Emilio qui, malgré son destin malheureux mais nullement menaçant, et sa vie sans imprévus, avait besoin de repères pour se sentir en sécurité.
Stefano Balli era un uomo alto e forte, l’occhio azzurro giovanile su una di quelle faccie dalla cera bronzina che non invecchiano: unica traccia della sua età era la brizzolatura dei capelli castani — la barba appuntata con precisione, tutta la figura corretta e un po’ dura.
Stefano Balli était un homme grand et fort, avec des yeux bleus juvéniles sur un visage au teint de bronze qui ne vieillit jamais : le seul signe de son âge était le grisonnement de ses cheveux bruns, sa barbe soigneusement taillée, sa silhouette entière correcte et un peu dure.
Era talvolta dolce il suo occhio da osservatore quando lo animava la curiosità o la compassione, ma diveniva durissimo nella lotta e nella discussione più futile.
Son regard était parfois doux lorsqu'il était observateur, lorsqu'il était animé par la curiosité ou la compassion, mais il devenait très dur lors des disputes et des discussions les plus futiles.
Il successo non era arriso nemmeno a lui. Qualche giuria, respingendo i suoi bozzetti, ne aveva lodata questa o quella parte, ma nessun suo lavoro aveva trovato posto su qualcuna delle tante piazze d’Italia.
Le succès ne lui avait pas non plus souri. Quelques jurys, rejetant ses croquis, avaient certes loué tel ou tel aspect, mais aucune de ses œuvres n'avait trouvé sa place dans les nombreux espaces d'exposition italiens.
Egli però non aveva mai sentito l’abbattimento dell’insuccesso.
Mais il n'avait jamais ressenti le découragement de l'échec.
S’accontentava del consenso di qualche singolo artista ritenendo che la propria originalità dovesse impedirgli il successo largo, l’approvazione delle masse, e aveva continuato a correre la sua via dietro a un certo ideale di spontaneità, a una ruvidezza voluta, a una semplicità o, come egli diceva, perspicuità d’idea da cui credeva dovesse risultare il suo «io» artistico depurato da tutto ciò ch’era idea o forma altrui.
Il se contentait de l'approbation de quelques artistes isolés, estimant que sa propre originalité l'empêcherait d'atteindre un succès généralisé et l'approbation des masses, et il avait continué à poursuivre un certain idéal de spontanéité, une rudesse délibérée, une simplicité ou, comme il le disait, une clarté d'idée d'où, selon lui, son « moi » artistique devait émerger, purifié de tout ce qui était l'idée ou la forme des autres.
Non ammetteva che il risultato del suo lavoro potesse avvilirlo, ma i ragionamenti non lo avrebbero salvato dallo sconforto, se un successo personale inaudito non gli avesse date delle soddisfazioni ch’egli celava, anzi negava, ma che aiutavano non poco a tener eretta la sua bella figura slanciata.
Il n'admettait pas que le résultat de son travail puisse le décourager, mais la raison ne l'aurait pas sauvé du désespoir, si un succès personnel sans précédent ne lui avait pas procuré des satisfactions qu'il cachait, voire niait, mais qui contribuaient grandement à maintenir sa belle silhouette svelte.
L’amore delle donne era per lui qualcosa di più che una soddisfazione di vanità ad onta che, ambizioso, prima di tutto, egli non sapesse amare.
Pour lui, l'amour des femmes était bien plus qu'une simple satisfaction de sa vanité, même si, malgré son ambition, il ne savait pas aimer.
Era il successo quello o gli somigliava di molto; per amore dell’artista le donne amavano anche l’arte sua che pure era tanto poco femminea.
C'était le succès, ou quelque chose de très similaire ; pour le bien de l'artiste, les femmes aimaient aussi son art, qui était si peu féminin.
Così, avendo profondissima la convinzione della propria genialità, e sentendosi ammirato e amato, egli conservava con tutta naturalezza il suo contegno di persona superiore.
Ainsi, profondément convaincu de son propre génie et se sentant admiré et aimé, il conserva naturellement son attitude supérieure.
In arte aveva dei giudizi aspri e imprudenti, in società un contegno poco riguardoso. Gli uomini lo amavano poco ed egli non avvicinava che coloro cui aveva saputo imporsi.
En matière d'art, ses jugements étaient durs et imprudents, et en société, son attitude irrespectueuse. Il était peu apprécié et ne fréquentait que ceux qu'il était parvenu à impressionner.
Circa dieci anni prima, s’era trovato fra’ piedi Emilio Brentani, allora giovinetto, un egoista come lui ma meno fortunato, e aveva preso a volergli bene.
Une dizaine d'années auparavant, il avait fait la connaissance d'Emilio Brentani, alors jeune homme, égoïste comme lui mais moins chanceux, et il avait commencé à l'apprécier.
Da principio lo predilesse soltanto per la ragione che se ne sentiva ammirato; molto più tardi l’abitudine glielo rese caro, indispensabile. La loro relazione ebbe l’impronta dal Balli.
Au début, il le favorisait simplement par admiration ; bien plus tard, l’habitude le rendit attachant, indispensable. Leur relation fut façonnée par Balli.
Divenne più intima di quanto Emilio per prudenza avrebbe desiderato, intima come tutte le poche relazioni dello scultore, e i loro rapporti intellettuali restarono ristretti alle arti rappresentative nelle quali andavano perfettamente d’accordo perchè in quelle arti esisteva una sola idea, quella cui s’era votato il Balli, la riconquista della semplicità o ingenuità che i cosidetti classici ci avevano rubate.
Leur relation devint plus intime qu'Emilio ne l'aurait prudemment souhaité, aussi intime que toutes les rares relations du sculpteur, et leurs relations intellectuelles restèrent limitées aux arts représentatifs sur lesquels ils étaient en parfait accord, car dans ces arts n'existait qu'une seule idée, celle à laquelle Balli s'était consacré, la reconquête de la simplicité ou de l'ingénue que les soi-disant classiques nous avaient volée.
Accordo facile; il Balli insegnava, l’altro non sapeva neppure apprendere.
Accord facile ; Balli enseignait, l’autre ne savait même pas comment apprendre.
Fra loro non si parlava mai delle teorie letterarie complesse di Emilio, poichè il Balli detestava tutto ciò che ignorava, ed Emilio subì l’influenza dell’amico persino nel modo di camminare, parlare, gestire.
Entre eux, ils n'ont jamais parlé des théories littéraires complexes d'Emilio, car Balli détestait tout ce qu'il ignorait, et Emilio était influencé par son ami jusque dans sa façon de marcher, de parler et de gesticuler.
Uomo nel vero senso della parola, il Balli non riceveva e quando si trovava accanto il Brentani, poteva avere la sensazione d’essere accompagnato da una delle tante femmine a lui soggette.
Balli, un homme au sens propre du terme, ne reçut rien et, lorsqu'il se retrouva auprès de Brentani, il eut la sensation d'être accompagné par l'une des nombreuses femmes qui lui étaient soumises.
— Infatti — disse dopo di aver uditi da Emilio tutti i particolari dell’avventura, — un certo pericolo non dovrebbe esserci.
— En fait, dit-il après avoir entendu tous les détails de l'aventure racontés par Emilio, — il ne devrait y avoir aucun danger.
Il carattere dell’avventura è già fissato da quell’ombrellino scivolato tanto opportunamente di mano e dall’appuntamento subito accordato.
La nature de l'aventure est déjà définie par ce parapluie qui m'a glissé si opportunément des mains et par le rendez-vous aussitôt pris.
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