Le Grand Meaulnes

Le Grand Meaulnes

El gran Meaulnes

Alain-Fournier · 1913 · 4 capítulos

Una novela nostálgica sobre la juventud perdida y el amor imposible.

Lee el comienzo

El texto original, cada línea seguida de su traducción.

Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…

Llegó a nuestra casa un domingo de noviembre de 189…

Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.

Sigo diciendo "hogar", aunque la casa ya no nos pertenece. Nos fuimos del país hace casi quince años y, sin duda, nunca volveremos.

Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours Supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours Moyen.

Vivíamos en los edificios del Curso Superior de Sainte-Agathe. Mi padre, a quien llamaba Sr. Seurel, al igual que los demás estudiantes, dirigía tanto el Curso Superior, donde se preparaba para el certificado de magisterio, como el Curso Medio.

Ma mère faisait la petite classe.

Mi madre enseñaba en los grados inferiores.

Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg ; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs…

Una casa larga y roja, con cinco puertas de cristal, bajo una enredadera de Virginia, en el límite del pueblo; un inmenso patio con pasillos cubiertos y un lavadero, que se abría al pueblo a través de una gran puerta; en el lado norte, la carretera con una pequeña puerta que conducía a la estación de tren, a tres kilómetros de distancia; al sur y detrás, campos, jardines y prados que se extendían hasta los suburbios…

tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie — demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures.

Éste es el plano básico de esta casa en la que transcurrieron los días más atormentados y queridos de mi vida, una casa de donde partieron nuestras aventuras y volvieron a romper, como olas en una roca desierta.

Le hasard des « changements », une décision d’inspecteur ou de préfet nous avaient conduits là.

La casualidad de un “cambio”, una decisión de un inspector o de un prefecto nos había traído hasta aquí.

Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui précédait notre ménage, nous avait déposés, ma mère et moi, devant la petite grille rouillée.

Hacia el final de las vacaciones, hace mucho tiempo, el coche de un granjero, que iba delante de nuestra casa, nos dejó a mi madre y a mí delante de la pequeña puerta oxidada.

Des gamins qui volaient des pêches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie…

Unos niños que habían estado robando melocotones del jardín habían escapado silenciosamente a través de los agujeros del seto…

Ma mère, que nous appelions Millie, et qui était bien la ménagère la plus méthodique que j’aie jamais connue, était entrée aussitôt dans les pièces remplies de paille poussiéreuse, et tout de suite elle avait constaté avec désespoir, comme à chaque « déplacement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite…

Mi madre, a quien llamábamos Millie, y que era de lejos la ama de casa más metódica que he conocido, entró inmediatamente en las habitaciones llenas de paja polvorienta, y de inmediato se dio cuenta con desesperación, como en cada "mudanza", de que nuestros muebles nunca cabrían en una casa tan mal construida...

Elle était sortie pour me confier sa détresse. Tout en me parlant, elle avait essuyé doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage.

Había salido a confiarme su angustia. Mientras me hablaba, me secó suavemente el rostro infantil, oscurecido por el viaje, con su pañuelo.

Puis elle était rentrée faire le compte de toutes les ouvertures qu’il allait falloir condamner pour rendre le logement habitable…

Luego volvió adentro para contar todas las aberturas que habría que sellar para que el apartamento fuera habitable…

Quant à moi, coiffé d’un grand chapeau de paille à rubans, j’étais resté là, sur le gravier de cette cour étrangère, à attendre, à fureter petitement autour du puits et sous le hangar.

Yo, que llevaba un gran sombrero de paja con cintas, me quedé allí, sobre la grava de ese patio extranjero, esperando, husmeando alrededor del pozo y debajo del cobertizo.

C’est ainsi, du moins, que j’imagine aujourd’hui notre arrivée.

Así al menos es como imagino nuestra llegada hoy.

Car aussitôt que je veux retrouver le lointain souvenir de cette première soirée d’attente dans notre cour de Sainte-Agathe, déjà ce sont d’autres attentes que je me rappelle ; déjà, les deux mains appuyées aux barreaux du portail, je me vois épiant avec anxiété quelqu’un qui va descendre la grand’rue.

Porque tan pronto como quiero evocar el lejano recuerdo de aquella primera noche de espera en nuestro patio de Sainte-Agathe, ya me vienen a la mente otras expectativas; ya, con las dos manos apoyadas en los barrotes de la verja, me veo espiando ansiosamente a alguien que va a bajar por la calle principal.

Et si j’essaie d’imaginer la première nuit que je dus passer dans ma mansarde, au milieu des greniers du premier étage, déjà ce sont d’autres nuits que je me rappelle ; je ne suis plus seul dans cette chambre ; une grande ombre inquiète et amie passe le long des murs et se promène.

Y si trato de imaginar la primera noche que tuve que pasar en mi desván, en medio de los desvanes del primer piso, ya recuerdo otras noches; ya no estoy solo en esta habitación; una sombra grande, ansiosa y amigable pasa por las paredes y deambula.

Tout ce paysage paisible — l’école, le champ du père Martin, avec ses trois noyers, le jardin dès quatre heures envahi chaque jour par des femmes en visite — est à jamais, dans ma mémoire, agité, transformé par la présence de celui qui bouleversa toute notre adolescence et dont la fuite même ne nous a pas laissé de repos.

Todo este paisaje apacible —la escuela, el campo del Padre Martín con sus tres nogales, el jardín invadido todos los días por mujeres de visita a partir de las cuatro— está para siempre, en mi memoria, agitado, transformado por la presencia de aquel que trastornó toda nuestra adolescencia y cuya misma huida no nos dejó descanso.

Nous étions pourtant depuis dix ans dans ce pays lorsque Meaulnes arriva.

Sin embargo, llevábamos diez años en este país cuando llegó Meaulnes.

J’avais quinze ans. C’était un froid dimanche de novembre, le premier jour d’automne qui fît songer à l’hiver. Toute la journée, Millie avait attendu une voiture de La Gare qui devait lui apporter un chapeau pour la mauvaise saison.

Tenía quince años. Era un domingo frío de noviembre, el primer día de otoño que evocaba el invierno. Millie llevaba todo el día esperando un coche de la estación de tren que supuestamente le traería un sombrero para el mal tiempo.

Le matin, elle avait manqué la messe ; et jusqu’au sermon, assis dans le chœur avec les autres enfants, j’avais regardé anxieusement du côté des cloches, pour la voir entrer avec son chapeau neuf.

Por la mañana había faltado a misa; y hasta el sermón, sentado en el coro con los otros niños, había mirado ansiosamente hacia las campanas, para verla entrar con su sombrero nuevo.

Après midi, je dus partir seul à vêpres.

Por la tarde tuve que salir solo para vísperas.

— D’ailleurs, me dit-elle, pour me consoler, en brossant de sa main mon costume d’enfant, même s’il était arrivé, ce chapeau, il aurait bien fallu, sans doute, que je passe mon dimanche à le refaire.

—Además —me dijo, para consolarme, rozando con la mano el disfraz de mi niño—, incluso si hubiera llegado ese sombrero, probablemente habría tenido que pasar el domingo rehaciéndolo.

Souvent nos dimanches d’hiver se passaient ainsi.

A menudo nuestros domingos de invierno los pasábamos así.

Dès le matin, mon père s’en allait au loin, sur le bord de quelque étang couvert de brume, pêcher le brochet dans une barque ; et ma mère, retirée jusqu’à la nuit dans sa chambre obscure, rafistolait d’humbles toilettes.

Desde primera hora de la mañana, mi padre se iba lejos, a la orilla de algún estanque brumoso, a pescar lucios en una barca; y mi madre, retirada hasta la noche en su cuarto oscuro, remendaba ropas humildes.

Elle s’enfermait ainsi de crainte qu’une dame de ses amies, aussi pauvre qu’elle mais aussi fière, vînt la surprendre.

Se encerró así por miedo a que una amiga suya, tan pobre como ella pero también orgullosa, viniera y la sorprendiera.

Et moi, les vêpres finies, j’attendais, en lisant dans la froide salle à manger, qu’elle ouvrît la porte pour me montrer comment ça lui allait.

Y yo, terminadas las vísperas, esperé, leyendo en el frío comedor, a que abriera la puerta para enseñarme cómo le quedaba.

Ce dimanche-là, quelque animation devant l’église me retint dehors après vêpres. Un baptême, sous le porche, avait attroupé des gamins.

Ese domingo, una actividad frente a la iglesia me mantuvo afuera después de vísperas. Un bautizo, bajo el pórtico, había reunido a un grupo de niños.

Sur la place, plusieurs hommes du bourg avaient revêtu leurs vareuses de pompiers ; et, les faisceaux formés, transis et battant la semelle, ils écoutaient Boujardon, le brigadier, s’embrouiller dans la théorie…

En la plaza, varios hombres del pueblo se habían puesto sus chaquetas de bomberos; y, formando bultos, temblando y golpeando el suelo con los pies, escuchaban a Boujardon, el brigadier, enredarse en la teoría…

Le carillon du baptême s’arrêta soudain, comme une sonnerie de fête qui se serait trompée de jour et d’endroit ; Boujardon et ses hommes, l’arme en bandoulière, emmenèrent la pompe au petit trot ; et je les vis disparaître au premier tournant, suivis de quatre gamins silencieux, écrasant de leurs grosses semelles les brindilles de la route givrée où je n’osais pas les suivre.

Las campanas bautismales cesaron de repente, como una campana de fiesta que se hubiera equivocado de día y de lugar; Boujardon y sus hombres, con las armas al hombro, se llevaron la bomba al trote; y los vi desaparecer en la primera curva, seguidos por cuatro niños silenciosos, aplastando con sus pesadas suelas las ramitas del camino helado, por donde no me atreví a seguirlos.

Dans le bourg, il n’y eut plus alors de vivant que le café Daniel, où j’entendais sourdement monter puis s’apaiser les discussions des buveurs.

En el pueblo lo único que quedaba vivo era el Café Daniel, desde donde se oían vagamente las discusiones de los bebedores que iban aumentando y luego disminuyendo.

Et, frôlant le mur bas de la grande cour qui isolait notre maison du village, j’arrivai, un peu anxieux de mon retard, à la petite grille.

Y, rozando el muro bajo del gran patio que aislaba nuestra casa del pueblo, llegué, un poco inquieto por mi retraso, al pequeño portón.

Elle était entr’ouverte et je vis aussitôt qu’il se passait quelque chose d’insolite.

Estaba entreabierta y enseguida vi que algo raro estaba pasando.

En effet, à la porte de la salle à manger — la plus rapprochée des cinq portes vitrées qui donnaient sur la cour — une femme aux cheveux gris, penchée, cherchait à voir au travers des rideaux.

De hecho, en la puerta del comedor —la más cercana de las cinco puertas de cristal que daban al patio— una mujer de cabello gris, inclinada, intentaba ver a través de las cortinas.

Elle était petite, coiffée d’une capote de velours noir à l’ancienne mode. Elle avait un visage maigre et fin, mais ravagé par l’inquiétude ; et je ne sais quelle appréhension, à sa vue, m’arrêta sur la première marche, devant la grille.

Era menuda, con una capa anticuada de terciopelo negro. Tenía un rostro delgado y delicado, pero desfigurado por la preocupación; y no sé qué aprensión, al verla, me detuvo en el primer paso, frente a la verja.

— Où est-il passé ? mon Dieu ! disait-elle à mi-voix. Il était avec moi tout à l’heure. Il a déjà fait le tour de la maison. Il s’est peut-être sauvé…

¿Dónde se ha metido? ¡Dios mío! —dijo en voz baja—. Estaba conmigo hace un momento. Ya ha dado vueltas por toda la casa. Quizá se ha escapado...

Et, entre chaque phrase, elle frappait au carreau trois petits coups à peine perceptibles.

Y entre cada frase, daba tres pequeños golpes apenas perceptibles en el cristal de la ventana.

Personne ne venait ouvrir à la visiteuse inconnue.

Nadie vino a abrir la puerta al visitante desconocido.

Millie, sans doute, avait reçu le chapeau de La Gare, et sans rien entendre, au fond de la chambre rouge, devant un lit semé de vieux rubans et de plumes défrisées, elle cousait, décousait, rebâtissait sa médiocre coiffure…

Millie, sin duda, había recibido el sombrero de La Gare, y sin oír nada, al fondo de la habitación roja, frente a una cama sembrada de cintas viejas y plumas sin alisar, cosía, descosía y rehacía su mediocre peinado…

En effet, lorsque j’eus pénétré dans la salle à manger, immédiatement suivi de la visiteuse, ma mère apparut tenant à deux mains sur sa tête des fils de laiton, des rubans et des plumes, qui n’étaient pas encore parfaitement équilibrés…

En efecto, cuando entré en el comedor, seguida inmediatamente por el visitante, apareció mi madre sosteniendo con ambas manos, que aún no estaban perfectamente equilibradas, alambres de latón, cintas y plumas sobre su cabeza…

Elle me sourit, de ses yeux bleus fatigués d’avoir travaillé à la chute du jour, et s’écria :

Ella me sonrió, sus ojos azules cansados ​​de trabajar hasta el anochecer, y exclamó:

— Regarde ! Je t’attendais pour te montrer…

—¡Mira! Te estaba esperando para enseñarte…

Mais, apercevant cette femme assise dans le grand fauteuil, au fond de la salle, elle s’arrêta, déconcertée.

Pero, al notar a esa mujer sentada en el gran sillón al fondo de la sala, se detuvo desconcertada.

Bien vite, elle enleva sa coiffure, et, durant toute la scène qui suivit, elle la tint contre sa poitrine, renversée comme un nid dans son bras droit replié.

Se quitó rápidamente el tocado y, durante toda la escena que siguió, lo sostuvo contra su pecho, boca abajo, como un nido en su brazo derecho doblado.

La femme à la capote, qui gardait, entre ses genoux, un parapluie et un sac de cuir, avait commencé de s’expliquer, en balançant légèrement la tête et en faisant claquer sa langue comme une femme en visite. Elle avait repris tout son aplomb.

La mujer de la capucha, que sostenía un paraguas y una bolsa de cuero entre las rodillas, había empezado a explicarse, sacudiendo ligeramente la cabeza y chasqueando la lengua como una visitante. Había recuperado la compostura.

Elle eut même, dès qu’elle parla de son fils, un air supérieur et mystérieux qui nous intrigua.

Tenía incluso, cuando hablaba de su hijo, un aire superior y misterioso que nos intrigaba.

Ils étaient venus tous les deux, en voiture, de La Ferté-d’Angillon, à quatorze kilomètres de Sainte-Agathe.

Ambos habían llegado en coche desde La Ferté-d’Angillon, a catorce kilómetros de Sainte-Agathe.

Veuve — et fort riche, à ce qu’elle nous fit comprendre — elle avait perdu le cadet de ses deux enfants, Antoine, qui était mort un soir au retour de l’école, pour s’être baigné avec son frère dans un étang malsain.

Viuda —y muy rica, según nos hizo entender— había perdido al menor de sus dos hijos, Antoine, que murió una tarde cuando volvía de la escuela, después de haberse bañado con su hermano en un estanque insalubre.

Elle avait décidé de mettre l’aîné, Augustin, en pension chez nous pour qu’il pût suivre le Cours Supérieur.

Había decidido enviar al mayor, Agustín, a alojarse con nosotros para que pudiera asistir al Curso Superior.

Et aussitôt elle fit l’éloge de ce pensionnaire qu’elle nous amenait.

Y de inmediato elogió a este huésped que nos había traído.

Je ne reconnaissais plus la femme aux cheveux gris, que j’avais vue courbée devant la porte, une minute auparavant, avec cet air suppliant et hagard de poule qui aurait perdu l’oiseau sauvage de sa couvée.

Ya no reconocía a la mujer de cabellos grises que un minuto antes había visto inclinada frente a la puerta, con esa mirada suplicante y demacrada de una gallina que ha perdido a su ave salvaje.

Ce qu’elle contait de son fils avec admiration était fort surprenant : il aimait à lui faire plaisir, et parfois il suivait le bord de la rivière, jambes nues, pendant des kilomètres, pour lui rapporter des œufs de poules d’eau, de canards sauvages, perdus dans les ajoncs…

Lo que contaba con admiración sobre su hijo era bastante sorprendente: le gustaba complacerla y a veces caminaba por la orilla del río, con las piernas desnudas, durante kilómetros, para traerle huevos de pollas de agua, de patos salvajes, perdidos entre los tojos...

Il tendait aussi des nasses… L’autre nuit, il avait découvert dans le bois une faisane prise au collet…

También puso trampas… La otra noche, había descubierto un faisán atrapado en una trampa en el bosque…

Moi qui n’osais plus rentrer à la maison quand j’avais un accroc à ma blouse, je regardais Millie avec étonnement.

Yo, que ya no me atrevía a volver a casa cuando tenía un nudo en la blusa, miré a Millie con asombro.

Mais ma mère n’écoutait plus. Elle fit même signe à la dame de se taire ; et, déposant avec précaution son « nid » sur la table, elle se leva silencieusement comme pour aller surprendre quelqu’un…

Pero mi madre ya no escuchaba. Incluso le hizo un gesto a la señora para que se callara; y, dejando con cuidado su "nido" sobre la mesa, se levantó en silencio como si fuera a sorprender a alguien...

Au-dessus de nous, en effet, dans un réduit où s’entassaient les pièces d’artifice noircies du dernier Quatorze Juillet, un pas inconnu, assuré, allait et venait, ébranlant le plafond, traversait les immenses greniers ténébreux du premier étage, et se perdait enfin vers les chambres d’adjoints abandonnées où l’on mettait sécher le tilleul et mûrir les pommes.

Sobre nosotros, en efecto, en una pequeña habitación donde se amontonaban los ennegrecidos fuegos artificiales del último 14 de julio, un paso desconocido, seguro, iba y venía, sacudiendo el techo, atravesaba los inmensos y oscuros desvanes del primer piso y finalmente desaparecía hacia las abandonadas habitaciones de los diputados donde se dejaba secar el tilo y madurar las manzanas.

— Déjà, tout à l’heure, j’avais entendu ce bruit dans les chambres du bas, dit Millie à mi-voix, et je croyais que c’était toi, François, qui étais rentré…

—Ya oí ese ruido en las habitaciones de abajo —dijo Millie en voz baja—, y pensé que eras tú, François, el que había vuelto…

Personne ne répondit.

Nadie respondió.

Nous étions debout tous les trois, le cœur battant, lorsque la porte des greniers qui donnait sur l’escalier de la cuisine s’ouvrit ; quelqu’un descendit les marches, traversa la cuisine, et se présenta dans l’entrée obscure de la salle à manger.

Los tres estábamos allí de pie, con el corazón latiéndole con fuerza, cuando la puerta del ático que conducía a las escaleras de la cocina se abrió; alguien bajó las escaleras, cruzó la cocina y apareció en la oscura entrada del comedor.

— C’est toi, Augustin ? dit la dame.

"¿Eres tú, Agustín?" dijo la señora.

C’était un grand garçon de dix-sept ans environ. Je ne vis d’abord de lui, dans la nuit tombante, que son chapeau de feutre paysan coiffé en arrière et sa blouse noire sanglée d’une ceinture comme en portent les écoliers.

Era un chico alto, de unos diecisiete años. Al principio, al caer la noche, solo vi su sombrero de fieltro campesino, llevado al revés, y su blusa negra ceñida con una faja como las que usan los escolares.

Je pus distinguer aussi qu’il souriait…

También pude ver que estaba sonriendo…

Il m’aperçut, et, avant que personne eût pu lui demander aucune explication :

Él se fijó en mí y antes de que alguien pudiera pedirle alguna explicación:

— Viens-tu dans la cour ? dit-il.

"¿Vas a entrar al patio?" dijo.

J’hésitai une seconde. Puis, comme Millie ne me retenait pas, je pris ma casquette et j’allai vers lui. Nous sortîmes par la porte de la cuisine et nous allâmes au préau, que l’obscurité envahissait déjà.

Dudé un segundo. Luego, como Millie no me retenía, agarré mi gorra y fui hacia él. Salimos por la puerta de la cocina y entramos al patio, que ya estaba envuelto en oscuridad.

À la lueur de la fin du jour, je regardais, en marchant, sa face anguleuse au nez droit, à la lèvre duvetée.

A medida que caminaba, a la luz del día que se desvanecía, observé su rostro anguloso, de nariz recta y labio velloso.

— Tiens, dit-il, j’ai trouvé ça dans ton grenier. Tu n’y avais donc jamais regardé ?

"Oye", dijo, "Encontré esto en tu ático. ¿Nunca habías mirado ahí antes?"

Il tenait à la main une petite roue en bois noirci ; un cordon de fusées déchiquetées courait tout autour ; ç’avait dû être le soleil ou la lune au feu d’artifice du Quatorze Juillet.

Tenía en la mano una pequeña rueda de madera ennegrecida; a su alrededor corría una hilera de cohetes destrozados: debía de ser el sol o la luna en los fuegos artificiales del 14 de julio.

— Il y en a deux qui ne sont pas parties : nous allons toujours les allumer, dit-il d’un ton tranquille et de l’air de quelqu’un qui espère bien trouver mieux par la suite.

—Hay dos que no se han ido: igual los encenderemos, dijo en tono tranquilo y con el aire de quien espera encontrar algo mejor más adelante.

Il jeta son chapeau par terre et je vis qu’il avait les cheveux complètement ras comme un paysan. Il me montra les deux fusées avec leurs bouts de mèche en papier que la flamme avait coupés, noircis, puis abandonnés.

Tiró su sombrero al suelo y vi que tenía la cabeza completamente rapada, como un campesino. Me mostró los dos cohetes con sus mechas de papel, que la llama había cortado, ennegrecido y luego abandonado.

Il planta dans le sable le moyeu de la roue, tira de sa poche — à mon grand étonnement, car cela nous était formellement interdit — une boîte d’allumettes. Se baissant avec précaution, il mit le feu à la mèche.

Clavó el cubo de la rueda en la arena y luego sacó una caja de cerillas del bolsillo, para mi gran sorpresa, pues estaba estrictamente prohibido. Agachándose con cuidado, encendió la mecha.

Puis, me prenant par la main, il m’entraîna vivement en arrière.

Luego, tomándome de la mano, rápidamente me jaló hacia atrás.

Un instant après, ma mère qui sortait sur le pas de la porte, avec la mère de Meaulnes, après avoir débattu et fixé le prix de pension, vit jaillir sous le préau, avec un bruit de soufflet, deux gerbes d’étoiles rouges et blanches ; et elle put m’apercevoir, l’espace d’une seconde, dressé dans la lueur magique, tenant par la main le grand gars nouveau venu et ne bronchant pas…

Un momento después, mi madre, que salía al umbral con la madre de Meaulnes, después de haber debatido y fijado el precio del internado, vio dos estallidos de estrellas rojas y blancas surgir bajo el patio de la escuela, con un ruido como de fuelle; y pudo verme, por un segundo, de pie en el resplandor mágico, sosteniendo de la mano al recién llegado y sin inmutarme...

Cette fois encore, elle n’osa rien dire.

Una vez más, no se atrevió a decir nada.

Et le soir, au dîner, il y eut, à la table de famille, un compagnon silencieux, qui mangeait, la tête basse, sans se soucier de nos trois regards fixés sur lui.

Y por la noche, en la cena, había, en la mesa familiar, un compañero silencioso, que comía con la cabeza gacha, sin preocuparse de nuestras tres miradas fijas en él.

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