
Le Grand Meaulnes
Der große Meaulnes
Alain-Fournier · 1913 · 4 Kapitel
Ein nostalgischer Roman über verlorene Jugend und unmögliche Liebe.
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Der Originaltext, jede Zeile gefolgt von ihrer Übersetzung.
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…
Er kam an einem Sonntag im November 189… zu uns nach Hause.
Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Ich sage immer noch „Zuhause“, obwohl uns das Haus nicht mehr gehört. Wir haben das Land vor fast fünfzehn Jahren verlassen und werden ganz sicher nie zurückkehren.
Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours Supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours Moyen.
Wir wohnten in den Gebäuden des Höheren Kurses von Sainte-Agathe. Mein Vater, den ich Herrn Seurel nannte, leitete wie die anderen Studenten sowohl den Höheren Kurs, in dem man sich auf das Lehramtsdiplom vorbereitete, als auch den Mittleren Kurs.
Ma mère faisait la petite classe.
Meine Mutter unterrichtete die jüngeren Klassen.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg ; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs…
Ein langes, rotes Haus mit fünf Glastüren, unter Wildem Wein am Dorfrand; ein riesiger Innenhof mit überdachten Gängen und einer Waschküche, der sich durch ein großes Tor zum Dorf hin öffnete; im Norden die Straße mit einem kleinen Tor, die zum drei Kilometer entfernten Bahnhof führte; im Süden und dahinter Felder, Gärten und Wiesen, die sich bis in die Vororte erstreckten…
tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie — demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures.
Dies ist der Grundriss dieses Hauses, in dem die qualvollsten und schönsten Tage meines Lebens verbracht wurden – ein Haus, von dem unsere Abenteuer ausgingen und zu dem sie zurückkehrten, um wie Wellen an einem verlassenen Felsen zu brechen.
Le hasard des « changements », une décision d’inspecteur ou de préfet nous avaient conduits là.
Die Möglichkeit von „Änderungen“, eine Entscheidung eines Inspektors oder Präfekten, hatte uns hierher geführt.
Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui précédait notre ménage, nous avait déposés, ma mère et moi, devant la petite grille rouillée.
Gegen Ende der Ferien, vor langer Zeit, setzte mich und meine Mutter ein Bauernauto, das vor unserem Haus fuhr, vor dem kleinen, rostigen Tor ab.
Des gamins qui volaient des pêches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie…
Einige Kinder, die Pfirsiche aus dem Garten gestohlen hatten, waren unbemerkt durch die Löcher in der Hecke entkommen…
Ma mère, que nous appelions Millie, et qui était bien la ménagère la plus méthodique que j’aie jamais connue, était entrée aussitôt dans les pièces remplies de paille poussiéreuse, et tout de suite elle avait constaté avec désespoir, comme à chaque « déplacement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite…
Meine Mutter, die wir Millie nannten und die mit Abstand die methodischste Hausfrau war, die ich je kennengelernt habe, betrat sofort die mit staubigem Stroh gefüllten Räume und erkannte, wie bei jedem „Umzug“, mit Verzweiflung, dass unsere Möbel niemals in ein so schlecht gebautes Haus passen würden…
Elle était sortie pour me confier sa détresse. Tout en me parlant, elle avait essuyé doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage.
Sie war hinausgegangen, um mir ihr Leid anzuvertrauen. Während sie mit mir sprach, wischte sie mir sanft mit ihrem Taschentuch das von der Reise verdunkelte, kindliche Gesicht ab.
Puis elle était rentrée faire le compte de toutes les ouvertures qu’il allait falloir condamner pour rendre le logement habitable…
Dann ging sie wieder hinein, um alle Öffnungen zu zählen, die abgedichtet werden mussten, damit die Wohnung bewohnbar wurde…
Quant à moi, coiffé d’un grand chapeau de paille à rubans, j’étais resté là, sur le gravier de cette cour étrangère, à attendre, à fureter petitement autour du puits et sous le hangar.
Ich aber, mit einem großen Strohhut mit Bändern auf dem Kopf, war dort auf dem Kies dieses fremden Hofes geblieben, hatte gewartet und den Brunnen und den Bereich unter dem Schuppen erkundet.
C’est ainsi, du moins, que j’imagine aujourd’hui notre arrivée.
So stelle ich mir zumindest unsere heutige Ankunft vor.
Car aussitôt que je veux retrouver le lointain souvenir de cette première soirée d’attente dans notre cour de Sainte-Agathe, déjà ce sont d’autres attentes que je me rappelle ; déjà, les deux mains appuyées aux barreaux du portail, je me vois épiant avec anxiété quelqu’un qui va descendre la grand’rue.
Sobald ich die ferne Erinnerung an jenen ersten Abend des Wartens in unserem Hof in Sainte-Agathe wieder aufleben lassen möchte, erinnere ich mich schon an andere Erwartungen; schon sehe ich mich, mit beiden Händen auf den Gitterstäben des Tores, ängstlich jemanden beobachten, der die Hauptstraße entlangkommen wird.
Et si j’essaie d’imaginer la première nuit que je dus passer dans ma mansarde, au milieu des greniers du premier étage, déjà ce sont d’autres nuits que je me rappelle ; je ne suis plus seul dans cette chambre ; une grande ombre inquiète et amie passe le long des murs et se promène.
Und wenn ich versuche, mir die erste Nacht vorzustellen, die ich auf meinem Dachboden, inmitten der Emporen im ersten Stock, verbringen musste, erinnere ich mich schon an andere Nächte; ich bin nicht mehr allein in diesem Zimmer; ein großer, ängstlicher und freundlicher Schatten huscht an den Wänden entlang und wandert umher.
Tout ce paysage paisible — l’école, le champ du père Martin, avec ses trois noyers, le jardin dès quatre heures envahi chaque jour par des femmes en visite — est à jamais, dans ma mémoire, agité, transformé par la présence de celui qui bouleversa toute notre adolescence et dont la fuite même ne nous a pas laissé de repos.
Diese ganze friedliche Landschaft – die Schule, Pater Martins Feld mit seinen drei Walnussbäumen, der Garten, der jeden Tag ab vier Uhr von besuchenden Frauen bevölkert wurde – ist in meiner Erinnerung für immer aufgewühlt, verwandelt durch die Anwesenheit dessen, der unsere gesamte Jugend auf den Kopf gestellt hat und dessen Flucht uns keine Ruhe ließ.
Nous étions pourtant depuis dix ans dans ce pays lorsque Meaulnes arriva.
Wir waren allerdings schon zehn Jahre in diesem Land, als Meaulnes ankam.
J’avais quinze ans. C’était un froid dimanche de novembre, le premier jour d’automne qui fît songer à l’hiver. Toute la journée, Millie avait attendu une voiture de La Gare qui devait lui apporter un chapeau pour la mauvaise saison.
Ich war fünfzehn Jahre alt. Es war ein kalter Sonntag im November, der erste Herbsttag, der an den Winter denken ließ. Millie hatte den ganzen Tag am Bahnhof auf ein Auto gewartet, das ihr eine Mütze für das schlechte Wetter bringen sollte.
Le matin, elle avait manqué la messe ; et jusqu’au sermon, assis dans le chœur avec les autres enfants, j’avais regardé anxieusement du côté des cloches, pour la voir entrer avec son chapeau neuf.
Am Morgen hatte sie die Messe verpasst; und bis zum Beginn der Predigt hatte ich, während ich mit den anderen Kindern im Chor saß, ängstlich zu den Glocken geblickt, um sie mit ihrem neuen Hut hereinkommen zu sehen.
Après midi, je dus partir seul à vêpres.
Am Nachmittag musste ich allein zur Vesper aufbrechen.
— D’ailleurs, me dit-elle, pour me consoler, en brossant de sa main mon costume d’enfant, même s’il était arrivé, ce chapeau, il aurait bien fallu, sans doute, que je passe mon dimanche à le refaire.
— Außerdem sagte sie zu mir, um mich zu trösten, und strich mit der Hand über das Kostüm meines Kindes, selbst wenn dieser Hut angekommen wäre, hätte ich wahrscheinlich meinen Sonntag damit verbringen müssen, ihn neu zu machen.
Souvent nos dimanches d’hiver se passaient ainsi.
So verbrachten wir oft unsere Wintersonntage.
Dès le matin, mon père s’en allait au loin, sur le bord de quelque étang couvert de brume, pêcher le brochet dans une barque ; et ma mère, retirée jusqu’à la nuit dans sa chambre obscure, rafistolait d’humbles toilettes.
Schon früh am Morgen fuhr mein Vater in die Ferne, an den Rand eines nebligen Teichs, um dort mit einem Boot Hechte zu fischen; und meine Mutter zog sich bis zum Abend in ihr dunkles Zimmer zurück und flickte ihre bescheidenen Kleider.
Elle s’enfermait ainsi de crainte qu’une dame de ses amies, aussi pauvre qu’elle mais aussi fière, vînt la surprendre.
Sie schloss sich so ein, aus Angst, dass eine Freundin von ihr, die zwar arm, aber auch stolz war, sie überraschen würde.
Et moi, les vêpres finies, j’attendais, en lisant dans la froide salle à manger, qu’elle ouvrît la porte pour me montrer comment ça lui allait.
Und ich, nach der Vesper, wartete lesend im kalten Esszimmer darauf, dass sie die Tür öffnete, um mir zu zeigen, wie es an ihr aussah.
Ce dimanche-là, quelque animation devant l’église me retint dehors après vêpres. Un baptême, sous le porche, avait attroupé des gamins.
An jenem Sonntag hielt mich eine Aktivität vor der Kirche nach der Vesper draußen. Unter der Vorhalle hatte sich eine Gruppe Kinder zu einer Taufe versammelt.
Sur la place, plusieurs hommes du bourg avaient revêtu leurs vareuses de pompiers ; et, les faisceaux formés, transis et battant la semelle, ils écoutaient Boujardon, le brigadier, s’embrouiller dans la théorie…
Auf dem Marktplatz hatten sich mehrere Männer aus der Stadt ihre Feuerwehrjacken übergezogen; und in großen Gruppen bildeten sie sich, zitternd und mit den Füßen stampfend, und lauschten Boujardon, dem Brigadier, der sich in Theorien verstrickte…
Le carillon du baptême s’arrêta soudain, comme une sonnerie de fête qui se serait trompée de jour et d’endroit ; Boujardon et ses hommes, l’arme en bandoulière, emmenèrent la pompe au petit trot ; et je les vis disparaître au premier tournant, suivis de quatre gamins silencieux, écrasant de leurs grosses semelles les brindilles de la route givrée où je n’osais pas les suivre.
Die Taufglocken verstummten plötzlich, wie eine festliche Glocke, die sich im Tag und Ort geirrt hatte; Boujardon und seine Männer, die Waffen über die Schultern gehängt, trotteten mit der Pumpe davon; und ich sah sie hinter der ersten Kurve verschwinden, gefolgt von vier stummen Kindern, die mit ihren schweren Sohlen die Zweige der eisigen Straße zertraten, wohin ich mich nicht zu folgen wagte.
Dans le bourg, il n’y eut plus alors de vivant que le café Daniel, où j’entendais sourdement monter puis s’apaiser les discussions des buveurs.
Im Dorf war das Café Daniel das Einzige, was noch lebte. Dort konnte ich die Gespräche der Gäste leise hören, die immer lauter wurden und dann wieder abebbten.
Et, frôlant le mur bas de la grande cour qui isolait notre maison du village, j’arrivai, un peu anxieux de mon retard, à la petite grille.
Und als ich die niedrige Mauer des großen Innenhofs streifte, der unser Haus vom Dorf trennte, kam ich, etwas besorgt über meine Verspätung, am kleinen Tor an.
Elle était entr’ouverte et je vis aussitôt qu’il se passait quelque chose d’insolite.
Die Tür war angelehnt, und ich sah sofort, dass etwas Ungewöhnliches vor sich ging.
En effet, à la porte de la salle à manger — la plus rapprochée des cinq portes vitrées qui donnaient sur la cour — une femme aux cheveux gris, penchée, cherchait à voir au travers des rideaux.
Tatsächlich beugte sich an der Tür des Speisesaals – der nächstgelegenen der fünf Glastüren, die sich zum Innenhof öffneten – eine grauhaarige Frau vor und versuchte, durch die Vorhänge zu spähen.
Elle était petite, coiffée d’une capote de velours noir à l’ancienne mode. Elle avait un visage maigre et fin, mais ravagé par l’inquiétude ; et je ne sais quelle appréhension, à sa vue, m’arrêta sur la première marche, devant la grille.
Sie war klein und trug einen altmodischen schwarzen Samtumhang. Ihr Gesicht war schmal und zart, aber von Sorgen gezeichnet; und ich weiß nicht, welche Besorgnis mich beim Anblick von ihr auf der ersten Stufe vor dem Tor innehalten ließ.
— Où est-il passé ? mon Dieu ! disait-elle à mi-voix. Il était avec moi tout à l’heure. Il a déjà fait le tour de la maison. Il s’est peut-être sauvé…
„Wo ist er nur hin? Mein Gott!“, sagte sie leise. „Er war doch eben noch bei mir. Er ist schon im ganzen Haus herumgelaufen. Vielleicht ist er weggelaufen …“
Et, entre chaque phrase, elle frappait au carreau trois petits coups à peine perceptibles.
Und zwischen jedem Satz klopfte sie dreimal kaum merklich an die Fensterscheibe.
Personne ne venait ouvrir à la visiteuse inconnue.
Niemand kam, um dem unbekannten Besucher die Tür zu öffnen.
Millie, sans doute, avait reçu le chapeau de La Gare, et sans rien entendre, au fond de la chambre rouge, devant un lit semé de vieux rubans et de plumes défrisées, elle cousait, décousait, rebâtissait sa médiocre coiffure…
Millie hatte den Hut zweifellos von La Gare erhalten, und ohne etwas zu hören, nähte, trennte und flickte sie im hinteren Teil des roten Zimmers, vor einem Bett, das mit alten Bändern und unordentlichen Federn übersät war, ihre mittelmäßige Frisur neu…
En effet, lorsque j’eus pénétré dans la salle à manger, immédiatement suivi de la visiteuse, ma mère apparut tenant à deux mains sur sa tête des fils de laiton, des rubans et des plumes, qui n’étaient pas encore parfaitement équilibrés…
Tatsächlich erschien meine Mutter, als ich das Esszimmer betrat, unmittelbar gefolgt vom Besucher, mit beiden Händen Messingdrähte, Bänder und Federn auf dem Kopf, die noch nicht perfekt ausbalanciert waren…
Elle me sourit, de ses yeux bleus fatigués d’avoir travaillé à la chute du jour, et s’écria :
Sie lächelte mich an, ihre blauen Augen müde vom Arbeiten bis zum Einbruch der Dunkelheit, und rief aus:
— Regarde ! Je t’attendais pour te montrer…
— Sieh mal! Ich habe darauf gewartet, dass du es mir zeigst…
Mais, apercevant cette femme assise dans le grand fauteuil, au fond de la salle, elle s’arrêta, déconcertée.
Als sie jedoch die Frau bemerkte, die in dem großen Sessel hinten im Raum saß, blieb sie verunsichert stehen.
Bien vite, elle enleva sa coiffure, et, durant toute la scène qui suivit, elle la tint contre sa poitrine, renversée comme un nid dans son bras droit replié.
Schnell nahm sie ihren Kopfschmuck ab und hielt ihn während der gesamten folgenden Szene verkehrt herum wie ein Nest in ihrem verschränkten rechten Arm an ihre Brust.
La femme à la capote, qui gardait, entre ses genoux, un parapluie et un sac de cuir, avait commencé de s’expliquer, en balançant légèrement la tête et en faisant claquer sa langue comme une femme en visite. Elle avait repris tout son aplomb.
Die Frau mit der Kapuze, die einen Regenschirm und eine Ledertasche zwischen den Knien hielt, begann sich zu erklären, warf dabei leicht den Kopf zurück und schnalzte mit der Zunge wie eine Besucherin. Sie hatte ihre Fassung wiedererlangt.
Elle eut même, dès qu’elle parla de son fils, un air supérieur et mystérieux qui nous intrigua.
Schon als sie von ihrem Sohn sprach, umgab sie eine erhabene und geheimnisvolle Aura, die uns faszinierte.
Ils étaient venus tous les deux, en voiture, de La Ferté-d’Angillon, à quatorze kilomètres de Sainte-Agathe.
Beide waren mit dem Auto aus La Ferté-d’Angillon gekommen, das vierzehn Kilometer von Sainte-Agathe entfernt liegt.
Veuve — et fort riche, à ce qu’elle nous fit comprendre — elle avait perdu le cadet de ses deux enfants, Antoine, qui était mort un soir au retour de l’école, pour s’être baigné avec son frère dans un étang malsain.
Sie war Witwe – und sehr reich, wie sie uns wissen ließ – und hatte ihren jüngeren von zwei Söhnen, Antoine, verloren, der eines Abends auf dem Heimweg von der Schule starb, nachdem er mit seinem Bruder in einem ungesunden Teich gebadet hatte.
Elle avait décidé de mettre l’aîné, Augustin, en pension chez nous pour qu’il pût suivre le Cours Supérieur.
Sie hatte beschlossen, den Ältesten, Augustin, bei uns im Internat unterzubringen, damit er am Höheren Kurs teilnehmen konnte.
Et aussitôt elle fit l’éloge de ce pensionnaire qu’elle nous amenait.
Und sogleich lobte sie diesen Untermieter, den sie uns vorgestellt hatte.
Je ne reconnaissais plus la femme aux cheveux gris, que j’avais vue courbée devant la porte, une minute auparavant, avec cet air suppliant et hagard de poule qui aurait perdu l’oiseau sauvage de sa couvée.
Ich erkannte die grauhaarige Frau nicht wieder, die ich eine Minute zuvor noch vor der Tür gebeugt gesehen hatte, mit diesem flehenden und abgemagerten Blick einer Henne, die ihren wilden Vogel verloren hatte.
Ce qu’elle contait de son fils avec admiration était fort surprenant : il aimait à lui faire plaisir, et parfois il suivait le bord de la rivière, jambes nues, pendant des kilomètres, pour lui rapporter des œufs de poules d’eau, de canards sauvages, perdus dans les ajoncs…
Was sie voller Bewunderung über ihren Sohn erzählte, war ziemlich überraschend: Er wollte ihr gefallen und ging manchmal barfuß kilometerweit am Flussufer entlang, um ihr Eier von Teichhühnern und Wildenten zu bringen, die sich im Ginster verirrt hatten…
Il tendait aussi des nasses… L’autre nuit, il avait découvert dans le bois une faisane prise au collet…
Er stellte auch Fallen auf… Neulich hatte er im Wald einen Fasan entdeckt, der in einer Schlinge gefangen war…
Moi qui n’osais plus rentrer à la maison quand j’avais un accroc à ma blouse, je regardais Millie avec étonnement.
Ich, die ich mich nicht mehr nach Hause traute, wenn meine Bluse einen Riss hatte, blickte Millie erstaunt an.
Mais ma mère n’écoutait plus. Elle fit même signe à la dame de se taire ; et, déposant avec précaution son « nid » sur la table, elle se leva silencieusement comme pour aller surprendre quelqu’un…
Doch meine Mutter hörte nicht mehr zu. Sie bedeutete der Dame sogar, still zu sein; und nachdem sie ihr „Nest“ vorsichtig auf den Tisch gestellt hatte, stand sie wortlos auf, als wolle sie jemanden überraschen…
Au-dessus de nous, en effet, dans un réduit où s’entassaient les pièces d’artifice noircies du dernier Quatorze Juillet, un pas inconnu, assuré, allait et venait, ébranlant le plafond, traversait les immenses greniers ténébreux du premier étage, et se perdait enfin vers les chambres d’adjoints abandonnées où l’on mettait sécher le tilleul et mûrir les pommes.
Über uns, in einem kleinen Raum, in dem die verkohlten Feuerwerkskörper vom letzten 14. Juli aufgestapelt waren, ging ein unbekannter, sicherer Schritt hin und her, erschütterte die Decke, durchquerte die riesigen dunklen Dachböden des ersten Stocks und verschwand schließlich in Richtung der verlassenen Abgeordnetenzimmer, wo die Linden zum Trocknen und die Äpfel zum Reifen zurückgelassen wurden.
— Déjà, tout à l’heure, j’avais entendu ce bruit dans les chambres du bas, dit Millie à mi-voix, et je croyais que c’était toi, François, qui étais rentré…
„Ich habe das Geräusch schon vorhin in den Zimmern unten gehört“, sagte Millie leise, „und ich dachte, du wärst es, François, der zurückgekommen ist…“
Personne ne répondit.
Niemand antwortete.
Nous étions debout tous les trois, le cœur battant, lorsque la porte des greniers qui donnait sur l’escalier de la cuisine s’ouvrit ; quelqu’un descendit les marches, traversa la cuisine, et se présenta dans l’entrée obscure de la salle à manger.
Wir drei standen da, unsere Herzen klopften, als sich die Dachbodentür, die zur Küchentreppe führte, öffnete; jemand kam die Stufen herunter, durchquerte die Küche und erschien im dunklen Eingang zum Esszimmer.
— C’est toi, Augustin ? dit la dame.
„Bist du es, Augustin?“, fragte die Dame.
C’était un grand garçon de dix-sept ans environ. Je ne vis d’abord de lui, dans la nuit tombante, que son chapeau de feutre paysan coiffé en arrière et sa blouse noire sanglée d’une ceinture comme en portent les écoliers.
Er war ein großer Junge von etwa siebzehn Jahren. Zuerst, in der hereinbrechenden Nacht, sah ich von ihm nur seinen verkehrt herum aufgesetzten Filzhut und seine schwarze Bluse, die mit einer Schärpe wie bei Schuljungen gegürtet war.
Je pus distinguer aussi qu’il souriait…
Ich konnte auch sehen, dass er lächelte…
Il m’aperçut, et, avant que personne eût pu lui demander aucune explication :
Er bemerkte mich, und bevor irgendjemand ihn nach einer Erklärung fragen konnte:
— Viens-tu dans la cour ? dit-il.
„Kommst du in den Innenhof?“, fragte er.
J’hésitai une seconde. Puis, comme Millie ne me retenait pas, je pris ma casquette et j’allai vers lui. Nous sortîmes par la porte de la cuisine et nous allâmes au préau, que l’obscurité envahissait déjà.
Ich zögerte einen Moment. Da Millie mich aber nicht aufhielt, schnappte ich mir meine Mütze und ging auf ihn zu. Wir verließen die Küchentür und traten auf den Spielplatz, der bereits von Dunkelheit umhüllt wurde.
À la lueur de la fin du jour, je regardais, en marchant, sa face anguleuse au nez droit, à la lèvre duvetée.
Im schwindenden Tageslicht, während ich ging, betrachtete ich ihr kantiges Gesicht mit der geraden Nase und den weichen Lippen.
— Tiens, dit-il, j’ai trouvé ça dans ton grenier. Tu n’y avais donc jamais regardé ?
"Hey", sagte er, "ich habe das auf deinem Dachboden gefunden. Hast du da vorher noch nie nachgesehen?"
Il tenait à la main une petite roue en bois noirci ; un cordon de fusées déchiquetées courait tout autour ; ç’avait dû être le soleil ou la lune au feu d’artifice du Quatorze Juillet.
In seiner Hand hielt er ein kleines Rad aus geschwärztem Holz; eine Kette zerfetzter Raketen lief darum herum; es musste die Sonne oder der Mond beim Feuerwerk zum 14. Juli sein.
— Il y en a deux qui ne sont pas parties : nous allons toujours les allumer, dit-il d’un ton tranquille et de l’air de quelqu’un qui espère bien trouver mieux par la suite.
— Zwei sind noch da: die werden wir noch anzünden, sagte er in einem ruhigen Ton und mit der Ausstrahlung eines Menschen, der hofft, später etwas Besseres zu finden.
Il jeta son chapeau par terre et je vis qu’il avait les cheveux complètement ras comme un paysan. Il me montra les deux fusées avec leurs bouts de mèche en papier que la flamme avait coupés, noircis, puis abandonnés.
Er warf seinen Hut zu Boden, und ich sah, dass er einen kahlgeschorenen Kopf wie ein Bauer hatte. Er zeigte mir die beiden Raketen mit ihren Papierzündschnüren, die die Flamme durchtrennt, geschwärzt und dann weggeworfen hatte.
Il planta dans le sable le moyeu de la roue, tira de sa poche — à mon grand étonnement, car cela nous était formellement interdit — une boîte d’allumettes. Se baissant avec précaution, il mit le feu à la mèche.
Er steckte die Radnabe in den Sand und holte dann – zu meiner großen Überraschung, denn das war strengstens verboten – eine Schachtel Streichhölzer aus der Tasche. Vorsichtig bückte er sich und zündete die Lunte an.
Puis, me prenant par la main, il m’entraîna vivement en arrière.
Dann nahm er mich bei der Hand und zog mich schnell zurück.
Un instant après, ma mère qui sortait sur le pas de la porte, avec la mère de Meaulnes, après avoir débattu et fixé le prix de pension, vit jaillir sous le préau, avec un bruit de soufflet, deux gerbes d’étoiles rouges et blanches ; et elle put m’apercevoir, l’espace d’une seconde, dressé dans la lueur magique, tenant par la main le grand gars nouveau venu et ne bronchant pas…
Einen Augenblick später, als meine Mutter mit Meaulnes' Mutter auf die Türschwelle trat, nachdem sie über den Preis für das Internat verhandelt und ihn festgelegt hatten, sah sie zwei rote und weiße Sterne unter dem Schulhof aufleuchten, begleitet von einem Geräusch wie einem Blasebalg; und sie konnte mich für einen Augenblick im magischen Schein stehen sehen, wie ich den großen Neuankömmling an der Hand hielt und nicht mit der Wimper zuckte…
Cette fois encore, elle n’osa rien dire.
Wieder einmal wagte sie es nicht, etwas zu sagen.
Et le soir, au dîner, il y eut, à la table de famille, un compagnon silencieux, qui mangeait, la tête basse, sans se soucier de nos trois regards fixés sur lui.
Und abends, beim Abendessen, saß am Familientisch ein stiller Gefährte, der mit gesenktem Kopf aß, ohne sich um unsere drei Blicke zu kümmern, die auf ihn gerichtet waren.
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