
Boule de Suif
Fettklößchen
Guy de Maupassant · 1880
Eine scharfe Kritik an Heuchelei in Kriegszeiten.
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Der Originaltext, jede Zeile gefolgt von ihrer Übersetzung.
Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d’armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n’était point de la troupe, mais des hordes débandées.
Mehrere Tage lang zogen immer wieder Überreste einer geschlagenen Armee durch die Stadt. Es handelte sich nicht um reguläre Truppen, sondern um aufgelöste Horden.
Les hommes avaient la barbe longue et sale, des uniformes en guenilles, et ils avançaient d’une allure molle, sans drapeau, sans régiment.
Die Männer hatten lange, schmutzige Bärte, zerlumpte Uniformen und rückten mit trägem Gang vorwärts, ohne Fahne, ohne Regiment.
Tous semblaient accablés, éreintés, incapables d’une pensée ou d’une résolution, marchant seulement par habitude, et tombant de fatigue sitôt qu’ils s’arrêtaient.
Sie alle wirkten überfordert, erschöpft, unfähig zu denken oder eine Lösung zu finden, gingen nur noch aus Gewohnheit und brachen vor Erschöpfung zusammen, sobald sie stehen blieben.
On voyait surtout des mobilisés, gens pacifiques, rentiers tranquilles, pliant sous le poids du fusil ; des petits moblots alertes, faciles à l’épouvante et prompts à l’enthousiasme, prêts à l’attaque comme à la fuite ; puis, au milieu d’eux, quelques culottes rouges, débris d’une division moulue dans une grande bataille ; des artilleurs sombres alignés avec ces fantassins divers ; et, parfois, le casque brillant d’un dragon au pied pesant qui suivait avec peine la marche plus légère des lignards.
Das meiste, was wir sahen, waren Wehrpflichtige, friedliche Leute, stille Rentiers, die sich unter dem Gewicht des Gewehrs beugten; aufmerksame kleine Infanteristen, leicht zu erschrecken und schnell zu Begeisterung zu fähig, bereit zum Angriff ebenso wie zur Flucht; dann, inmitten von ihnen, ein paar rote Hosen, Überreste einer Division, die in einer großen Schlacht aufgerieben worden war; dunkle Artilleristen, die sich mit diesen verschiedenen Infanteristen aufreihten; und manchmal der glänzende Helm eines schwerfälligen Dragoners, der Mühe hatte, mit dem leichteren Marsch der Linieninfanterie Schritt zu halten.
Des légions de francs-tireurs aux appellations héroïques : « les Vengeurs de la Défaite — les Citoyens de la Tombe — les Partageurs de la Mort » — passaient à leur tour, avec des airs de bandits.
Legionen von Scharfschützen mit heldenhaften Namen: „Die Rächer der Niederlage – die Bürger des Grabes – die Teilhaber des Todes“ – zogen ihrerseits vorbei, mit der Aura von Banditen.
Leurs chefs, anciens commerçants en draps ou en graines, ex-marchands de suif ou de savon, guerriers de circonstance, nommés officiers pour leurs écus ou la longueur de leurs moustaches, couverts d’armes, de flanelle et de galons, parlaient d’une voix retentissante, discutaient plans de campagne, et prétendaient soutenir seuls la France agonisante sur leurs épaules de fanfarons ; mais ils redoutaient parfois leurs propres soldats, gens de sac et de corde, souvent braves à outrance, pillards et débauchés.
Ihre Anführer, ehemalige Tuch- oder Getreidehändler, Ex-Talg- oder Seifenverkäufer, Krieger aus Not, die aufgrund ihrer Kronen oder der Länge ihrer Schnurrbärte zu Offizieren ernannt wurden, bedeckt mit Waffen, Flanell und Borten, sprachen mit dröhnender Stimme, besprachen Feldzugspläne und behaupteten, das sterbende Frankreich allein auf ihren stolzen Schultern zu stützen; aber manchmal fürchteten sie ihre eigenen Soldaten, Männer des Sacks und Stricks, oft übermäßig tapfer, Plünderer und Wüstlinge.
Les Prussiens allaient entrer dans Rouen, disait-on.
Man sagte, die Preußen würden in Rouen einmarschieren.
La Garde nationale qui, depuis deux mois, faisait des reconnaissances très prudentes dans les bois voisins, fusillant parfois ses propres sentinelles, et se préparant au combat quand un petit lapin remuait sous des broussailles, était rentrée dans ses foyers.
Die Nationalgarde, die zwei Monate lang sehr vorsichtige Aufklärungsmissionen in den nahegelegenen Wäldern durchgeführt, dabei manchmal ihre eigenen Wachen erschossen und sich auf einen Kampf vorbereitet hatte, sobald sich ein kleines Kaninchen unter den Büschen regte, war in ihre Häuser zurückgekehrt.
Ses armes, ses uniformes, tout son attirail meurtrier dont elle épouvantait naguère les bornes des routes nationales à trois lieues à la ronde avaient subitement disparu.
Ihre Waffen, ihre Uniformen, all ihre mörderischen Utensilien, mit denen sie einst die Fernstraßen in einem Umkreis von drei Meilen terrorisiert hatte, waren plötzlich verschwunden.
Les derniers soldats français venaient enfin de traverser la Seine pour gagner Pont-Audemer par Saint-Sever et Bourg-Achard ; et, marchant après tous, le général désespéré, ne pouvant rien tenter avec ces loques disparates, éperdu lui-même dans la grande débâcle d’un peuple habitué à vaincre et désastreusement battu malgré sa bravoure légendaire, s’en allait à pied, entre deux officiers d’ordonnance.
Die letzten französischen Soldaten hatten endlich die Seine überquert und waren über Saint-Sever und Bourg-Achard nach Pont-Audemer gelangt; und nun, da sie doch noch marschierten, ging der verzweifelte General, der mit diesen zusammengewürfelten Lumpen nichts mehr anfangen konnte, selbst ratlos angesichts des großen Debakels eines Volkes, das an den Sieg gewöhnt war und trotz seiner legendären Tapferkeit eine verheerende Niederlage erlitten hatte, zwischen zwei Ordonnanzen davon.
Puis un calme profond, une attente épouvantée et silencieuse avaient plané sur la cité.
Dann legte sich eine tiefe Stille, ein furchtbares und stummes Warten, über die Stadt.
Beaucoup de bourgeois bedonnants, émasculés par le commerce, attendaient anxieusement les vainqueurs, tremblant qu’on ne considérât comme une arme leurs broches à rôtir ou leurs grands couteaux de cuisine.
Viele dickbäuchige Bourgeois, die durch den Handel entmannt worden waren, erwarteten ängstlich die Sieger und fürchteten, dass ihre Bratspieße oder großen Küchenmesser als Waffe angesehen werden könnten.
La vie semblait arrêtée ; les boutiques étaient closes, la rue muette. Quelquefois un habitant, intimidé par ce silence, filait rapidement le long des murs.
Das Leben schien stillzustehen; die Läden waren geschlossen, die Straße menschenleer. Manchmal rannte ein Bewohner, eingeschüchtert von dieser Stille, schnell an den Mauern entlang.
L’angoisse de l’attente faisait désirer la venue de l’ennemi.
Die quälende Wartezeit ließ die Ankunft des Feindes wie eine sehnsüchtig erwartete Erscheinung erscheinen.
Dans l’après-midi du jour qui suivit le départ des troupes françaises, quelques uhlans, sortis on ne sait d’où, traversèrent la ville avec célérité.
Am Nachmittag des Tages nach dem Abzug der französischen Truppen durchquerten einige Ulanen, die aus unbekannter Quelle auftauchten, mit hoher Geschwindigkeit die Stadt.
Puis, un peu plus tard, une masse noire descendit de la côte Sainte-Catherine, tandis que deux autres flots envahisseurs apparaissaient par les routes de Darnetal et de Boisguillaume.
Dann, wenig später, senkte sich eine schwarze Masse von der Küste Sainte-Catherine herab, während zwei weitere eindringende Wellen entlang der Straßen von Darnetal und Boisguillaume erschienen.
Les avant-gardes des trois corps, juste au même moment, se joignirent sur la place de l’Hôtel de Ville ; et, par toutes les rues voisines, l’armée allemande arrivait, déroulant ses bataillons qui faisaient sonner les pavés sous leur pas dur et rythmé.
Die Vorhuten der drei Korps vereinigten sich im selben Augenblick auf dem Place de l’Hôtel de Ville; und durch alle angrenzenden Straßen traf die deutsche Armee ein und entfaltete ihre Bataillone, deren harte und rhythmische Schritte das Kopfsteinpflaster erzittern ließen.
Des commandements criés d’une voix inconnue et gutturale montaient le long des maisons qui semblaient mortes et désertes, tandis que, derrière les volets fermés, des yeux guettaient ces hommes victorieux, maîtres de la cité, des fortunes et des vies de par le « droit de guerre ».
Befehle, gebrüllt in einer unbekannten, gutturalen Stimme, hallten durch die Häuser, die wie tot und verlassen wirkten, während hinter geschlossenen Fensterläden Augen diese siegreichen Männer beobachteten, die Herren der Stadt, des Vermögens und des Lebens durch das „Recht des Krieges“.
Les habitants, dans leurs chambres assombries, avaient l’affolement que donnent les cataclysmes, les grands bouleversements meurtriers de la terre, contre lesquels toute sagesse et toute force sont inutiles.
Die Bewohner verfielen in ihren verdunkelten Gemächern in die Panik, die mit Katastrophen einhergeht, mit den großen, tödlichen Umwälzungen der Erde, gegen die alle Weisheit und alle Kraft nutzlos sind.
Car la même sensation reparaît chaque fois que l’ordre établi des choses est renversé, que la sécurité n’existe plus, que tout ce que protégeaient les lois des hommes ou celles de la nature se trouve à la merci d’une brutalité inconsciente et féroce.
Denn dasselbe Gefühl taucht immer wieder auf, wenn die etablierte Ordnung der Dinge umgestoßen wird, wenn es keine Sicherheit mehr gibt, wenn alles, was durch die Gesetze der Menschen oder der Natur geschützt ist, der Gnade einer unbewussten und grausamen Brutalität ausgeliefert ist.
Le tremblement de terre écrasant sous les maisons croulantes un peuple entier ; le fleuve débordé qui roule les paysans noyés avec les cadavres des bœufs et les poutres arrachées aux toits, ou l’armée glorieuse massacrant ceux qui se défendent, emmenant les autres prisonniers, pillant au nom du Sabre et remerciant un Dieu au son du canon, sont autant de fléaux effrayants qui déconcertent toute croyance à la justice éternelle, toute la confiance qu’on nous enseigne en la protection du ciel et la raison de l’homme.
Das Erdbeben, das ein ganzes Volk unter einstürzenden Häusern begräbt; der über die Ufer getretene Fluss, der ertrunkene Bauern, Ochsenkadaver und von Dächern gerissene Balken mit sich reißt; oder das glorreiche Heer, das diejenigen massakriert, die sich verteidigen, andere gefangen nimmt, im Namen des Schwertes plündert und einem Gott beim Klang der Kanonen dankt – all dies sind furchtbare Geißeln, die jeden Glauben an ewige Gerechtigkeit, alles Vertrauen, das uns in den Schutz des Himmels und die Vernunft des Menschen gelehrt wird, zunichtemachen.
Mais à chaque porte des petits détachements frappaient, puis disparaissaient dans les maisons. C’était l’occupation après l’invasion. Le devoir commençait pour les vaincus de se montrer gracieux envers les vainqueurs.
Doch an jeder Tür klopften kleine Gruppen und verschwanden dann in den Häusern. So sah die Lage nach der Invasion aus. Nun galt es für die Besiegten, den Siegern Anstand zu erweisen.
Au bout de quelque temps, une fois la première terreur disparue, un calme nouveau s’établit. Dans beaucoup de familles l’officier prussien mangeait à table.
Nach einiger Zeit, als der anfängliche Schrecken nachgelassen hatte, kehrte Ruhe ein. In vielen Familien aß der preußische Offizier wieder mit am Tisch.
Il était parfois bien élevé, et, par politesse, plaignait la France, disait sa répugnance en prenant part à cette guerre. On lui était reconnaissant de ce sentiment ; puis on pouvait, un jour ou l’autre, avoir besoin de sa protection.
Er war bisweilen höflich und bedauerte Frankreich aus Rücksichtnahme, indem er seine Abscheu darüber zum Ausdruck brachte, an diesem Krieg teilzunehmen. Die Menschen waren ihm für diese Geste dankbar; außerdem könnten sie eines Tages seinen Schutz benötigen.
En le ménageant on obtiendrait peut-être quelques hommes de moins à nourrir. Et pourquoi blesser quelqu’un dont on dépendait tout à fait ? Agir ainsi serait moins de la bravoure que de la témérité.
Indem wir sein Leiden ersparten, müssten wir am Ende womöglich ein paar Männer weniger ernähren. Und warum sollten wir jemanden verletzen, von dem wir völlig abhängig waren? So zu handeln wäre weniger mutig als vielmehr leichtsinnig.
— Et la témérité n’est plus un défaut des bourgeois de Rouen, comme au temps des défenses héroïques où s’illustra leur cité.
— Und Rücksichtslosigkeit ist nicht länger ein Fehler der Bürger von Rouen, wie zu Zeiten der heldenhaften Verteidigung, in denen sich ihre Stadt auszeichnete.
— On se disait enfin, raison suprême tirée de l’urbanité française, qu’il demeurait bien permis d’être poli dans son intérieur pourvu qu’on ne se montrât pas familier en public, avec le soldat étranger.
— Schließlich sagten wir uns, dass der wichtigste Grund dafür sei, dass die französische Höflichkeit es gebot, in den eigenen vier Wänden höflich zu sein, solange man in der Öffentlichkeit keine Vertrautheit mit dem ausländischen Soldaten zeige.
Au dehors on ne se connaissait plus, mais dans la maison on causait volontiers, et l’Allemand demeurait plus longtemps, chaque soir, à se chauffer au foyer commun.
Draußen kannten wir uns nicht mehr, aber im Haus unterhielten wir uns bereitwillig, und der Deutsche blieb jeden Abend länger und wärmte sich am gemeinsamen Herd.
La ville même reprenait peu à peu de son aspect ordinaire. Les Français ne sortaient guère encore, mais les soldats prussiens grouillaient dans les rues.
Die Stadt selbst kehrte allmählich zu ihrem normalen Erscheinungsbild zurück. Die Franzosen wagten sich immer noch kaum auf die Straße, aber preußische Soldaten wimmelten durch die Straßen.
Du reste, les officiers de hussards bleus, qui traînaient avec arrogance leurs grands outils de mort sur le pavé, ne semblaient pas avoir pour les simples citoyens énormément plus de mépris que les officiers de chasseurs, qui, l’année d’avant, buvaient aux mêmes cafés.
Darüber hinaus schienen die Offiziere der blauen Husaren, die arrogant ihre schweren Todeswaffen über das Kopfsteinpflaster zogen, nicht viel mehr Verachtung für die einfachen Bürger zu haben als die Offiziere der Jäger, die im Jahr zuvor in denselben Cafés getrunken hatten.
Il y avait cependant quelque chose dans l’air, quelque chose de subtil et d’inconnu, une atmosphère étrangère intolérable, comme une odeur répandue, l’odeur de l’invasion.
Doch irgendetwas lag in der Luft, etwas Subtiles und Unbekanntes, eine unerträgliche fremdartige Atmosphäre, wie ein allgegenwärtiger Geruch, der Geruch einer Invasion.
Elle emplissait les demeures et les places publiques, changeait le goût des aliments, donnait l’impression d’être en voyage, très loin, chez des tribus barbares et dangereuses.
Es erfüllte Häuser und öffentliche Plätze, veränderte den Geschmack von Speisen und vermittelte den Eindruck, sich auf einer Reise in ferne Länder zu befinden, inmitten barbarischer und gefährlicher Stämme.
Les vainqueurs exigeaient de l’argent, beaucoup d’argent. Les habitants payaient toujours ; ils étaient riches d’ailleurs.
Die Sieger forderten Geld, viel Geld. Die Einwohner zahlten stets; zudem waren sie reich.
Mais plus un négociant normand devient opulent et plus il souffre de tout sacrifice, de toute parcelle de sa fortune qu’il voit passer aux mains d’un autre.
Doch je wohlhabender ein normannischer Kaufmann wird, desto mehr leidet er unter jedem Opfer, unter jedem Teil seines Vermögens, den er in die Hände eines anderen übergehen sieht.
Cependant, à deux ou trois lieues sous la ville, en suivant le cours de la rivière, vers Croisset, Dieppedalle ou Biessart, les mariniers et les pêcheurs ramenaient souvent du fond de l’eau quelque cadavre d’Allemand gonflé dans son uniforme, tué d’un coup de couteau ou de savate, la tête écrasée par une pierre, ou jeté à l’eau d’une poussée du haut d’un pont.
Zwei oder drei Meilen unterhalb der Stadt, dem Lauf des Flusses folgend in Richtung Croisset, Dieppedalle oder Biessart, zogen Bootsleute und Fischer jedoch oft vom Grund des Wassers eine aufgedunsene deutsche Leiche in Uniform herauf, die durch einen Messerstich oder einen Stiefel getötet, ihr Kopf mit einem Stein zertrümmert oder sie mit einem Stoß von der Spitze einer Brücke ins Wasser geworfen worden war.
Les vases du fleuve ensevelissaient ces vengeances obscures, sauvages et légitimes, héroïsmes inconnus, attaques muettes, plus périlleuses que les batailles au grand jour et sans le retentissement de la gloire.
Im Watt des Flusses wurden diese obskuren, wilden und legitimen Racheakte, unbekannte Heldentaten, stille Angriffe, die gefährlicher waren als Schlachten am helllichten Tag und ohne den donnernden Ruhm, begraben.
Car la haine de l’Étranger arme toujours quelques Intrépides prêts à mourir pour une Idée.
Denn der Hass auf Fremde rüstet immer wieder einige unerschrockene Menschen aus, die bereit sind, für eine Idee zu sterben.
Enfin, comme les envahisseurs, bien qu’assujétissant la ville à leur inflexible discipline, n’avaient accompli aucune des horreurs que la renommée leur faisait commettre tout le long de leur marche triomphale, on s’enhardit, et le besoin du négoce travailla de nouveau le cœur des commerçants du pays.
Da die Invasoren zwar die Stadt ihrer unnachgiebigen Disziplin unterwarfen, aber keine der Gräueltaten begingen, zu denen sie auf ihrem Triumphzug immer wieder besessen wurden, wurden die Menschen schließlich mutiger, und das Bedürfnis nach Handel regte sich erneut in den Herzen der Kaufleute des Landes.
Quelques-uns avaient de gros intérêts engagés au Havre que l’armée française occupait, et ils voulurent tenter de gagner ce port en allant par terre à Dieppe où ils s’embarqueraient.
Einige hatten bedeutende Interessen in Le Havre, das von der französischen Armee besetzt war, und sie wollten versuchen, diesen Hafen über Land nach Dieppe zu erreichen, wo sie an Bord gehen würden.
On employa l’influence des officiers allemands dont on avait fait la connaissance, et une autorisation de départ fut obtenue du général en chef.
Man nutzte den Einfluss der deutschen Offiziere, denen sie begegnet waren, und erhielt vom Oberbefehlshaber die Erlaubnis zur Abreise.
Donc, une grande diligence à quatre chevaux ayant été retenue pour ce voyage, et dix personnes s’étant fait inscrire chez le voiturier, on résolut de partir un mardi matin, avant le jour, pour éviter tout rassemblement.
Da für diese Reise eine große, vierspännige Postkutsche reserviert worden war und sich zehn Personen beim Kutscher angemeldet hatten, beschloss man, am Dienstagmorgen vor Tagesanbruch aufzubrechen, um jegliche Ansammlung zu vermeiden.
Depuis quelque temps déjà la gelée avait durci la terre, et le lundi, vers trois heures, de gros nuages noirs venant du Nord apportèrent la neige qui tomba sans interruption pendant toute la soirée et toute la nuit.
Der Boden war schon seit einiger Zeit durch Frost verhärtet, und am Montag gegen drei Uhr brachten große schwarze Wolken aus dem Norden Schnee, der den ganzen Abend und die ganze Nacht über ununterbrochen fiel.
À quatre heures et demie du matin les voyageurs se réunirent dans la cour de l’Hôtel de Normandie, où l’on devait monter en voiture.
Um halb fünf Uhr morgens versammelten sich die Reisenden im Innenhof des Hôtel de Normandie, wo sie in die Kutsche einsteigen sollten.
Ils étaient encore pleins de sommeil, et grelottaient de froid sous leurs couvertures. On se voyait mal dans l’obscurité ; et l’entassement des lourds vêtements d’hiver faisait ressembler tous ces corps à des curés obèses avec leurs longues soutanes.
Sie waren noch schläfrig und zitterten unter ihren Decken. In der Dunkelheit konnte man kaum etwas erkennen; und der Berg schwerer Winterkleidung ließ all diese Körper wie fettleibige Priester in ihren langen Soutanen aussehen.
Mais deux hommes se reconnurent, un troisième les aborda, ils causèrent : — « J’emmène ma femme, » — dit l’un. — « J’en fais autant. » — « Et moi aussi.
Doch zwei Männer erkannten einander, ein dritter kam hinzu, sie unterhielten sich: – „Ich bringe meine Frau mit“, sagte der eine. – „Ich werde dasselbe tun.“ – „Ich auch.“
» — Le premier ajouta : — « Nous ne reviendrons pas à Rouen, et si les Prussiens approchent du Havre nous gagnerons l’Angleterre. » — Tous avaient les mêmes projets, étant de complexion semblable.
— Der erste fügte hinzu: — „Wir werden nicht nach Rouen zurückkehren, und wenn die Preußen sich Le Havre nähern, werden wir nach England gehen.“ — Sie alle hatten die gleichen Pläne, da sie ein ähnliches Temperament hatten.
Cependant on n’attelait pas la voiture. Une petite lanterne que portait un valet d’écurie sortait de temps à autre d’une porte obscure pour disparaître immédiatement dans une autre.
Die Kutsche war jedoch nicht angespannt. Gelegentlich tauchte eine kleine Laterne, die ein Stallbursche trug, aus einem dunklen Türrahmen auf, nur um sogleich in einem anderen wieder zu verschwinden.
Des pieds de chevaux frappaient la terre, amortis par le fumier des litières ; et une voix d’homme parlant aux bêtes et jurant s’entendait au fond du bâtiment.
Pferdehufe schlugen auf den Boden, gedämpft vom Mist der Einstreu; und im hinteren Teil des Gebäudes war die Stimme eines Mannes zu hören, der mit den Tieren sprach und fluchte.
Un léger murmure de grelots annonça qu’on maniait les harnais ; ce murmure devint bientôt un frémissement clair et continu, rythmé par le mouvement de l’animal, s’arrêtant parfois, puis reprenant dans une brusque secousse qu’accompagnait le bruit mat d’un sabot ferré battant le sol.
Ein leises Glöckchen kündigte an, dass die Geschirre bewegt wurden; dieses Glöckchen wurde bald zu einem deutlichen und anhaltenden Rascheln, rhythmisch mit den Bewegungen des Tieres, das manchmal aufhörte und dann mit einem plötzlichen Ruck wieder einsetzte, begleitet vom dumpfen Geräusch eines eisernen Hufes, der auf den Boden schlug.
La porte subitement se ferma. Tout bruit cessa. Les bourgeois gelés s’étaient tus ; ils demeuraient immobiles et roidis.
Die Tür schloss sich plötzlich. Alle Geräusche verstummten. Die erstarrten Bürger waren verstummt; sie blieben regungslos und steif.
Un rideau de flocons blancs ininterrompu miroitait sans cesse en descendant vers la terre ; il effaçait les formes, poudrait les choses d’une mousse de glace ; et l’on n’entendait plus dans le grand silence de la ville calme et ensevelie sous l’hiver que ce froissement vague innommable et flottant de la neige qui tombe, plutôt sensation que bruit, entremêlement d’atomes légers qui semblaient emplir l’espace, couvrir le monde.
Ein ununterbrochener Vorhang aus weißen Flocken schimmerte endlos, während er zur Erde herabfiel; er löschte Formen aus, überzog Dinge mit einem Schaum aus Eis; und in der großen Stille der ruhigen Stadt, die unter dem Winter begraben lag, konnte man nichts hören als dieses vage, namenlose, schwebende Rascheln des fallenden Schnees, mehr Empfindung als Geräusch, ein Ineinanderfließen von Lichtatomen, das den Raum zu füllen schien, die Welt zu bedecken.
L’homme reparut, avec sa lanterne, tirant au bout d’une corde un cheval triste qui ne venait pas volontiers.
Der Mann erschien wieder, mit seiner Laterne, und führte ein trauriges Pferd an einem Strick, ein Pferd, das nicht freiwillig mitkam.
Il le plaça contre le timon, attacha les traits, tourna longtemps autour pour assurer les harnais, car il ne pouvait se servir que d’une main, l’autre portant sa lumière.
Er legte es an den Schaft an, befestigte die Gurte und ging lange Zeit im Kreis darum herum, um die Gurte zu sichern, da er nur eine Hand benutzen konnte, mit der anderen trug er seine Lampe.
Comme il allait chercher la seconde bête, il remarqua tous ces voyageurs immobiles, déjà blancs de neige, et leur dit : — « Pourquoi ne montez-vous pas dans la voiture, vous serez à l’abri, au moins. »
Als er das zweite Tier holen ging, bemerkte er all diese regungslosen Reisenden, die bereits mit Schnee bedeckt waren, und sagte zu ihnen: „Warum steigt ihr nicht ins Auto? Wenigstens seid ihr dann geschützt.“
Ils n’y avaient pas songé, sans doute, et ils se précipitèrent.
Wahrscheinlich hatten sie nicht daran gedacht und sind Hals über Kopf hineingestürmt.
Les trois hommes installèrent leurs femmes dans le fond, montèrent ensuite ; puis les autres formes indécises et voilées prirent à leur tour les dernières places sans échanger une parole.
Die drei Männer setzten ihre Frauen nach hinten und gingen dann nach oben; dann nahmen die anderen unentschlossenen und verschleierten Gestalten wortlos die letzten Plätze ein.
Le plancher était couvert de paille où les pieds s’enfoncèrent.
Der Boden war mit Stroh bedeckt, in das die Füße einsanken.
Les dames du fond, ayant apporté des petites chaufferettes en cuivre avec un charbon chimique, allumèrent ces appareils, et, pendant quelque temps, à voix basse, elles en énumérèrent les avantages, se répétant des choses qu’elles savaient déjà depuis longtemps.
Die Damen im hinteren Teil des Saals hatten kleine Kupferheizgeräte mit chemischer Holzkohle mitgebracht, zündeten diese Geräte an und zählten eine Zeitlang leise deren Vorteile auf, indem sie Dinge wiederholten, die sie schon lange wussten.
Enfin, la diligence étant attelée avec six chevaux au lieu de quatre à cause du tirage plus pénible, une voix du dehors demanda : — « Tout le monde est-il monté ? » — Une voix du dedans répondit : — « Oui. » — On partit.
Schließlich wurde die Postkutsche wegen des schwereren Ziehens von sechs statt vier Pferden gezogen. Eine Stimme von draußen fragte: „Sind alle eingestiegen?“ Eine Stimme von drinnen antwortete: „Ja.“ – Sie fuhren ab.
La voiture avançait lentement, lentement, à tout petits pas.
Das Auto bewegte sich langsam, ganz langsam, in winzigen Schritten.
Les roues s’enfonçaient dans la neige ; le coffre entier geignait avec des craquements sourds ; les bêtes glissaient, soufflaient, fumaient ; et le fouet gigantesque du cocher claquait sans repos, voltigeait de tous les côtés, se nouant et se déroulant comme un serpent mince, et cinglant brusquement quelque croupe rebondie qui se tendait alors sous un effort plus violent.
Die Räder sanken in den Schnee; der ganze Wagenkasten ächzte und knarrte dumpf; die Tiere rutschten, schnauften und dampften; und die gigantische Peitsche des Kutschers knallte unaufhörlich, flatterte umher, verknotete sich und entrollte sich wie eine dünne Schlange und peitschte plötzlich auf einen prallen Hintern, der sich dann unter einer heftigeren Anstrengung anspannte.
Mais le jour imperceptiblement grandissait. Ces flocons légers qu’un voyageur, Rouennais pur sang, avait comparés à une pluie de coton, ne tombaient plus.
Doch der Tag schritt unmerklich voran. Die leichten Flocken, die ein Reisender, ein waschechter Rouennais, mit einem Baumwollregen verglichen hatte, fielen nicht mehr.
Une lueur sale filtrait à travers de gros nuages obscurs et lourds qui rendaient plus éclatante la blancheur de la campagne où apparaissaient tantôt une ligne de grands arbres vêtus de givre, tantôt une chaumière avec un capuchon de neige.
Ein trüber Schein drang durch große, dunkle, schwere Wolken und ließ das Weiß der Landschaft umso auffälliger erscheinen, wo sich mal eine Reihe hoher, mit Frost bedeckter Bäume abzeichnete, mal ein Häuschen mit einer Schneehaube.
Dans la voiture, on se regardait curieusement, à la triste clarté de cette aurore.
Im Auto blickten wir uns im traurigen Licht der Morgendämmerung neugierig an.
Tout au fond, aux meilleures places, sommeillaient, en face l’un de l’autre, M. et Mme Loiseau, des marchands de vins en gros de la rue Grand-Pont.
Ganz hinten, auf den besten Plätzen, dösten Herr und Frau Loiseau, Weinhändler im Großhandel aus der Grand-Pont Street, einander gegenüber.
Ancien commis d’un patron ruiné dans les affaires Loiseau avait acheté le fonds et fait fortune.
Er war einst Angestellter eines Chefs, der im Loiseau-Geschäft Konkurs anmelden musste; er hatte das Unternehmen gekauft und ein Vermögen gemacht.
Il vendait à très bon marché de très mauvais vin aux petits débitants des campagnes, et passait parmi ses connaissances et ses amis pour un fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité.
Er verkaufte sehr schlechten Wein sehr billig an kleine Landhändler und galt bei seinen Bekannten und Freunden als gerissener Schurke, ein wahrer Normanne voller List und Lebensfreude.
Sa réputation de filou était si bien établie, qu’un soir, à la préfecture, M.
Sein Ruf als Betrüger war so gefestigt, dass Herr eines Abends in der Präfektur
Tournel, auteur de fables et de chansons, esprit mordant et fin, une gloire locale, ayant proposé aux dames qu’il voyait un peu somnolentes de faire une partie de « Loiseau vole », le mot lui-même vola à travers les salons du préfet, puis, gagnant ceux de la ville, avait fait rire pendant un mois toutes les mâchoires de la province.
Tournel, der Autor von Fabeln und Liedern, ein scharfsinniger und witziger Mann, eine lokale Berühmtheit, hatte den Damen, die seiner Meinung nach etwas schläfrig aussahen, vorgeschlagen, ein Spiel namens „Loiseau vole“ zu spielen. Das Wort selbst verbreitete sich wie ein Lauffeuer in den Salons des Präfekten, gewann dann auch in den Salons der Stadt an Bedeutung und brachte einen Monat lang die ganze Provinz zum Lachen.
Loiseau était en outre célèbre par ses farces de toute nature, ses plaisanteries bonnes ou mauvaises ; et personne ne pouvait parler de lui sans ajouter immédiatement : — « Il est impayable, ce Loiseau. »
Loiseau war auch für seine Streiche aller Art berühmt, seine Scherze waren gut oder schlecht; und niemand konnte von ihm sprechen, ohne sofort hinzuzufügen: — »Der Loiseau ist unbezahlbar.«
De taille exiguë, il présentait un ventre en ballon surmonté d’une face rougeaude entre deux favoris grisonnants.
Von kleiner Statur, hatte er einen ballonartigen Bauch und ein rötliches Gesicht zwischen zwei ergrauenden Koteletten.
Sa femme, grande, forte, résolue, avec la voix haute et la décision rapide, était l’ordre et l’arithmétique de la maison de commerce qu’il animait par son activité joyeuse.
Seine Frau, groß, kräftig, entschlossen, mit lauter Stimme und schnellem Urteilsvermögen, war die Ordnung und die Rechenmaschine des Handelshauses, das er mit seiner fröhlichen Aktivität belebte.
À côté d’eux se tenait, plus digne, appartenant à une caste supérieure, M. Carré-Lamadon, homme considérable, posé dans les cotons, propriétaire de trois filatures, officier de la Légion d’honneur, et membre du Conseil général.
Neben ihnen stand, würdevoller und einer höheren Kaste angehörig, Herr Carré-Lamadon, ein stattlicher Mann, ganz in Baumwolle gekleidet, Besitzer von drei Spinnereien, Offizier der Ehrenlegion und Mitglied des Generalrats.
Il était resté tout le temps de l’Empire chef de l’opposition bienveillante, uniquement pour se faire payer plus cher son ralliement à la cause qu’il combattait avec des armes courtoises, selon sa propre expression.
Er war während seiner gesamten Zeit im Reich Anführer der wohlwollenden Opposition geblieben, nur um für seine Unterstützung der Sache, die er mit höflichen Waffen bekämpfte, mehr Geld zu bekommen, wie er selbst sagte.
Mme Carré-Lamadon, beaucoup plus jeune que son mari, demeurait la consolation des officiers de bonne famille envoyés à Rouen en garnison.
Frau Carré-Lamadon, die deutlich jünger war als ihr Mann, blieb der Trost der Offiziere aus guten Familien, die zum Garnisonsdienst nach Rouen geschickt wurden.
Elle faisait vis-à-vis à son époux, toute petite, toute mignonne, toute jolie, pelotonnée dans ses fourrures, et regardait d’un œil navré l’intérieur lamentable de la voiture.
Sie stand ihrem Mann gegenüber, winzig, niedlich, hübsch, in ihren Pelz gehüllt, und blickte mit traurigem Blick auf das erbärmliche Innere des Wagens.
Ses voisins, le comte et la comtesse Hubert de Bréville, portaient un des noms les plus anciens et les plus nobles de Normandie.
Seine Nachbarn, Graf und Gräfin Hubert de Bréville, trugen einen der ältesten und edelsten Namen der Normandie.
Le comte, vieux gentilhomme de grande tournure, s’efforçait d’accentuer, par les artifices de sa toilette, sa ressemblance naturelle avec le roy Henri IV qui, suivant une légende glorieuse pour la famille, avait rendu grosse une dame de Bréville dont le mari, pour ce fait, était devenu comte et gouverneur de province.
Der Graf, ein älterer Herr von stattlicher Statur, bemühte sich, durch die Kunstfertigkeit seiner Kleidung seine natürliche Ähnlichkeit mit König Heinrich IV. zu unterstreichen, der laut einer für die Familie ruhmreichen Legende eine Dame aus Bréville geschwängert hatte, deren Ehemann aus diesem Grund Graf und Gouverneur der Provinz geworden war.
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