Boule de Suif

Boule de Suif

Pallina di sego

Guy de Maupassant · 1880

Una critica tagliente dell'ipocrisia in tempo di guerra.

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Il testo originale, ogni riga seguita dalla sua traduzione.

Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d’armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n’était point de la troupe, mais des hordes débandées.

Per diversi giorni di fila, frammenti di un esercito in rotta attraversavano la città. Non si trattava di truppe, ma di orde disperse.

Les hommes avaient la barbe longue et sale, des uniformes en guenilles, et ils avançaient d’une allure molle, sans drapeau, sans régiment.

Gli uomini avevano lunghe barbe sporche, uniformi lacere e avanzavano con passo lento, senza bandiera, senza reggimento.

Tous semblaient accablés, éreintés, incapables d’une pensée ou d’une résolution, marchant seulement par habitude, et tombant de fatigue sitôt qu’ils s’arrêtaient.

Sembravano tutti sopraffatti, esausti, incapaci di pensare o di prendere una decisione, camminavano solo per abitudine e crollavano per la stanchezza non appena si fermavano.

On voyait surtout des mobilisés, gens pacifiques, rentiers tranquilles, pliant sous le poids du fusil ; des petits moblots alertes, faciles à l’épouvante et prompts à l’enthousiasme, prêts à l’attaque comme à la fuite ; puis, au milieu d’eux, quelques culottes rouges, débris d’une division moulue dans une grande bataille ; des artilleurs sombres alignés avec ces fantassins divers ; et, parfois, le casque brillant d’un dragon au pied pesant qui suivait avec peine la marche plus légère des lignards.

La maggior parte di ciò che vedevamo erano coscritti, gente pacifica, quieti rentier, curvi sotto il peso del fucile; piccoli grugniti vigili, facilmente spaventabili e pronti all'entusiasmo, pronti ad attaccare così come a fuggire; poi, in mezzo a loro, alcuni calzoni rossi, resti di una divisione annientata in una grande battaglia; scuri artiglieri schierati con questi vari fanti; e, a volte, l'elmo lucente di un dragone dai piedi pesanti che faceva fatica a tenere il passo con la marcia più leggera dei fanti di linea.

Des légions de francs-tireurs aux appellations héroïques : « les Vengeurs de la Défaite — les Citoyens de la Tombe — les Partageurs de la Mort » — passaient à leur tour, avec des airs de bandits.

Legioni di cecchini dai nomi eroici: "I Vendicatori della Sconfitta, i Cittadini della Tomba, i Condivisori della Morte", passavano a loro volta, con aria da banditi.

Leurs chefs, anciens commerçants en draps ou en graines, ex-marchands de suif ou de savon, guerriers de circonstance, nommés officiers pour leurs écus ou la longueur de leurs moustaches, couverts d’armes, de flanelle et de galons, parlaient d’une voix retentissante, discutaient plans de campagne, et prétendaient soutenir seuls la France agonisante sur leurs épaules de fanfarons ; mais ils redoutaient parfois leurs propres soldats, gens de sac et de corde, souvent braves à outrance, pillards et débauchés.

I loro capi, ex mercanti di stoffe o di grano, ex venditori di sego o di sapone, guerrieri di circostanza, ufficiali nominati in base alle loro corone o alla lunghezza dei loro baffi, coperti di armi, flanella e galloni, parlavano con voce tonante, discutevano piani di campagna e affermavano di sostenere la Francia morente da soli sulle loro spalle vanagloriose; ma a volte temevano i loro stessi soldati, uomini del sacco e della corda, spesso eccessivamente coraggiosi, saccheggiatori e debosciati.

Les Prussiens allaient entrer dans Rouen, disait-on.

Si diceva che i prussiani sarebbero entrati a Rouen.

La Garde nationale qui, depuis deux mois, faisait des reconnaissances très prudentes dans les bois voisins, fusillant parfois ses propres sentinelles, et se préparant au combat quand un petit lapin remuait sous des broussailles, était rentrée dans ses foyers.

La Guardia Nazionale, che per due mesi aveva effettuato ricognizioni molto caute nei boschi vicini, sparando a volte alle proprie sentinelle e preparandosi al combattimento quando un piccolo coniglio si era mosso sotto i cespugli, era tornata alle sue case.

Ses armes, ses uniformes, tout son attirail meurtrier dont elle épouvantait naguère les bornes des routes nationales à trois lieues à la ronde avaient subitement disparu.

Le sue armi, le sue uniformi, tutto il suo armamentario omicida con cui un tempo terrorizzava le autostrade nazionali per un raggio di tre leghe erano improvvisamente scomparsi.

Les derniers soldats français venaient enfin de traverser la Seine pour gagner Pont-Audemer par Saint-Sever et Bourg-Achard ; et, marchant après tous, le général désespéré, ne pouvant rien tenter avec ces loques disparates, éperdu lui-même dans la grande débâcle d’un peuple habitué à vaincre et désastreusement battu malgré sa bravoure légendaire, s’en allait à pied, entre deux officiers d’ordonnance.

Gli ultimi soldati francesi avevano finalmente attraversato la Senna per raggiungere Pont-Audemer via Saint-Sever e Bourg-Achard; e, nonostante la marcia, il generale disperato, incapace di tentare alcunché con quegli stracci disparati, egli stesso sconcertato dalla grande disfatta di un popolo abituato alla vittoria e disastrosamente sconfitto nonostante il suo leggendario coraggio, se ne stava andando, in mezzo a due attendenti.

Puis un calme profond, une attente épouvantée et silencieuse avaient plané sur la cité.

Poi una calma profonda, un'attesa terribile e silenziosa, aleggiava sulla città.

Beaucoup de bourgeois bedonnants, émasculés par le commerce, attendaient anxieusement les vainqueurs, tremblant qu’on ne considérât comme une arme leurs broches à rôtir ou leurs grands couteaux de cuisine.

Molti borghesi panciuti, evirati dal commercio, attendevano con ansia i vincitori, tremando al pensiero che i loro spiedi o i loro grandi coltelli da cucina potessero essere considerati un'arma.

La vie semblait arrêtée ; les boutiques étaient closes, la rue muette. Quelquefois un habitant, intimidé par ce silence, filait rapidement le long des murs.

La vita sembrava essersi fermata; i negozi erano chiusi, la strada silenziosa. A volte un residente, intimidito da quel silenzio, correva veloce lungo i muri.

L’angoisse de l’attente faisait désirer la venue de l’ennemi.

L'angoscia dell'attesa faceva sembrare l'arrivo del nemico tanto atteso.

Dans l’après-midi du jour qui suivit le départ des troupes françaises, quelques uhlans, sortis on ne sait d’où, traversèrent la ville avec célérité.

Nel pomeriggio del giorno successivo alla partenza delle truppe francesi, alcuni ulani, spuntati chissà da dove, attraversarono rapidamente la città.

Puis, un peu plus tard, une masse noire descendit de la côte Sainte-Catherine, tandis que deux autres flots envahisseurs apparaissaient par les routes de Darnetal et de Boisguillaume.

Poi, poco dopo, una massa nera discese dalla costa di Sainte-Catherine, mentre altre due ondate invasive apparvero lungo le strade di Darnetal e Boisguillaume.

Les avant-gardes des trois corps, juste au même moment, se joignirent sur la place de l’Hôtel de Ville ; et, par toutes les rues voisines, l’armée allemande arrivait, déroulant ses bataillons qui faisaient sonner les pavés sous leur pas dur et rythmé.

Le avanguardie dei tre corpi, proprio nello stesso momento, si riunirono in Place de l’Hôtel de Ville; e, attraverso tutte le strade vicine, arrivò l’esercito tedesco, dispiegando i suoi battaglioni che facevano risuonare il selciato sotto il loro passo duro e ritmico.

Des commandements criés d’une voix inconnue et gutturale montaient le long des maisons qui semblaient mortes et désertes, tandis que, derrière les volets fermés, des yeux guettaient ces hommes victorieux, maîtres de la cité, des fortunes et des vies de par le « droit de guerre ».

Comandi gridati con voce sconosciuta e gutturale si levavano lungo le case che sembravano morte e deserte, mentre, dietro le persiane chiuse, gli occhi osservavano questi uomini vittoriosi, padroni della città, delle fortune e delle vite per "diritto di guerra".

Les habitants, dans leurs chambres assombries, avaient l’affolement que donnent les cataclysmes, les grands bouleversements meurtriers de la terre, contre lesquels toute sagesse et toute force sont inutiles.

Gli abitanti, nelle loro stanze buie, erano presi dal panico che accompagna i cataclismi, i grandi sconvolgimenti mortali della terra, contro i quali ogni saggezza e ogni forza sono inutili.

Car la même sensation reparaît chaque fois que l’ordre établi des choses est renversé, que la sécurité n’existe plus, que tout ce que protégeaient les lois des hommes ou celles de la nature se trouve à la merci d’une brutalité inconsciente et féroce.

Perché lo stesso sentimento riaffiora ogni volta che l'ordine costituito delle cose viene sovvertito, quando la sicurezza non esiste più, quando tutto ciò che è protetto dalle leggi degli uomini o da quelle della natura si ritrova in balia di una brutalità inconscia e feroce.

Le tremblement de terre écrasant sous les maisons croulantes un peuple entier ; le fleuve débordé qui roule les paysans noyés avec les cadavres des bœufs et les poutres arrachées aux toits, ou l’armée glorieuse massacrant ceux qui se défendent, emmenant les autres prisonniers, pillant au nom du Sabre et remerciant un Dieu au son du canon, sont autant de fléaux effrayants qui déconcertent toute croyance à la justice éternelle, toute la confiance qu’on nous enseigne en la protection du ciel et la raison de l’homme.

Il terremoto che schiaccia un intero popolo sotto case crollate; il fiume che straripa trasportando contadini annegati con i cadaveri dei buoi e le travi strappate dai tetti, o il glorioso esercito che massacra coloro che si difendono, fa altri prigionieri, saccheggia in nome della Spada e ringrazia un Dio al suono del cannone, sono tutti flagelli terrificanti che confondono ogni fede nella giustizia eterna, tutta la fiducia che ci è stata insegnata nella protezione del cielo e nella ragione dell'uomo.

Mais à chaque porte des petits détachements frappaient, puis disparaissaient dans les maisons. C’était l’occupation après l’invasion. Le devoir commençait pour les vaincus de se montrer gracieux envers les vainqueurs.

Ma a ogni porta, piccoli distaccamenti bussavano, per poi scomparire nelle case. Questa fu l'occupazione dopo l'invasione. Cominciò il dovere per i vinti di mostrare grazia ai vincitori.

Au bout de quelque temps, une fois la première terreur disparue, un calme nouveau s’établit. Dans beaucoup de familles l’officier prussien mangeait à table.

Dopo un po' di tempo, una volta superato il terrore iniziale, si instaurò una nuova calma. In molte famiglie, l'ufficiale prussiano mangiava a tavola.

Il était parfois bien élevé, et, par politesse, plaignait la France, disait sa répugnance en prenant part à cette guerre. On lui était reconnaissant de ce sentiment ; puis on pouvait, un jour ou l’autre, avoir besoin de sa protection.

A volte era educato e, per cortesia, provava pietà per la Francia, esprimendo la sua ripugnanza a prendere parte a quella guerra. La gente gli era grata per questo sentimento; e inoltre, un giorno o l'altro, avrebbe potuto aver bisogno della sua protezione.

En le ménageant on obtiendrait peut-être quelques hommes de moins à nourrir. Et pourquoi blesser quelqu’un dont on dépendait tout à fait ? Agir ainsi serait moins de la bravoure que de la témérité.

Risparmiandogli le sofferenze, potremmo ritrovarci con qualche uomo in meno da sfamare. E perché ferire qualcuno da cui dipendevamo completamente? Agire in questo modo sarebbe più incosciente che coraggioso.

— Et la témérité n’est plus un défaut des bourgeois de Rouen, comme au temps des défenses héroïques où s’illustra leur cité.

— E l'incoscienza non è più una colpa dei borghesi di Rouen, come al tempo delle eroiche difese in cui si distinse la loro città.

— On se disait enfin, raison suprême tirée de l’urbanité française, qu’il demeurait bien permis d’être poli dans son intérieur pourvu qu’on ne se montrât pas familier en public, avec le soldat étranger.

— Infine, ci siamo detti, la ragione suprema era che l'urbanità francese imponeva che fosse perfettamente accettabile essere educati in casa propria, a patto che non si dimostrasse familiarità in pubblico con il soldato straniero.

Au dehors on ne se connaissait plus, mais dans la maison on causait volontiers, et l’Allemand demeurait plus longtemps, chaque soir, à se chauffer au foyer commun.

Fuori non ci conoscevamo più, ma dentro casa chiacchieravamo volentieri e il tedesco si fermava più a lungo ogni sera, scaldandosi accanto al focolare comune.

La ville même reprenait peu à peu de son aspect ordinaire. Les Français ne sortaient guère encore, mais les soldats prussiens grouillaient dans les rues.

La città stessa stava gradualmente tornando al suo aspetto normale. I francesi si avventuravano ancora a malapena fuori, ma i soldati prussiani infestavano le strade.

Du reste, les officiers de hussards bleus, qui traînaient avec arrogance leurs grands outils de mort sur le pavé, ne semblaient pas avoir pour les simples citoyens énormément plus de mépris que les officiers de chasseurs, qui, l’année d’avant, buvaient aux mêmes cafés.

Inoltre, gli ufficiali degli ussari blu, che trascinavano con arroganza i loro grandi strumenti di morte sul selciato, non sembravano nutrire per i cittadini comuni molto più disprezzo degli ufficiali dei cacciatori, che l'anno prima bevevano negli stessi caffè.

Il y avait cependant quelque chose dans l’air, quelque chose de subtil et d’inconnu, une atmosphère étrangère intolérable, comme une odeur répandue, l’odeur de l’invasion.

Tuttavia, c'era qualcosa nell'aria, qualcosa di sottile e sconosciuto, un'atmosfera aliena intollerabile, come un odore pervasivo, l'odore di un'invasione.

Elle emplissait les demeures et les places publiques, changeait le goût des aliments, donnait l’impression d’être en voyage, très loin, chez des tribus barbares et dangereuses.

Riempì case e piazze pubbliche, cambiò il sapore del cibo e diede l'impressione di essere in viaggio, molto lontano, tra tribù barbare e pericolose.

Les vainqueurs exigeaient de l’argent, beaucoup d’argent. Les habitants payaient toujours ; ils étaient riches d’ailleurs.

I vincitori pretendevano soldi, molti soldi. Gli abitanti pagavano sempre; per giunta, erano ricchi.

Mais plus un négociant normand devient opulent et plus il souffre de tout sacrifice, de toute parcelle de sa fortune qu’il voit passer aux mains d’un autre.

Ma più un mercante normanno diventa opulento, più soffre per ogni sacrificio, per ogni parte della sua fortuna che vede passare nelle mani di un altro.

Cependant, à deux ou trois lieues sous la ville, en suivant le cours de la rivière, vers Croisset, Dieppedalle ou Biessart, les mariniers et les pêcheurs ramenaient souvent du fond de l’eau quelque cadavre d’Allemand gonflé dans son uniforme, tué d’un coup de couteau ou de savate, la tête écrasée par une pierre, ou jeté à l’eau d’une poussée du haut d’un pont.

Tuttavia, due o tre leghe più in basso della città, seguendo il corso del fiume verso Croisset, Dieppedalle o Biessart, i barcaioli e i pescatori spesso tiravano su dal fondo dell'acqua qualche cadavere gonfio di tedesco in uniforme, ucciso da un colpo di coltello o di stivale, con la testa schiacciata da una pietra, o gettato in acqua con una spinta dall'alto di un ponte.

Les vases du fleuve ensevelissaient ces vengeances obscures, sauvages et légitimes, héroïsmes inconnus, attaques muettes, plus périlleuses que les batailles au grand jour et sans le retentissement de la gloire.

Le piane fangose ​​del fiume seppellirono questi oscuri, selvaggi e legittimi atti di vendetta, eroismi sconosciuti, attacchi silenziosi, più pericolosi delle battaglie in pieno giorno e senza la gloria clamorosa.

Car la haine de l’Étranger arme toujours quelques Intrépides prêts à mourir pour une Idée.

Perché l'odio per lo straniero arma sempre degli intrepidi pronti a morire per un'idea.

Enfin, comme les envahisseurs, bien qu’assujétissant la ville à leur inflexible discipline, n’avaient accompli aucune des horreurs que la renommée leur faisait commettre tout le long de leur marche triomphale, on s’enhardit, et le besoin du négoce travailla de nouveau le cœur des commerçants du pays.

Infine, poiché gli invasori, pur sottoponendo la città alla loro inflessibile disciplina, non avevano commesso nessuno degli orrori che la fama aveva fatto loro commettere durante la loro marcia trionfale, la gente divenne più audace e il bisogno di commerciare riaccese i cuori dei mercanti del paese.

Quelques-uns avaient de gros intérêts engagés au Havre que l’armée française occupait, et ils voulurent tenter de gagner ce port en allant par terre à Dieppe où ils s’embarqueraient.

Alcuni avevano interessi significativi a Le Havre, occupata dall'esercito francese, e volevano provare a raggiungere quel porto via terra fino a Dieppe, dove si sarebbero imbarcati.

On employa l’influence des officiers allemands dont on avait fait la connaissance, et une autorisation de départ fut obtenue du général en chef.

Venne sfruttata l'influenza degli ufficiali tedeschi incontrati e il comandante in capo ottenne il permesso di andarsene.

Donc, une grande diligence à quatre chevaux ayant été retenue pour ce voyage, et dix personnes s’étant fait inscrire chez le voiturier, on résolut de partir un mardi matin, avant le jour, pour éviter tout rassemblement.

Pertanto, dopo aver prenotato per questo viaggio una grande diligenza a quattro cavalli e aver registrato dieci persone presso il cocchiere, si decise di partire un martedì mattina, prima dell'alba, per evitare assembramenti.

Depuis quelque temps déjà la gelée avait durci la terre, et le lundi, vers trois heures, de gros nuages noirs venant du Nord apportèrent la neige qui tomba sans interruption pendant toute la soirée et toute la nuit.

Da qualche tempo il gelo aveva indurito il terreno e lunedì, verso le tre, grandi nuvole nere provenienti da Nord portarono neve che cadde ininterrottamente per tutta la sera e la notte.

À quatre heures et demie du matin les voyageurs se réunirent dans la cour de l’Hôtel de Normandie, où l’on devait monter en voiture.

Alle quattro e mezza del mattino i viaggiatori si radunarono nel cortile dell'Hôtel de Normandie, dove sarebbero saliti sulla carrozza.

Ils étaient encore pleins de sommeil, et grelottaient de froid sous leurs couvertures. On se voyait mal dans l’obscurité ; et l’entassement des lourds vêtements d’hiver faisait ressembler tous ces corps à des curés obèses avec leurs longues soutanes.

Erano ancora assonnati e tremavano dal freddo sotto le coperte. Era difficile vedere nell'oscurità; e la pila di pesanti abiti invernali faceva sembrare tutti quei corpi come dei preti obesi nelle loro lunghe tonache.

Mais deux hommes se reconnurent, un troisième les aborda, ils causèrent : — « J’emmène ma femme, » — dit l’un. — « J’en fais autant. » — « Et moi aussi.

Ma due uomini si riconobbero, un terzo si avvicinò a loro, parlarono: — «Porto mia moglie», — disse uno. — «Farò lo stesso.» — «Anch'io.»

» — Le premier ajouta : — « Nous ne reviendrons pas à Rouen, et si les Prussiens approchent du Havre nous gagnerons l’Angleterre. » — Tous avaient les mêmes projets, étant de complexion semblable.

"— Il primo aggiunse: — "Non torneremo a Rouen, e se i prussiani si avvicinano a Le Havre andremo in Inghilterra." — Avevano tutti gli stessi piani, essendo di temperamento simile.

Cependant on n’attelait pas la voiture. Une petite lanterne que portait un valet d’écurie sortait de temps à autre d’une porte obscure pour disparaître immédiatement dans une autre.

Tuttavia, la carrozza non era agganciata. Una piccola lanterna portata da uno stalliere emergeva di tanto in tanto da un portone buio, per poi scomparire subito in un altro.

Des pieds de chevaux frappaient la terre, amortis par le fumier des litières ; et une voix d’homme parlant aux bêtes et jurant s’entendait au fond du bâtiment.

Gli zoccoli dei cavalli risuonavano sul terreno, attutiti dal letame della lettiera; e dal retro dell'edificio si poteva udire la voce di un uomo che parlava agli animali e imprecava.

Un léger murmure de grelots annonça qu’on maniait les harnais ; ce murmure devint bientôt un frémissement clair et continu, rythmé par le mouvement de l’animal, s’arrêtant parfois, puis reprenant dans une brusque secousse qu’accompagnait le bruit mat d’un sabot ferré battant le sol.

Un leggero mormorio di campanelli annunciava che si stavano maneggiando i finimenti; questo mormorio divenne presto un fruscio chiaro e continuo, ritmico con il movimento dell'animale, che si interrompeva a tratti, per poi riprendere con un brusco sobbalzo accompagnato dal rumore sordo di uno zoccolo di ferro che batteva sul terreno.

La porte subitement se ferma. Tout bruit cessa. Les bourgeois gelés s’étaient tus ; ils demeuraient immobiles et roidis.

La porta si chiuse all'improvviso. Ogni rumore cessò. I borghesi, immobili e irrigiditi, erano scesi in silenzio.

Un rideau de flocons blancs ininterrompu miroitait sans cesse en descendant vers la terre ; il effaçait les formes, poudrait les choses d’une mousse de glace ; et l’on n’entendait plus dans le grand silence de la ville calme et ensevelie sous l’hiver que ce froissement vague innommable et flottant de la neige qui tombe, plutôt sensation que bruit, entremêlement d’atomes légers qui semblaient emplir l’espace, couvrir le monde.

Una cortina ininterrotta di fiocchi bianchi luccicava all'infinito mentre scendeva verso la terra; cancellava le forme, spolverava le cose con una schiuma di ghiaccio; e nel grande silenzio della città calma sepolta dall'inverno, non si poteva udire altro che quel vago, innominabile, fluttuante fruscio della neve che cadeva, più sensazione che rumore, un mescolarsi di atomi leggeri che sembrava riempire lo spazio, coprire il mondo.

L’homme reparut, avec sa lanterne, tirant au bout d’une corde un cheval triste qui ne venait pas volontiers.

L'uomo riapparve con la sua lanterna, conducendo con una corda un cavallo triste, un cavallo che non si faceva avanti volentieri.

Il le plaça contre le timon, attacha les traits, tourna longtemps autour pour assurer les harnais, car il ne pouvait se servir que d’une main, l’autre portant sa lumière.

Lo appoggiò contro il pozzo, attaccò le funi e gli girò intorno a lungo per fissare le imbracature, perché poteva usare solo una mano, mentre con l'altra teneva la torcia.

Comme il allait chercher la seconde bête, il remarqua tous ces voyageurs immobiles, déjà blancs de neige, et leur dit : — « Pourquoi ne montez-vous pas dans la voiture, vous serez à l’abri, au moins. »

Mentre andava a prendere il secondo animale, notò tutti quei viaggiatori immobili, già coperti di neve, e disse loro: — Perché non salite in macchina? Almeno sarete al riparo.

Ils n’y avaient pas songé, sans doute, et ils se précipitèrent.

Probabilmente non ci avevano pensato e si sono precipitati dentro.

Les trois hommes installèrent leurs femmes dans le fond, montèrent ensuite ; puis les autres formes indécises et voilées prirent à leur tour les dernières places sans échanger une parole.

I tre uomini sistemarono le loro mogli in fondo, poi salirono al piano di sopra; poi le altre figure indecise e velate presero il loro turno negli ultimi posti senza scambiare una parola.

Le plancher était couvert de paille où les pieds s’enfoncèrent.

Il pavimento era ricoperto di paglia, nella quale i piedi affondavano.

Les dames du fond, ayant apporté des petites chaufferettes en cuivre avec un charbon chimique, allumèrent ces appareils, et, pendant quelque temps, à voix basse, elles en énumérèrent les avantages, se répétant des choses qu’elles savaient déjà depuis longtemps.

Le signore dietro, avendo portato piccole stufe di rame con carbone chimico, accesero questi dispositivi e, per un po' di tempo, a bassa voce, ne elencarono i vantaggi, ripetendo cose che sapevano da tempo.

Enfin, la diligence étant attelée avec six chevaux au lieu de quatre à cause du tirage plus pénible, une voix du dehors demanda : — « Tout le monde est-il monté ? » — Une voix du dedans répondit : — « Oui. » — On partit.

Infine, poiché la diligenza era trainata da sei cavalli anziché da quattro a causa della maggiore difficoltà di traino, una voce dall'esterno chiese: — "Sono saliti tutti?" — Una voce dall'interno rispose: — "Sì." — Se ne andarono.

La voiture avançait lentement, lentement, à tout petits pas.

L'auto si muoveva lentamente, lentamente, a piccoli passi.

Les roues s’enfonçaient dans la neige ; le coffre entier geignait avec des craquements sourds ; les bêtes glissaient, soufflaient, fumaient ; et le fouet gigantesque du cocher claquait sans repos, voltigeait de tous les côtés, se nouant et se déroulant comme un serpent mince, et cinglant brusquement quelque croupe rebondie qui se tendait alors sous un effort plus violent.

Le ruote sprofondarono nella neve; tutto il bagagliaio gemette con sordi scricchiolii; le bestie scivolarono, sbuffarono e fumarono; e la gigantesca frusta del cocchiere schioccò senza sosta, svolazzò qua e là, annodandosi e srotolandosi come un serpente sottile, e improvvisamente colpì una groppa paffuta che poi si tese sotto uno sforzo più violento.

Mais le jour imperceptiblement grandissait. Ces flocons légers qu’un voyageur, Rouennais pur sang, avait comparés à une pluie de coton, ne tombaient plus.

Ma il giorno stava impercettibilmente calando. Quei fiocchi leggeri, che un viaggiatore, un vero rouennese, aveva paragonato a una pioggia di cotone, non cadevano più.

Une lueur sale filtrait à travers de gros nuages obscurs et lourds qui rendaient plus éclatante la blancheur de la campagne où apparaissaient tantôt une ligne de grands arbres vêtus de givre, tantôt une chaumière avec un capuchon de neige.

Un chiarore sporco filtrava attraverso grandi, scure e pesanti nuvole che rendevano ancora più sorprendente il candore della campagna, dove a volte appariva una fila di alti alberi vestiti di brina, a volte una casetta con un cappuccio di neve.

Dans la voiture, on se regardait curieusement, à la triste clarté de cette aurore.

In macchina ci guardavamo con curiosità nella triste luce di quell'alba.

Tout au fond, aux meilleures places, sommeillaient, en face l’un de l’autre, M. et Mme Loiseau, des marchands de vins en gros de la rue Grand-Pont.

In fondo, nei posti migliori, il signor e la signora Loiseau, commercianti di vino all'ingrosso di Grand-Pont Street, sonnecchiavano uno di fronte all'altra.

Ancien commis d’un patron ruiné dans les affaires Loiseau avait acheté le fonds et fait fortune.

Ex impiegato di un capo che aveva dichiarato bancarotta nell'azienda Loiseau, aveva acquistato l'azienda e fatto fortuna.

Il vendait à très bon marché de très mauvais vin aux petits débitants des campagnes, et passait parmi ses connaissances et ses amis pour un fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité.

Vendeva vino pessimo a prezzi molto bassi ai piccoli commercianti di campagna ed era considerato dai suoi conoscenti e amici un furbo furbo, un vero normanno pieno di astuzia e giovialità.

Sa réputation de filou était si bien établie, qu’un soir, à la préfecture, M.

La sua fama di truffatore era così consolidata che una sera, in prefettura, il signor

Tournel, auteur de fables et de chansons, esprit mordant et fin, une gloire locale, ayant proposé aux dames qu’il voyait un peu somnolentes de faire une partie de « Loiseau vole », le mot lui-même vola à travers les salons du préfet, puis, gagnant ceux de la ville, avait fait rire pendant un mois toutes les mâchoires de la province.

Tournel, autore di favole e canzoni, uomo acuto e spiritoso, celebrità locale, dopo aver proposto alle signore che vedeva un po' assonnate di giocare a "Loiseau vole", la parola volò nei salotti del prefetto, poi, guadagnando terreno in quelli della città, fece ridere per un mese tutti i commensali della provincia.

Loiseau était en outre célèbre par ses farces de toute nature, ses plaisanteries bonnes ou mauvaises ; et personne ne pouvait parler de lui sans ajouter immédiatement : — « Il est impayable, ce Loiseau. »

Loiseau era famoso anche per i suoi scherzi di ogni genere, per le sue battute belle o brutte; e nessuno poteva parlare di lui senza aggiungere subito: «È impagabile, quel Loiseau».

De taille exiguë, il présentait un ventre en ballon surmonté d’une face rougeaude entre deux favoris grisonnants.

Di bassa statura, aveva una pancia a palloncino sormontata da un viso rubicondo tra due basette brizzolate.

Sa femme, grande, forte, résolue, avec la voix haute et la décision rapide, était l’ordre et l’arithmétique de la maison de commerce qu’il animait par son activité joyeuse.

Sua moglie, alta, forte, risoluta, dalla voce forte e dalla rapidità decisionale, era l'ordine e l'aritmetica della casa commerciale che lui animava con la sua allegra attività.

À côté d’eux se tenait, plus digne, appartenant à une caste supérieure, M. Carré-Lamadon, homme considérable, posé dans les cotons, propriétaire de trois filatures, officier de la Légion d’honneur, et membre du Conseil général.

Accanto a loro, più dignitoso e appartenente a una casta superiore, stava il signor Carré-Lamadon, un uomo considerevole, esperto di cotone, proprietario di tre filande, ufficiale della Legion d'Onore e membro del Consiglio Generale.

Il était resté tout le temps de l’Empire chef de l’opposition bienveillante, uniquement pour se faire payer plus cher son ralliement à la cause qu’il combattait avec des armes courtoises, selon sa propre expression.

Era rimasto per tutto l'Impero il leader dell'opposizione benevola, solo per essere pagato di più per il suo sostegno alla causa che combatteva con armi cortesi, secondo la sua stessa espressione.

Mme Carré-Lamadon, beaucoup plus jeune que son mari, demeurait la consolation des officiers de bonne famille envoyés à Rouen en garnison.

La signora Carré-Lamadon, molto più giovane del marito, continuava a essere la consolazione degli ufficiali di buona famiglia inviati a Rouen per il servizio di guarnigione.

Elle faisait vis-à-vis à son époux, toute petite, toute mignonne, toute jolie, pelotonnée dans ses fourrures, et regardait d’un œil navré l’intérieur lamentable de la voiture.

Stava in piedi di fronte al marito, minuta, carina, graziosa, rannicchiata nella sua pelliccia, e guardava con occhio addolorato il pietoso interno dell'auto.

Ses voisins, le comte et la comtesse Hubert de Bréville, portaient un des noms les plus anciens et les plus nobles de Normandie.

I suoi vicini, il conte e la contessa Hubert de Bréville, portavano uno dei nomi più antichi e nobili della Normandia.

Le comte, vieux gentilhomme de grande tournure, s’efforçait d’accentuer, par les artifices de sa toilette, sa ressemblance naturelle avec le roy Henri IV qui, suivant une légende glorieuse pour la famille, avait rendu grosse une dame de Bréville dont le mari, pour ce fait, était devenu comte et gouverneur de province.

Il conte, un vecchio gentiluomo di grande statura, cercò di accentuare, con l'artificio del suo abbigliamento, la sua naturale somiglianza con il re Enrico IV che, secondo una leggenda gloriosa per la famiglia, aveva messo incinta una dama di Bréville il cui marito, per questo motivo, era diventato conte e governatore della provincia.

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